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C. Conjugaison interrogative

Les verbes ne peuvent se conjuguer inferrogatirement qu'à l'indicatif, parce qu'on ne peut interroger qu'à ce mode. Cependant on peut aussi employer cette forme au subjonctif comme optatif pour exprimer un désii' (v. ch. XX).

Pour marquer la forme interrogative, on met le pronom-sujet après le verbe avec un trait d'union, et, de plus, on place à la fin de la proposition un signe particulier appelé ^x^/»/^ d'interrogation : M'aiines-tVi'? Est-il sage?

Lorsque le sujet du verbe est un substantif, il re^e en tête, mais on le répète après le verbe sous la forme d'un pronom : L'enfant est-il sage':' C'est ce qu'on appelle interrogation coniplexe.

Dans les temps composés, le pronom se met entre l'auxiliaire et le participe : Est-il parti? Le vent a-t-il soufflé? S' estil repenti? Suis-ie aimé? Ai-^Q été aimé?

Si l'interrogation est négative, le mot pas suit immédiatement le pronom-sujet : Le vent ne souffie-t-il pas? N^t-t-il pas eu la fièvre? Ne se repent-il pas? Ne s est-il ^a^s repenti? Wai-je pas été aimé?

L'euplionie ne i)ermet pas toujours d'employer la forme interrogative à la 1. 8, du présent de l'indicatif, (juand cette personne est un monosyllabe : Eus-je? cours-je? mens-je? lis-je? sers-je? etc. Il faut prendre un autre tour et dire : Est-ce que je cours? est-ce que je mois? etc. Cependant on dit très bien : Aije? suis-je? dis-je? dois-Je? fais-je? sais-Je? vais-Je? vois-je? puis-je?' etc.

2;U> MODES 1)H FI.KXIOX ^ lO.')

Article IV. — Modes de flexion (').

i? lor,

1. Au point (le vue de la flexion, on distingue plusieurs conjugaisons d'après la terminaison de l'infinitif. Or. la plus grande partie des verbes français ont Tinfinitif terminé en er, un nombre beaucoup plus restreint en /r, elle plus petit nombre en re ou en olr.Ow a ainsi rangé tous les verbes de la voix active (verbes actifs, neutres, réflécliis ou impersonnels) en quatre classes auxquelles on a donné les noms de /irenilèir (er), de seco)i(/c (ir), de troisicme (oir) et de quatrième (re) conjugaison.

Mais c'est à tort que l'on a fait une conjugaison particulière, des verbes en o//-; il n'y a plus aujourd'hui que 17 verbes simples de cette désinence, dont aucun ne peut servir de modèle aux autres. D'ailleurs (Ar n'est qu'une forme accessoire de re; on disait autrefois rece^re ou recoirre pour recevoir.

En revanche, les verbes en ir se partagent en deux classes et forment en réalité deux conjugaisons, l'une à radical allongé, et l'autre à radical simple.

a) Les verbes de la première classe, connue finir, fleurir, intercalent, dans les temps du présent, la syllabe iss entre le radical et la terminaison : nous fi'n-iss-ons, Je fin-iss-ais ; ils ont ainsi un double radical, l'un simple à l'infinitif : fin-/r, qui sert à former tous les temps du passé et du futur, et l'autre allongé au participe présent : ûniss-nut, qui est particulier aux temps de la première série ou temps du présent.

h) Les verbes de la seconde classe, comme vêtir, dormir, n'ont qu'un radical et se conjuguent régulièrement comme les verbes en re.

Les conjugaisons en er (chanter) et en ir à radical allongé (finir) sont des conjugaisons vivantes, (pii ont toujours servi et servent encore à former de nouveaux verbes, l'une avec des substantifs (ferrer de fer), l'autre avec des adjectifs (grandir de grand), tandis que les autres conjugaisons sont des conjugaisons mortes ou archa'/'fjiws, qui sont restées stériles et sont incapables de servir à former des verbes nouveaux. Cette distinction nous expli(iue pourquoi, sur 1-000 verbes simples, il n'y en a que 120 qui appartiennent aux autres conjugaisons en ir à radical simple, en re ou en oir.

