ade sert à former
a) Un grand nombre de noms abstraits féminins qui énoncent: 1° une idée d'ensemble ou de collection, comme colonnade, réunion de colonnes, f-àçade, mascare/f^e, peuple/r/e, etc. ; 2° le produit du primitif: balustr(7e7e, limonade, g-àmbade, œiWade, etc.
h) Des dérivés à base verbale qui marquent une action ou un résultat : ruade, action de nœr, fusillade, glissade, noyade, tixade.
Ade. qui a la même origine que l'ancienne forme ée, ne date que du XVI« siècle et nous est venu de ritalie. Ade se trouve aussi dans quelques mots dérivés du grec : myriade (nombre de dix mille), Iliade (poème sur Ilion); par imitation les modernes ont Messiade, Henriade, etc.
20. aie, qui a pour forme accessoire oie, se trouve dans quelques noms exprimant une collection : houssaie, lieu planté de houx, aunfffe, charmo/e foutelo^e (de fouteau ou hêtre), Maie (de fût), etc.
Ce suffixe vient du lat. eUnn [eta]. Les noms de lieu ont conservé l'ancienne forme aij ; Aulnaij de Alnetum, Chatenatj de Castanetum.
21. agne ne se présente que dans quelques noms féminins désignant des choses concrètes : cocagne (pays imaginaire dont les maisons sont faites de gâteaux, de coques, dans l'ancienne langue), champffr/>?e et camp«r///e, chktaigne, monUtgne.
Le suffixe agne ou aiçjne vient du latin anëa.
22. erie est un allongement du suffixe ie et doit son origine au suffixe ier ou er, auquel ie s'est joint de manière à former un nouveau suffixe crie, qui s'est si bien substitué à ie que ce dernier ne forme plus de nouveaux dérivés ; car dans les dérivés des mots en ier ou er, tels que chevah'er, berger, on ne décom-
pose plus erie en er (affaiblissement de ier) et en ie : berg-er, berg-^-r-/^, mais on considère ier et erie comme deux suffixes différents d'un même radical : berg-er, berg-^r/V. — Les noms en erie sont de trois espèces :
a) Les uns, formés d'adjectifs, sont des noms de qualité qui ont une valeur plus ou moins dépréciative, comme bizarrer?>, hi^oierie. poltroun<?r?>. étourdf/v>.
h) Les autres sont formés de noms ou de verbes et ont pour corrélatifs les noms en ier. Ils expriment soit un art ou un métier : mégissér/e, soit le lieu où il s'exerce : laiter/e, soit le produit, c'est-à-dire une collection d'objets confectionnés de la même manière ; boiser/?. Le plus souvent le même mot réunit deux de ces acceptions ou même toutes les trois, comme verrerie^ qui signifie à la fois l'art de faire le verre, le lieu ou bâtiment où on le fait et toute sorte d'ouvrages de verre,
c) Enfin il y a des mots en erie qui sont formés de verbes et ont pour corrélatifs les noms en enr. Ils expriment: 1° l'action ou le résultat de l'action : badinr^r/e, cause/v>, criaille/v'e, filouierie, menter/e, plaisauté';vV:', tromper/g; 2" quelquefois l'art, le lieu où il s'exerce et le produit, comme blanchissér/e, brassme, imprimr/-/?, rafiiner/f^, tanne/v'e.
23. Il faut encore mentionner ici les sufiixes qui servent à désigner les mois dans le calendrier révolutionnaire composé par Fabre d'Eglantine, savoir aire : vendémiaire, brumaire, frimaire; — ose (v. § 148) ; nivôse, phmôse, ventôse, où l'accent circonflexe n'a pas de raison d'être; — al (v. § 148): germinal, floréal, prairial ; — dor (du grec dôron, don) : messidor, thermidor, fructidor.