‹ Cours de langue française (volume 3)Chapitre 170 sur 427 · Les verbes suivants ont le participe faible en u · texte numérisé non relu

Les verbes suivants ont le participe faible en u

Férir. Férir, frapper, n'est plus usité qu'à Finfinitif et au participe employé comme adjectif : On prit la ville sans coup férir. Il a le tendon féru. Il est féru de cette femme (Ac).

Férir est dérivé de ferire et se conjuguait ainsi : Férant. Je fiers, nous ferons, etc. Fiers, ferons. Que je fière. Je ferais. Jeféris. Que je férisse. Féru. Je ferrai. Je ferrais. Tel fiert qui ne tue pas, ancien proverbe.

260 PKÉTÉRIT EN S § 118

Issir n'est usité qu'au participe passé et aux temps composés : Il est issu d'une ancienne famille.

Issir est dérivé de exire, formé de ex, hors, et ire, aller.

Vêtir. Ce verbe garde sa finale t et fait régulièrement : Vêtant. Je vêts, il vêt, nous vêtons, etc. Vêts, vêtons, vêtez. Que je vête. Je vêtais. Je vêtis. Que je vêtisse. Vêtu. Je vêtirai. Je vêtirais.

Vêtir pour vestir, dérive du latin vestire. C'est à tort que quelques écrivains modernes ont employé les formes inchoatives je vêtis au présent et je vetissais \ l'imparfait de l'indicatif. Mais, tandis que dévêtir, revêtir, se conjuguent comme vêtir, les composés savants investir, travestir, se modèlent sur finir.

2<= CLASSE. — Participe irrégnlier en t.

4. Les verbes suivants font leur participe en t en accentuant le radical.

Couvrir, ouvrir, offrir, souffrir. Ces verbes prennent au S. du présent un e nécessaire pour faire sonner la finale vr ou fr et qui amène la suppression des terminaisons s et t de la 1. et 3. S., comme dans les verbes en er: Couvrant. Je couvre. Couvre, couvrons, couvrez. Que je couvre. Je couvrais. Je couvris. Que je couvrisse. Couvert. Je couvrirai. Je comrirais.

Coicvrir vient de cooperire , ouvrir .anciennement ovrirat avrir, de ape-rire offrir et souffrir de offerêre et sufferêre, formes secondaires de offerre, sufferre. Ces verbes, conformément à l'étymologie, font au participe passe cou vert, ouvert, offert, souffert.

B. Verbes irréguliers en ir.

l>-e CLASSE. — Prétérit en s.

Cette classe comprend les verbes quérir, tenir et venir Quérir, dans ses composés acquérir, conquérir, etc. La voyelle radicale e se change en ie quand elle est accentuée dans les temps du présent. Les deux futurs sont formés de 1 ancien mMiiiî querre. (Y. acquérir au tableau, § 116). Quérir n'est usité qu'à l'infinitif après les verbes aller, vemr, envoyer. Allez aviéviv le médecin. „ .^, , .,. ., ,

Quérir vient de queerère, qui a aussi donné querre (v. § 122). Le prêtent est guir/d'une forme populaire gua-si pour gua^sit-i; le participe çuts renvoie de même à qusesitum, non à qusesitam.

Venir La voyelle radicale e devient ie quand elle est accentuée: ce changement s'est même étendu aux deirx futui;s avec intercalation d'un d entre n et r : je viens, je vien-d-rai. (V . le tableau, § 116.)

Le composé advenir ou avenir a la 3. P. de tous les temps : Advenant. Il advient. Qu'il advienne. Il advenait. Il adnnt. Qu il advînt. Advenu. Il adviendra. Il adviendrait.

Venir vient de venire. Les anciennes formes de venir au prétérit étaient : je vin, tu venis, il vint, nous venimes, vous venistes, ils vinrent (vindrentj, de véni, venisti, vénit, venimus, venistis, vénerunt. Les tonnes modernes sont nées d'une altération particulière de la voyelle radicale, qui, dans le principe, n'atteignait que la 1. et 3. S. et la 3. P., mais qui depuis s'est étendue aux trois autres personnes, d'après l'analogie de la première

Tenir se conjugue complètement comme venir.

Tenir vient de tendre, qui est déjà tenire dans un texte du 1V« siècle. Tenere faisait au prétérit tenui, tenuisti, etc. Mais tout indique que le u était déjà tombé dans le latin vulgaire.

