‹ Cours de langue française (volume 3)Chapitre 105 sur 427 · XoitiS rommur).i · texte numérisé non relu

XoitiS rommur).i

1. Dans les noms co/«/»//7tô de personnes ou de choses, ainsi que dans les noms d'action, on distingue le nombre comme singulier ou pluriel : l'enfant, les e)ifants; la porteries portes; le coup, les coups.

Les noms de matière, exprimant non pas le nombre, mais la quantité, ne s'emploient dans la règle qu'au singulier : le vin, la marne; il en est de même des noms abstraits qui désignent un état ou une qualité : la faim, lecouraye. Ces noms s'emploient cependant au pluriel ([uand ils peuvent être considérés comme des noms communs : Les marnes ne sont autre chosr qu'un mélan(je naturel de calcaire et d'anjile. Les grands courages ne se laissent point ahaitrepar l'adversité.

Les substantifs-adjectifs désignant des personnes ou des choses concrètes peuvent s'employer au pluriel : les màhants, les fossiles; mais les adjectifs pris absolument au neutre comme noms de choses abstraites ne se disent jamais (pi'au singulier: le bon, le nuiucais.

Certains substantifs ne s'em|)Inifnt qu'au |)liiiicl, coiiniie uiiuets, alentoursr annales, appas, arinoiries, arrérajes, besicles, catacombes, ciseaux, con/ïns, décombres, dépens, entours, entraves, entrailles, /iançailles, /'onls, frais, funérailles, hardes, lunettes, ))idneK, matériaux (pluriel de matériel), matines, mœurs, mouchetles, obsèijnes, pincettes, ténibres, universaux (pluriel d'u«iversal on ludversel), vêpres, etc. Quelques-uns de ces suii^tantifs expriment léellement une plura ité d objets, comme les ciseaux, les lunettes, les mati-

17(i NOMS COMMUNS § 71

chettes, qu'il ne faut pas confondre avec le phiriel des mots le ciseau, la lunette, la manchette, qui ont une autre sii^niification. Il y a aussi une dill'érenee de sens entre l'acquêt et les acquêts, l'assistant et les assistants, etc.

2. Tous les mots invariables pris substantivement ne prennent jamais la marque du pluriel : Plnsiei(rs peu font uit beaucoup. Les qu'en-dira-t-on htquu'fcnt ])ch Je m(je.

3. La plupart des noms empruntés à des langues étrangères sont devenus tout à fait français par l'usage et prennent la marque du plui-iel ; on écrit donc un albuni, des alhinns', un opéra, des opéras', im Jury, des jurys, etc.

Il y a des exceptions, entre autres les noms formés de plusieurs mots qui ne prennent jamais la marque du pluriel; ainsi on écrit un e.r-rofo, des ex-voto; un 7e Deum, des Te DeioH, etc.

a) Les principaux noms empruntés aux langues étrangères qui prennent un .s au pluriel sont : accessit, ayenda, album, alyuazil, alibi, alinéa, Alléluia, alto, andante, aparté, autodafé, aviso, bénédicité, bifteck, bill, boa, brctvo, budget, camarilla, concerto, cromlech, dahlia, débet, déficit, dictum, diorama, domino, duo, écho, emharyo, examen, factum, factotum, falbala, folio, f rater, yitano, guérilla, hourra, imbroglio, impromptu, intérim, jury, landau, lavabo, )nacaroni, mayister, mémento, muséum, numéro, optera, oratorio, pacha, panorama, paria, pensum, placet, qucduor, quidam, quintette, quiproquo, quolibet, rail, railway, recto, récépissé, reliquat, rob, schelling, sérail, solo, soprano, spécimen, ténor, thaler, tibia, tilbury, toast, tramway, trio, tunnel, turco, 7iltimatum, idtra, verdict, verso, rertigo, veto, villa, visa, vivat, zéro.

b) Les exceptions sont les suivantes :

1" Les noms désignant des prières, dont ils sont ordinairement le premier mot : amen. Are, confiteor, Credo et credo (on a clianté un Credo en musique, il prend son credo dans son journal, Ac), magnificat, miserere, Pcder, requiem. Salve, stabat.

