S88 CONCORDANCE ET DÉPENDANCE DES MOTS
cordance des formes ; l'adjectif s'accorde en genre et en nombreavec le substantif qu'il détermine, et la flexion de l'adjectif n'a pas d'autre fonction que de marquer cette concordance : J'aime les petits enfants (§ 74).
3. Il y a donc concordance quand le rapport qui lie un mot variable, comme prédicat ou attribut, à un substantif ou à un pronom, est marqué par l'unité de forme ou l'accord soit en genre, soit en nombre ou en personne avec ce dernier. Ainsi^ dans cette phrase : J'aime les petits enfants, le prédicat aime est à la même personne et au même nombre que le pronom J^,. qui en est le sujet, et l'attribut ^jf^f^Vs est au même genre et au même nombre que le substantif enfants qu'il détermine.
Les mots qui peuvent prendre l'accord sont: 1° le verbe; 2" Vadjectif et les mots qui font fonction d'adjectifs, savoir : Vcniiclc^ \q^ pronoms adjectifs^ tels que mon^ le mien, cet, tefmême^ quel, certains noms de nombre indéfinis, comme rjuel que, toid, etc.; 3^ le participe, tant présent que passé ; 4° le substantif, employé comme qualificatif. L'accord du verbe s'appelle concordance verbale, par opposition à la concordance nominale, qui comprend l'accord de tous les autres mots variables.
4. Quelquefois, quand deux mots sont en concordance, on rapporte le déterminant au sens et non à la forme du déterminé : c'est ce qu'on appelle une syllepse.
La syllepse ne porte jamais que sur le çienre ou sur le nombre des mots : Les personnes d'esprit ont en eux les semences * de tous les sentiments (L'a T^v.). Moïse dit au Seigneur: Que ferai-je n ce peuple? bientôt ils me lapideront. C'est peut-être un enfant d'Israël; Mon père les proscrit (V. Hugo). C'est par une syllepse du genre que les adjectifs se rapportant à gens se mettent en général au masculin (§ 68).
Il ne tant pas confondre cette figure avec la syllepse oratoire^ qui es' une éspècede métaphoi'e pai- laquelle le même mot est employé dans la phrase en deux sens, l'un propre, l'auti-e figuré; par ex. : J'ai failli cent fois être saisi par un gendarme à l'instant nu je cherchais à saisir une éfyinologie (Nodier).
5. De même que le substantif est déterminé par l'adjectif ou un mot de nature adjective, le verbe (ou l'adjectif) peut être déterminé par un substantif ou un mot de nature substantive, qui s'appelle alors l'objet du verbe, complément ou circonstanciel. L'unité de l'action (verbe) et de son objet (substantif ou pronom) se marque par la forme du complément, soit par la construction, si l'objet est direct : J'aime Dieu, ou par une préposition, si l'objet est indirect ou circonstanciel : J'obéis à Dieu; dans ces deux exemples, le mot Dieu dépend du verbe fiime ou obéis, et l'on dit qu'il est régi ou gouverné par lui. On appelle aussi régime le mot régi par un autre mot.
v§ 16-4 DU SUJET 389
6. Il y a donc dépendance quand le rapport qui lie un nom ou un pronom à un verbe, à un adjectif ou à un autre substantif, •est marqué, non pas par l'accord des mots, mais par des formes particulières qui varient selon les langues et sont les cas, les prépositions et les adverbes.
La langue française marque par des prépositions ou par la place des mots les différents rapports que d'autres langues expriment par la flexion ou les cas.
Article IV. — Lu sujet.