La langue latine a quatre conjugaisons distinguées entre elles par la forme de l'infinitif : I. am nre, II. mon rre, III. reçj rre, IV. (lud h'e. Kn lehanchant

(1) Cf. Diez, Gr. U., Cbal)aiieaii, C'o«J«(/. Nous avons eiuprunto à en deruitT cliveises remarques intéressantes sur Thistoire des formes verbales en français.

§ lO,") .M0DK8 DK FLEXION 231

lie liiil'mitif l;i teiiniiiaison rre dans la IIP conjugaison ef re dans les autres, on obtient le radical verbal dont la caractéristique, c'est-à-dire la lettre finale, distingiie les verbes de la llexion faible de ceux de la flexion /"orfe. La llexion faible en latin comprend les conjugaisons dérivées en are, ëre et ire, dans lesquelles la voyelle linale du radical (a, e, ij se contracte avec la voyelle de la terminaison (•); la conjugaison en ère, qui dans les grammaires latines occupe le 38 rang, est la conjugaison primitive ou forte et comprend les verbes dont le radical se teimine par une consonne ou la voyelle u. Ces quatre conjugaisons latines en are, ère, ëre et ire se trouvent en fran^-ais dans les quatre conjugaisons en er, air, re et ir.

Mais il faut remarquer :

1* Que la terminaison en ir i-eproduit non seulement la finale ire : partire, partir, mais tient aussi la place de la linale escere des verbes latins dits incboatifs (exprimant le passage d'un état à un autre), ce qui établit une très giande dilVérence dans la conjugaison; car la plupart des verbes qui appartiennent à la finale ire sont dits iri-éguliei-s, mais ils ne font pas autre cbose que se conjuguer d'aprèsl'accent latin : rnéntior.ie mens ;p(h'tiOJ',jepars; ceuxqui appartiennent à la linale csfcre, soit réellement conune//ewrir, soit par assimilation fautive comme finir, sont dits réguliers, mais ils ne font plus que se conjuguer d'après l'accent latin, (pii. naturellement, est placé d'autre taçon : florésco, je fleuris; r/eini'ico, je gémis.

2" Que la conjugaison française en re répond non seulement à la troisième latine en rre, mais en partie aussi à la deuxième en cre : rire de ridëre, répondre de respondcre.

3» Que, parmi les verbes français dérivés de la troisième latine, fous ne sont pas en ré, quelques-uns ont pris la forme en oir, par suite d'un déplacement de l'accent, comme reciprre au lieu de recipJre, recevoir. Dans l'ancienne langue, certains verlies avaient les deux formes, oir et re : recipere donna recevre, receivre, reçoivre et recever, puis recevoir. On voit par là que oir n'est qu'une forme accessoire de re. et les différences que les deux conjugaisons peuvent présenter proviennent dune altération du radical, et non point d'\in changement dans la flexion.

2. La flexion oti conjugaison simple des verbes s'opère de deux manières, le plus souvent par un cliaugemeut dans la io'Diiitai- .^011, mais riuelquefois aussi par une modilication du radical.

H. Les terminaisons, étant destinées à mar(iuer les rai)i)orts de temps, de mode et de. pcrsonne^renferment trois éléments distincts, savoir : la caractéristique temporelle, la voyelle modale et la rh'siiiriice persoii )icllr.

Ainsi, dans la forme clK/nfd.^sioiis. nous distinguons d'un côté le radical chant, et de l'autre la terminaison assions, qui se décompose comme suit :

-(^^•,s-, caractéristitiue de l'impai fait du subj. des verbes en er; -/-, voyelle modale des formes du subjonctif à la 1. et 2. P. -ons, terminaison de la première personne du itluriel.

(1) Les unulificatious (|ui smil inlr<>duile> dans les c•onju!/ai^>.lnï> !<■ sonl tu grec pai- les voyelles inti'fcalaircsf/, e. o. et, dans la Kranuiiaire grecque, les verbes ainsi nimliliés et qui s'appelli-nl avec raison vei'bes contracles snntrojetésà la suite des autrrs: dans la grainmaiii- latine, ;iu coiiti aire, on leur a assigné la 1% II* et IV* conjugaisons en plaçant dans la Ml* lus vertus simples qui devraient évideninient occuper le premier rany.