2° Les mot ana, compendium, critérium, deleatur, dictamen, ergo, exeat, exequatur, idem, item, peccavi, retentum et quelques autres qui sont rarement employés au pluriel.

3° Quelques termes de musique empruntés à l'italien : adagio, allégro, crescendo, forte, presto.

4° Les noms qui, dans la langue d'où ils sont tirés, ont une terminaison particulière pour le pluriel; tels sont maxima, minima; braci, condottieri, dilettanti, lazzaroin; ladies, tories, dont le singulier est maximum, minimum; bravo, cotidottiere, dilettante, lazzarone; lady, tory, etc. Cependant l'Académie écrit cicérone au singulier comme au pluriel.

§ 71 NOMS COMMl'XS 177

Conccfii^ dicpUcafa., errata^ lazzi, s'emploient au sin^j'ulier, bien que ce soient en latin et en italien des mots au pluriel; l'Académie écrit sans s des concetti, des dujjliccda, des erntfa et des lazzi .

5" Les noms étran^-ers formés de deux ou plusieurs mots, liés ou non par un trait d'union : ex-voto^ fac-si)nih\ in-folio, nota benè, post-srriptinn, 7V Di'iidi, sfafK quo. On écrit cependant des sénaius-considtes.

4. Lorsqu'un nom est employé sans article, soit comme complément d'un autre substantif, d'un verbe ou d'un adjectif, soit même comme sujet, on le met au sin^rulier ou au pluriel, selon qu'il y a unité ou pluralité dans l'idée, d'après les règles suivantes :

a) Le nom de matière est toujours au singulier, parce qu'il n'est pas susceptible de pluralité : un sac r)blé, des sacs à blé; un moidin à eau, des moulins à eau.

b) Quand le nom employé sans article est un nom commun, il se met au singulier, s'il éveille une idée d'unité, et sert à désigner l'espèce ou la nature de l'objet représenté par le premier substantif : un ou des liomines de talent, un ou des caprices de femme, une ou des peaux r/'agneau, etc.; il semetaujj/w- /•/(•/, s'il est pris dans un sens individuel et exprime évidemment la réunion de plusieurs objets que l'on peut compter : un ou des houimes de lettres, u)i cercle de femmes, u)f troupeau d'a.gneaux, etc.

On écrira donc, en consultant le sens : de l'eau de rose, un bouquet de roses ; de /'huile d'olive, un baril d'olives; delà (jelée de pomm.e, de coing, U)i panier de pommes; un couteau sans manche, un Imhit s(fns manches, etc.; — un baril r/'huile, un baril <b' harengs: //// tour de foire, un tour de cartes, etc. ; — b(dtr)' monnaie, <-(iu/)er eu morceaux, etc. // entassait adage sur adage. // rerif lettres .-///• lettres. Il est acide de gloire et de louanges. Argent, bijoux, maisons, // a tout joué. Il était sans argent, sau^ amis, s(in.< parents. L'on ne roijait 7//^ champs cultivés. // r/Y r/(? poisson et de légumes. Femmas, moine, vieillards, t(nd était descendu (La F. VIL*.)) C).

c) Conformément à ces deux règles, le substantif ((ui suit beaucoup, peu, guère, trop, assez, epiantdé, se met au singulier, quand c'est un nom de matièn; : beaucouj> ^/'argent, et au jtluriel, ([uand c'est un nom coiiimuu : peu (/'amis.

(1) Dans quelques éditions des Fables do l.a Fontaine, moine est au pluriel, à tort, puisqu'il est dit plus loin : Le moine oisait son bréviaire.

Ayeu, Grummjire cuniihin-e 12

Page 1