1, Le sujet est exprimé :
a) Par un substantif: Le soleil brille, ou par un substantif- .adjectif: Le riche tnéprise souvent le pamre. l^e vvBi seid est aimable (Boil.).
b) Par un infinitif: Haïr (^sY un tourment ; aimer est un besoin de l'âme (Ségur),
c) Par un pronom substantif, savoir: P un pronom personnel conjoint : Je fondis de ce pré la largeur de ma langue (La F. YII, 1), ou même absolu, surtout à la 3® personne: Vous pensez ■ainsi, mais lui pense autrement {A.Q,.). Moi seule à votre amour ai su la conserver (Rac.) ; 2" un pronom possessif absolu : Tous les miens m. ont suivi, mais leurs seconrs sont lents (Volt,); 3" un pronom démonstratif: Ceci tie me plaît 2)as (La F. 1, 8). Ce n'est pas un jeu d'enfant (Ac); 4" un pronom interrogatif ou relatif: Hélas! q\xi peut savoir le destin qui m'amène? (Rac).
d) Un pronom indéfini ou un nom de noml)re indéfini employé absolumeut, c'est-à-dire sans être joint à un substantif: On ne voit pas deux fois le rivage des morts (Rac). Rien «Vif
jxirftif ici-bas. Tous accourent à sa voix. Chacun (/ ses défauts. Plusieurs j>ensent ainsi.
e) Par tout autre mot pris substantivement et précédé de l'article défini ou indéfini : Le raisonner tristement s'accrédite (Volt.). Les quand, les qui, les quoi pleurent de tous côtés (Volt.). Le mot pris substaiitiveuient peut ne jkis êti'e précédé de l'article : Deux rt den-x. fout quatre. Aujourd'hui u'a)nrne plus logiqurmenf demain (W Hugo).
2. La proposition renferme quelquefois deux sujets : le sujet grammatical kit le sillet logique. Le sujet grammatical n'est point le sujet réel de la pi-oposition; il se marque par le i)ronom neutre // ou ce, qui n'exprime pas une idée, mais complète seule-
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ment la forme de la proposition. Le sujet logique est le véritable sujet de la proposition et exprime la personne ou la chose dont on parle réellement.
a) Le sujet grammatical est il quand le prédicat est: 1° Un i'erhe : Il ne manque rien à un roi que les douceur» d'une vie privée (La Br.).
2" Un adjectif : Il est beau de mourir madré de l'univers (Corn.). Il est bon de parler, et meilleur de se t:dre (La F. VIII, 10).
3" Un nom au génitif ou un infinitif précédé de à : Il est du devoir d'un juge d'être impartial . Il est en ta puissance d'oublier mon amour (Corn.). Il est à craindre que cette eufveprise n'éclioue.
h) Le sujet grammatical est ce quand le prédicat est: P Un substantif au nominatif ou au datif: C'esf un plaisir cjue de faire des heureux. C'est dommage qu'd soit parti. Ce n'est /jr<s aux enfants àjuf/er les grandes personnes. CVsf à vous à parler.
2° Un Infinitif sans prép-osition : Epargner ses plaisirs., c'est les multiplier.
3" Un adverbe : C'est beaucoup que de savoir commander (Rac). Ce n'est point assea de pardon/ner les offenses, il faut aussi les oublier ÇSl""" de Staël).
Il faut donc dire : Il est peu probable. . . et c'est chose peu probable qu'd soit déjà parti. Mais on trouve aussi quelquefois ce devant un adjectif: C'e4 heureux cpi'il fasse ce temps. C'est inconcevable qu'on se Itdsse mener à ce point (Scribe).
Ce ne s'emploie comme sujet que devant le verbe é^reet devant setnfeier dans Texpression: Ce semble. Avec un autre verbe, si le sujet est un infinitif, on emploie cela an lien de ce : En effet, de trop couper son style, cela arrête l'esprit (Boiieau).
A. Sujef grannuidical ii.
3. Le sujet grammatical d s'emploie avec les verbes essentiellement ou accidentellement impersonnels,
a) Les verbes essentiellement impersonnels, exprimant une action dont le sujet n'entre pas dans la pensée, ne peuvent avoir que le sujet grammatical il : Il pleut.
b) Les verbes accidentellement impersonnels (y compris it faut) sont précédés du sujet grammatical d et suivis d'un substantif dont la valeur logique dépend de la nature du verbe.