2^ CLASSE — Prétérit en us.

Cette classe ne comprend que trois verbes : courir, gésir, qui ont leur participe en ti, et mourir, qui le forme avec t en accentuant le radical.

Courir. Les deux futurs sont formés de l'ancien infinitif courre (V. le tableau, § 116.)

Courir vient de currere. qui a aussi donné courre (v. § l-I'l). Le prétérit est courus = currui* Tpom cucurri, et le participe couru =zCurHtum*. Le participe cors. corse=cursus, a, est devenu substantif : le cours, la course.

Gésir. Ce verbe, qui n'a plus de prétérit ni de participe passé, ne s'emploie qu'aux formes suivantes : Gis-ant. Il gît, nous gisons, vous gisez, ils gisent. Je gisais, etc.

Gésir vient dejacêre. Dans l'ancien français, la conjugaison était complète et gésir ou jésir faisait giu ou jui au prétérit et geu ou ju au participe.

Mourir. Ce verbe change sa voyelle radicale ou en eu quand elle est accentuée : je meurs, que je meure, etc. Il élide aux deux futurs la voyelle de l'infinitif: Je mourrai. (V. § 116).

Mourir vient du latin moriri, forme archaïque de mori. Le prétérit est mourus =tnorui* pour mortuus sum. Le participe passé mort est dérivé régulièrement de mortuus.

Article VI. — Verbes en EE.

1. La conjugaison en re comprend 78 verbes simples dont 30 sont des verbes irréguliers.

La conjugaison en re est tout à fait latine; le peu de vei'bes qu'elle comprend sont tous dérivés du latin, le plus grand nombre de la conjugaison primitive en ère, quelques-uns de la conjugaison en ère. Cette conjugaison est la seule qui ait conservé la terminaison re de l'infinitif latin, tandis que les autres ont rejeté ce e final. La raison en est que, par la chute du e pénultième, le r s'est trouvé rapproché de la consonne précédente avec laquelle il forme une syllabe finale qui, en français, ne peut se passer de voyelle : rumpëre, romp're, rom-pre.

2. Il y a 48 verbes simples en re qui sont réguliers et se conjuguent sur rompre. Cette conjugaison ne se distingue de celle en ir que par l'infinitif en re et le participe en u.

VERBES EN RE Conjugaison du verbe ROMPRE.

Indicatif.

Présent.

Je romp-s Tu romp-s Il romp-t Nous romp-ons Vous romp-ez Ils ronip-ent

Imparfait.

Je romp-ais Tu romp-ais Il romp-ait Nous romp-ions Vous romp-iez Ils romp-aient

Prétérit.

Je romp-is Tu romp-is Il romp-it Nous romp-îmes Vous romp-îtes Ils romp-irent

Futur.

Impératif.

Présent.

Eomp-s

Eomp-ons Eomp-ez

Subjonctif. Présent.

Je romp-e Tu romp-es Il romp-e Nous romp-ions Vous romp-iez Ils romp-ent

Imparfait.

Je romp-isse Tu romp-isses II romp-ît Nous romp-issions Vous romp-issiez Ils romp-issent

Participe.

Présent.

Romp-ant Passé.

Romp-u

Infinitif.

Présent. .

Romp-re

Je romp->--ai Tu romp-r-as Il romp-;'-a Nous romp-r-ons Vous romp-r-ez Ils romp-r-ont Condition nel présent.

Je romp-r-ais Tu romp-r-ais Il romp-/-ait Nous romp->'-ions Vous romp-r-iez Ils romp-r-aient

La conjugaison en ère était en latin le type régulateur de touœs les autres ; mais non seulement elle perdit ce rôle en français, mais, pour remplacer ses flexions effacées, elle dut emprunter celles des autres conjugaisons, de telle sorte qu'il ne lui reste plus guère aujourd'hui de forme qui lui soit propre que son infinitif. C'est ainsi que la conjugaison ère, forte en latin, est devenue faible en français ; toutefois beaucoup de verbes autrefois forts ou qui l'étaient primitivement en latin, comme ceux en -indre et en -uire, ont mis leur prétérit en harmonie avec les formes accentuées sur la flexion, mais ils ont conservé leur participe fort (§ 112).

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