INDIVIDUELS
OSSKSSIFS
COJ.LF.CTUS.
Sing.
Plur.
Sing.
Plur.
personne
mon. ma
mes
notre
nos
ton, la
tes
votre
vos
son, sa
ses
leur
leurs
On dit au féminin mon, ton, son, au lieu de ma, ta, sa, devant les noms qui commencent par une voyelle (ou un h muet) : Mon ardoise au lieu de ma ardoise, ton horloge pour ta horloge.
Les pronoms individuels mon, ton, son, etc., dérivent de l'accusatif des pronoms latins correspondants, ainsi mon de meum, etc. Ces formes sont les casrégimes qui, au X1V« siècle, ont remplacé les cas-sujets de l'ancienne déclinaison française dont voici les paradigmes dans le dialecte bourguignon :
Masc. Fém.
Sing. Nom. mes, tes, ses ma, ta, sa
.\cc. mon, ton, son ma, ta, sa
Plui. Nom. 7nei, tei, sei mes, tes, ses
Ace. j))es, tes, ses mes, tes, ses
(1) Burnout", Grcnnmcirc qrecqur. % Vi.
§ SS PROXOMS DÉMONSTRATIFS 205
En picard: Ai'o. >,iis, tts, sis; Siug. Nom. mis. tis, sis. Ace. men, ten, .'ien. Plur. Nom. »ii. ti, si. Aoc. mis. tis, sis. Fétu, me, te. se. comme l'article le liour la.
Quant aux possessifs collectifs, notre vient de nostrutn, votre de vostrurn. ancienne forme pour vestrum; nos et vos sont pour nosts, vosts et dérivent de ii,ostros, vostros; leur vient du génitif latin illoriun : il était autrefois invariable de genre et de nombi-e, on disait leur terres (illorum tei'rae), conformément à l'étymologie ; dans le tranchais moderne, il prend un s au pluriel : leurs amis, mais il reste invariable de genre.
Dans l'ancienne langue, nm, ta, sa, s'employaient même devant les noms féminins commençant par une voyelle : Sa amie {Lai du Corn, 19); seulement on élidait souvent le a linal, et l'on disait m'amie au lieu de ma amie, comme on dit l'amie pour la amie: Por s'amie a le eler vis {Aucassin dans Barbazan, 1, 380). Maiot dit encore s'amie, s'amour. Il nous est i-esté quelques traces de cet usage dans l'expression )n'amour et dans m'amie, qu'on a tort d'écrire ma mie.