•2:\-2 MODES 1)1-: flexion § 105

Mais dans d'autres formes verbales la terminaison ne comprend que deux ou même qii'iai seul de ces éléments, par ex. le subjonctif présent r/unifioiis i^dvcmt-i-ous) et l'indicatif présent chantons {chs,nt-ons) .

On confond en général sous le nom de teruihiaisons temporelles la voyelle marquant le mode avec la caractéristique du temps.

Les terminaisons temporelles s'intercalent entre le radical et les terminaisons personnelles et se combinent avec ces dernières de différentes manières. Les combinaisons des terminaisons temporelles et personnelles forment ce qu'on appelle proprement les terminaisons verbale.^.

On distingue les terminaisons verbales en terminaisonsroi/elles, comme e, esy ons, ez, enf^ ais, /s, ant, et tenninaisonsconi^onnes, comme s, x^ f, mes^ ten^ vent.

On divise encore les terminaisons verbales en terminaisons accentuées^ ou to)iiqHes : cJia)it-3.n.t, nous chant-ons, je cJuint-aASy que nous chanf-ions, Je chaxt-ai, que je chanf-SiSse^ cJiant-éy chanf-er,je chatitcr-aii, Je rhaiitcr-Siis^ et terminaisons atones ou muettes : Je chant-e, ils c^(^;/^ent, que Je rJuait-e, etc.

4. Dans la règle on obtient le radical du verbe en retranchant la terminaison de l'infinitif (-er, -/r, -re, -oir), par ex> chant-(eY)^ qjart-iiv), romp-{Ye), )nouv-{oiY).

Mais il y a un certain nombre de verbes dont le radical est modifié à l'infinitif, tandis qu'il reste intact au participe présent et en général devant toute terminaison-voyelle, par ex. plaindre et coudre, qui font au participe ])Yé^ent plai(/n-ant, cousant, ont pour radical qiaing- (lat. jilang-ére) et cous- (lat.coswëre pour consu-ère, d'où cosv-ère, cos-re).

Il y a d'autres verbes qui, outre le radical principal, ont encore une ou plusieurs formes secondaires servant de radical à certains temps ou à certaines personnes, comme cuire, qui a cuis- et cui-, faire, qui a /W/s-, fass- et fai-.

5. Les formes verbales sont dites fortes ou faibles, selon que l'accent tonique tombe sur la voyelle radicale, comme dans ch&nfe, dort, meurs, ou sur la terminaison, comme dans chantons, dorm-2Ài, uiour-ions.

Kn ^(éiK'ral l'accent tonique conserve en frant,'ais la place qu'il avait en latin (^ 2'ir) ; mais, dans les verbes, l'accent latin a éf)rouvé plus d'un déplacement; voici quelques-uns des cas où cet accident s'est produit :

a) Par le mélange des conjugaisons latines, le e atone de la troisième a souvent été maïqué de l'accent et ère a donné ir ou oir, ou môme er, par ex. frew^»*e, fi-émir ; saprre, savoir; reciprre, recevoir; a//Zig''re, afiliger; de là les lonnes doubles de l'infinitif' courra et courir, querre et quérir, f'reindre (dans enfreindre] et frémir, geindre et <jémir , empreindre e\.imprimer, titre et tis~

§ 105 MODES DE FLEXIOX 238

ser, du curnh'e, quaercre, fremére.gemëre, imprimëre, texn'e. Iiiversonient, le e tonique de la seconde a perdu l'atcont, de manière que fatvre, par exemple, a cié accentué tâccre par le latin vulgaire et a dû donner taire, au lieu de taisir, qui se trouve aussi dans l'ancien français et est resté dans quelques dialectes.

bj La troisième conjugaison rre olFre en latin cette particularité que, à la 1" et à la '2« personne du pluriel du présent de l'indicatif, l'accent tombe sur le radical et non pas sur la terminaison, connue c'est le cas dans les autres conjugaisons : rùinpimus, rùnipitis; crédimits, créditis. Le français a placé raccent sur la terminaison pour rendre ces deux personnes semblables aux autres : rompons, rompe: ; croyons, croyez. Les seules excej)tions sont, dans la langue actuelle, dites et faites (de dicitis, fàcitis], qui n'ont jamais été accentués sur la terminaison.

