EMPLOI DES PRONOMS EX ET Y
cette viande). Il a élevé plus de monuments rpie d'autres n'en ont détruit (Ac). Pour avoir de vrai^ <nuix, il faui être capahled'en faire et digne d'en aroir (La Rocli.).
En pareil cas. le nom dont en rappelle l'idée peut avoir un attribut qui prend la place de l'accusatif après le verbe et qui peut être soit un nom de nombre ou un adverbe employé comme nom de nombre, soit un adjectif précédé de l'article indéfini ou partitif: Ils couraient le cerf; ils en (= des cerfs) avaient déjà apporté un fVolt.). Avez-rons lu les drames de Shakspeare? J'en ai lu quelques-uns. Il y en a beaucoup qui sont d'une opinion différente (Ac). Avez-vous des amis ? J'en ai autant (= autant d'amis) que lui. Ils quittèrent leur maintien insolent pour en (= des maintiens) prendre un respectueux (Les.). Désormais je choisirai mieux mes confidents; /'en ceux de plus capables que vous de décider (Id.). A-t-U des protecteurs? Il en a de très puissants (Ac). C'est la seule récompense qu'il ambifio)ine,il n'en veut point d'a.iitre (Ac). M appjortez-vous des journaux? Je vous en ajiporte des nouveaux et des anciens, d'aujourd'hui et d'hier.
2. Y exprime le rapport marqué par à, en tant que ce rapport ne correspond pas au véritable datif poui" lequel il y a déjà le pronom conjoint lui., leur (§ 184). Il est toujours le complément d'un verbe et remplace :
a) Les pronoms personnels absolus de la 3" personne à lui^ à elle, à eux, à elles, lorsqu'ils se rapportent à des noms de choses : Quant à la raison que vous ni' alléguez, je m'y rends (Ac). L'écriture n'est point la jyeinture de la parole, parce qu'elle n'y ressemble en rien (F. Wey).
Avec les verbes se fier, penser, songer, croire, le pronom ?/ peut se rapporter aussi à des personnes : C'est un homme équivoque, ne vous y fiez pas (Ac). On m'a dit tant de mal de cet homme, et j'y en rois si peu (La Br.). On peut même se servir de // avec une autre personne que la troisième : Quoique je parle beaucoup de vous, ma fille, j'y pense encore davantage (Sév.).
b) Les pronoms démonstratifs à ceci, à cela, lorsqu'ils se rapportent à une proposition entière: Partez, j'y consens. Prenez-y garde-, vos louanges et vos approbations sont dangereuses (Sév.).
Y peut encore exprimer d'autres rapports, comme ceul qui sont marqués par les prépositions en, dans, sur, etc. : Je suis en repos, je veux tâcher d'y rester (J.-J. R.).
3. En et // s'emploient souvent sans relation à aucune chose ni exprimée ni sous-entendue, et forment de cette manière une
§ 187 EMPLOI DU PROXOM RÉFLÉCHI -loi
foule de gallicismes dans lesquels le pronom et le verbe qui suit n'expriment qu'une seule et même idée : C'en est fait de lui, on en vint aux injures, je m'en tiens à cela, il n'en peut plus, je m'en vais, il y a des gens, vous n'y êtes ^ws, il y va de mon honneur, je n'y peux rien, on n'y voit goutte, etc.
D. Emploi du pronom réfléchi.
1. Le pronom conjoint se est réfléclii et marque un rapport d'identité avec le sujet; le pronom le, la, les ou lui, leur, e&t originairement démonstratif et marque un rapport de détermination, c'est-à-dire sert à montrer ou à indiquer un sujet. Ainsi on emploie le réfléchi se lorsque le sujet de ce pronom se trouve dans la même proposition, et le pronom direct ou indicatif le ou lui, lorsque le mot auquel il se rapporte se trouve dans une autre proposition: Mon père se blessa; le médecin le guérit. Cet élève se nuit par sa paresse ; son maitre lui en fait des reproches.
2. La même distinction s'applique en principe aux pronoms absolus soi et lui, elle, eux, elles. On dira donc: Celui qui croit pouvoir trouver en soi-même de quoi se passer de tout le monde, se trompe foH; mais celwi rqui croit qu'on }ie peut se passer de lui, se trompe encore davantage (La Eocli.). Dans la première partie de la phrase, il faut soi, parce que ce pronom se rapporte à (celid) qui, sujet de la proposition; dans la seconde partie, au contraire, on emploie le pronom indicatif lui, parce que ce pronom se rapporte, non pas au mot on sujet de la proposition, mais au pronom celui (rqui) qui figure dans une autre proposition. On dira de même : L'avare qui a un fils prodigue n'amasse ni pour soi ni p)Our lui (Bouiface). Soi exprime le même être que le sujet de la proposition principale, l'avare, tandis que lui se rapporte à fils prodigue, qui est le régime de la proposition accessoire amenée par cqui. — Son ami l'a prié d'aller (= qu'il allât) chez lui. Lui ne se rapporte pas à il, sujet de la proposition accessoire raccourcie, maisàsoji ami, sujet de la principale. — Depuis que son ami est parti, il ne pense qu'à, lui (à son ami).
3. Cependant la grammaire moderne a établi une différence quant à l'emploi de soi, selon que ce pronom se rapporte aux personnes ou aux choses et qu'il est en relation avec un singulier ou un pluriel.
A. Soi est ordinairement en rapport avec un nom ou un pronom au singulier.