c) .Vu prétérit de l'indicatif la 3« personne reporte l'accent de la pénultième sur l'antépénultième : disrent de dixérunt, tinrent de tenuérunt. En revanche la i''* personne du pluriel avance l'accent de l'antr'pénultième à la pénultième. Ce dernier changement d'accentuation est très ancien, car on le constate dès les premiers temps non seulement dans les formes conservées, telles que rotnpimes de n'ipimus, mais encore dans les formes archaïques et postérieurement contractées, telles que desimex de diximus, feximes Ati fécimns, etc., qui auraient été certainement, dès le début, dismes, fismes, si l'accent fût resté sur la voyelle qui le portait originairement, puisque les personnes accentuées sur le radical, dixi, dixit, dixerun^, gardaient en français l'accent à la même place: dis, dist, disrent. Cependant cela n'est pas sans restrictions : si deux voyelles se rencontrent, la première peut de nouveau attirer à elle l'accent, par ex. chantâmes de cantàiinus poui- cantàvimus: en outre fi'ones de fûimus et des cas analogues.

dj Les lettres ue ont généralement été traitées comme diphtongue brève, ou plutôt on a fait du u latin une consoime; ainsi consùere, battuere, ont été acceutués cânsvere. bâttvere, et ont domié coudre, battre. Ce déplacement n*a pas lieu pour les composés de struere qui ont passé en français : destruere a doxMU' destruire d'où détruire iv. >; llil).

6. C'est à ce point de vue de raccentuatiou qu'on a distiug'iié dans les verbes tranchais, connue dans les verbes latins, une tîexion forte et une flexion faible, ces deux modes de flexion s'affirmant le plus décidément au prétérit et au participe (^). Les verV)es faibles ont le prétérit accentué sur la terminaison : (tuii-3.i (am-ar/>, donu-is i^dorm-/r/). Les verbes forts ont, au contraire, le prétérit accentué sur le radical, et on les divise en trois classes, selon ([u'ils faisaient originairement leur i)rétérit en /, eu si ou en ui : fis (ffc-i); mis (m/si); vf, roi (volui), pleid (plâcui); mais, comme aujourd'hui les verbes de cette dernière classe accentuent la terminaison, roitl\is,plu.s,\\ paraît préférable de se servir dans la «grammaire moderne des dénominations de verbes rép:uliers et iriégiiliers, qui sont plus en rapport avec l'état actuel de la flexion verbaU', l)ien ([ue, à l»r»q)rement parler, on ne puisse pas appeler irréguliers les verbes (jui ont le mieux conservé les formes org:aniques de l'ancienne conjugaison française.

(1) Diez, H, 116, etc., et, d'après Diez, Aver, dans la priMnièrc (IKjl) et la seconde ISTf)) édili(jn de la Grammaire rompant, "Mai'lziier (t850>, G. Paris (18C2). Brachet 1866), Cha))aneau (1878). Urevmann (18S2>, etc.

'234- FI.EXIOX DU IIADK'AL ^ lllH

On ]K'iit définir les verbes réguliers et les verbes irrég'uliers, de la manière suivante :

(i) Les verbes n'yidiers forment leurs temps au mo^'en de terminaisons qui laissent le radical intact, à l'exception de la covso)nie finale qui peut, dans certains cas, être modifiée ou même supprimée i)ar raison d'euphonie -.Je ro)iijj-s, je yonip-is^ tu par(t)-s, vous jiart-ez.

h) Les verbes irréf/uliers sont ceux dont la flexion s'opère aussi au moj'en de terminaisons, mais qui subissent en outre des clian<j;'ements intérieurs par la pernuitation, la contraction ou la suppression de la voyelle radicale : je niQur-s, jiohs mourons'^ je (lis-a.is, je dis ] je pkds -Bis^ /e ji-us.

Il n'y a proprement de verbes irréguliers que dans la classe des conjugaisons dites archaïques, qui comprend tous les verbes en re et en oir et un petit nombre des verbes en //•.

7, Un certain nombre de verbes, surtout parmi les irréguliers, sont défectifs. On appelle de ce nom les verbes qui ne sont usités qu'à certains temps ou à certaines i)ersonnes, comme forfau'e, quérir^ etc.

CeUedéliiiitioii des grammairiens manque de pn'cision, et Tonne saurait admettre, par exemple, (pie luire est un verbe défectif parce qu'il n'a pas de prétérit- Nous croyons qu'il ne faut appeler défectifs que les verbes qui ne s'emploient qu'à l'inlinitif, comme }*ed?rc (dans le sens de blâmer), ravoir, quérir; — m l'infinitif et au participe, comme forfaire, forfait; férir, féru; — ou au participe dans les temps composés, comme tissit de tislre, issu de issir. Du reste l'Académie et les grammairiens indiquent souvent comme hors d'usage des formes verbales que l'on trouve chez nos plus grands écrivains, et, comme le dit Littré, il faut autant que possible résister à ces ilésuétudes mal fondées qui frappent certains mots.

8. Au point de vue de la flexion, on distingue ordinairement les formes ou temps dits^>;7■;>//Y//■^• des formes ou temps dérivés. Les temps primitifs sont, comme en latin, indépendants les uns des autres; il y en a cinq : le sinf/idier du présent de V indicatif. qui forme le singulier du présent de l'impératif; le participe j^résent. qui forme tous les autres tem]is du présent; le participe passé, ([ui forme les temps composés, et Vinfinitif. qui forme les futurs. Lorsqu'un temps primitif manque, tous les temps qui en dérivent manquent également.

(''est seulement dans la conjugaison irrégulière qu'il peut être utile de distinguc^r les temps primitifs des temps dérivés.

.\. Flexion du radical.

§ lOG

L Les changements que subit le radical des verbes sont de deux espèces : les uns n'atteignent que la Jinale du radical,

§ 10(1 Ki,K\IOX Dr RADICAL :.':î.">

comme le r de êcriv qui est supprimé dans écrire; les autres portent sur la voyeUe radicale elle-même, comme le ou de pouv (\\\\ est élidé dans je p-us.

2. La final-e du radical peut être une consoxne ou une roi/e/lr. Quand la finarle du radical est une vonsoniie, si la terminaison est aussi une consonne, ce qui est toujours le cas au siuoulier du présent et à l'infinitif, ainsi qu'aux futurs qui en dérivent, il en résulte un choc d'articulation que Ton évite :

a) Par la snppre.'^sioii de la finale du radical, savoir : 1" s, s s ou V dans les verbes en re, v dans les verbes en oir et t, v, m dans les verbes en ir à radical simple, devant les terminaisons .s-, s. ^, du présent de l'indicatif et de l'impératif : // cuif pour cuist^ je doi^ pour doivs, tu dor,-< pour dorias, etc. ; — T s, ss ou V des verbes en re devant le r de Tintinitif, et des deux futurs : coudre \}0\\y cou&-d-re^ écrire pour écrivre; toutefois suicre et vivre, gardent le v.

La finale tt se simi)lifie en / dans les verbes /j(dfrr et iiwffrp : je bat-s^ tu mets.

h) Par Vadoucisseuteiit de la finale, soit le changement de i en u devant une consonne dans les verbes vcdoir eX falloir : je rawapour rais (§ 38^).

Dans les verbes vouloir et bouillir le u jirovenant de l'adoucissement de l ou m fait hiatus avec la voyelle précédente et disparaît : je rfi/.r, je baux.

c) Par le changement de // consonne en / voyelle dans les verbes en i/er, comme employer, et dans les verbes irréguliers suivants dont la voyelle radicale est une diphtongue : croire., choir., voir, seoir., traire, braire, bruire, fuir. Tous ces verbes ont pour finale du radical un // qui alterne avec le / voyelle, de telle sorte que celui-ci se place devant le c muet et les consonnes: emploie, tnde.coie, sursuis, fuir, croire, et celui-là devant les voyelles accentuées pour éviter l'hiatus : employouK, trayo)is, voyez, sursoyez, fuyant, croyons, croyions. Il en est de même dans quelques formes des verbes être et avoir : sois, soyojis : aie. ayons, etc.

d) Par Vinfririildtio/i d'une consomu' linyuale (d, t) entre le radical et la terminaison, savoir d entre //, / ou .s- faible et r, comme plain-d-re, cou-d-'re, c'est-à-dire cous-d-re,Je mou-d-rai, c'est-à-dire )nol-d-rai, et t entre >• fort et r, comme cro/-t-rc ou crois-t-re, je croi-t-rai.

Le radical des vcMbes dont la linale esl i ou </ était loiiiiiiiL' en latin par un d, (|ui a été élidé partout, coinuie croire (\e credere, ouïr de andire, ou |iai' un g, qui s'est alfaitili en i ou y, rornme dans traire de tragere pour tralicre. ou a complètement disparu, comme dans frire de frigere.

2;5(> Fi.KXiox nr hadical § Kk;

e) La finale du radical peut encore subir d'autres changements; ainsi gn devient yidevant une terminaison-consonne : je plaiii-.->, et le / ou // des verbes aller, falloir, valoir et vouloir se mouille devant les terminaisons muettes du présent du subjonctif : aille, faille, raille, veuille.

;5. Quand la finale du radical est une ro//e^/e, elle reste partout intacte, ce qui a lieu dans un certain nombre de verbes de la V^ conjugaison, comme cré-er,pri-er, tu-er,lou-er, et dans les seuls verbes rire, conchire^t exclure de la 4®: cré-ions, pri-ions, tu-ions, lou-ioiis. ri-ions, conchi-ions, etc.

4. La vo>/elle radicale peut être atteinte dans les verbes irréguliers de trois manières diiFérentes :

a) Comme en Iraneais un mot ne peut pas se terminer par deux syllabes muettes consécutives, on rend sonore le e muet du radical devant toute terminaison atone soit en lui donnant l'accent grave, soit en doublant la consonne qui suit : mener, je mhn-e ; jefer, je jett-e ; nous protons, qtril prenn-e, etc.

C'est pour la même raison que le e muet de la 1. S. du présent devient sonore et prend l'accent aigu dans la forme interrogative : Aimé-je? cueillé-je? Il en est de même dans : Ëusséje! dussé-je! puissé-je! (§ 50).

h) Dans les verbes mourir, pouvoir, 'mouvoir, vouloir, devoir, tenir, venir, seoir et asseoir, la voyelle radicale se diphtongue, ou en eu, e en oi ou ie, quand elle est accentuée, c'est-à-dire que l'accent tonique tombe sur le radical et non pas sur la terminaison, ce qui a lieu aux trois personnes du singulier et à la troisième personne du pluriel du présent de l'indicatif, de l'impératif et du subjonctif, comme mourir, qui fait au présent de l'indicatif : Je nie\xrs, tu meurs, il meurt, nous mourons, vous mourez, ils nieurnit; couloir, qui fait au présent du subjonctif : que je veuille, tu veuilles, il Yeuille, nous roulions, vous vouliez, ils veuilleut.

Le radical Imv- (originairement her-) change de même u en oi quand il est accentué : je bois, que je boive, etc.

Il y a encore les verbes savoir et avoir qui changent a en ai dans certaines formes accentuées ou même atones : Je sais, tu sais, il sai^\/ai, qu'il a.it, 2cyant, etc.

c) Aux temps du passé (prétérit, imparfait du subjonctif et participe passé), dont la flexion distingue ])roprement les verbes irréguliers des verbes réguliers, la voyelle radicale peut se contracter avec la voyelle de la terminaison, j> dis-«/s, je di-s, ou s'élider complètement, ye \is-ais,je \-us.

La contraction des veibes irréguliers au prétérit explique les homonymies suivantes : il pl-ut de pleuv-oir et il pl-ut de plai-re (plais-re); il cr-ut de croi-re et il cr-ut de croître (ciois-t-rc).

§ 107 TERMINAISONS l'KI{SOXXF,LLES '2o7

U. Terminaisons personnelles.

Les terminaisons 7>^r,so////(V/cs ou finales du verbe sont les mêmes dans tous les temps, sauf à la 1. et 2. P. du prétérit; ce sont :

Si

iniiulier.

Pluriel.

i''<^ personne

-ons

-ez

-ent

Les terminaisons du singulier scuit supprimées dans les cas suivants :

1. Il y a suppression du 8 de la 1. S. et du f de la '>. 8. :

a) Après un e : 1° à rindicatif présent des verbes en er et de quelques verbes eu Ir (cueillir, saillir, couvrir, ouvrir, offrir, souffrir) : J'aime, il clidiite, il cueille, il souffre; 2" au présent du subjonctif de tous les verbes: queje rompe, qu'il coure, sauf r/re .• que je sois, qu'il soit, et aroir : qu'il ait (que fuie est régulier), enfin à l'imparfait du subjonctif, mais seulement à la 1. S, : que je chantasse, que je fisse, etc.

h) Après ai et a : 1° au prétérit des verbes en er : je chantai, il chanta; 2° au présent du verbe avoir :j'ai, il a, et par conséquent au futur de tous les verbes, puisque ce temps est composé avec aroir :je chanterai, je romprai, il partira.

Cependant le t de la 3. S., qui est étymologique, reparaît dans la forme interrogative, et on le place entre deux traits d'union, i)arce qu'on a cru qu'il était euphonique : Chaiite-t~il 'i souffre-\-il''! a-t~il la fièrreï parti ra-t-H'-:' (^).

2. Il y a également suppression du s à la 2. S. de l'impératif dans les verbes en er : donne, va; il en est de même des verbes qui, à cette personne, sont terminés par e. savoir : 1" cueillir, couvrir, ouvrir, offrir, souffrir : cueille, souffre; ^'^ avoir, savoir, vouloir : aie, sache, veuille. Le i!rej)araît quand le verbe est suivi immédiatement d'un des pronoms en et//; cueilles-en, aies-en, vas-y, etc.; mais on dit veuille en prendre, sache y pourvoir, parce que les pronoms en et // ne sont pas compléments du verbe qui précède, mais bien de l'infinitif cpii suit.

Les terminaisons personnelles étaient en latin :

SlNGULIICIi. l'i.t'RIEL.

l" personne o, i, m mus

2« » s (stij tis

3« » f nt

(1) Ce f n'est ni «étymologique ni «'iiphonique, comme l'a il(''montré M. Gaston Paris: (I La grande perturbatrice des lois, ici comme ailleurs, c'est l'analogie. On disait chmttentils, cluintait-il, chantdicrit-ih, chdtHcront-iU, chayiterait-il, cliantt'raicrU-Us,ch(int(it-il, chantassent-Ux: on a dit de rTi('>ni(' rhiintr-t-il,, jjarce qu'on disait boit-il, dort-il, court-il, est-il, reçoit-il, etc. » (HonKtnm, 1877, Vil).

2;->« TEMPS J)U J'IÎÉSEXT § 108

La Ihiale s lie la première personne du singnliei- en fVaneais est contraire à l'élymologie. Cette première personne n'avait jamais de s en latin : amo, video, lego, audio, et, par snite, dans l'ancien français, /'ai/^e, jevoi,je li,j'ouï. Au XIV<' siècle s'inti'oduisit l'habitude irrationnelle d'ajouter un s à la première personne et de dire je vois, je lis, j'ouïs.

Le s de la 2. S. est étymologique et s'est mainteini partout ; il existe même à linipératif pour les verbes autres que ceux en er.

A la 1. et 2. S. du présent de l'indicatif, les verbes pouvoir, vouloir et valoir prennent x au lieu de s ; je peux, je veux, tu vaux (§ 70).

Le t qui caractérise la troisième personne est étymologique, amat, videt, legit, audit, et se ti'ouvait dans l'ancien français, même à la !''« conjugaison : il amet, il voit, il lit, il ouït.

Les finales ons, ez (z = ts), dérivation régulière de a7nus, atis, sont celles des verbes en er au présent de l'indicatif; elles lurent, dès les premiers temps, attribuées à toutes les autres conjugaisons, et on les retrouve les mêmes à tous les temps, sauf au prétérit dont la première personne du pluriel est en me.s- et la seconde en tes. Ces terminaisons mes et tes se sont encore conservées dans les formes verbales où l'accent est sui' le radical, savoir somtnes, êtes, dites, faites, dérivées régulièrement de sumus, estis, dicitis, facitis.

Le ent de la 3'"« personne est toujours muet, parce qu'il est formé de ant latin, qui était inaccentué. Les verbes être, avoir, faire, ainsi que aller, font au présent : sont, ont, font, vont, formés régulièrement de s^mt, habent, faciunt, vadunt. Cette terminaison ont est devenue la règle au futur de tous les verbes, ce temps étant formé avec le présent d'avoir :ils chanter-ont (v. § 110).

III, Terminaisons tempoeelles.

A. Verbes faibles ou réguliers.

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