PRÉTÉRIT
ayant une durée à la suite d'une autre action passagère, ou si une explication doit être ajoutée au fait :
Je suis née à Venise; mon père était noble, et ma mère était noble également ; ils s'aimaient, on les unit, et je naquis de cette union. Un an après, ma mère eut un jils, il mourut, >/ies parents le pleurèrent et reportèrent sur moi toute leur affection; ils étaient riches, et mon berceau, fut entouré de tout l'éclat que donne la richesse (E. Siiei.
4. La vivacité du récit amène souvent l'emploi de l'imparfait au lieu du prétérit, soit en parlant des faits isolés, soit pour exprimer une série d'événements successifs ; dans ce dernier cas on se représente le passé si vivement que ces différents événements forment pour ainsi dire un seul tableau, dont on fait la description par rimparfait, qui est proprement le passé descriptif: Il descendait de m mule., et sous prétexte de chercher des plantes, il se cachait un moment dans ces débris pour donner un libre cours à ses larmes. Il reprenait ensuite sa route, en rêvant au bruit des sonnettes (Chat.). La lecture finie, le jière Alphée se dressait, marchait à <p-ands pas... Plus calme, le père Melchior félicitait Méntuf sur son livre {A. Daudet). Cet emploi est surtout fréquent avec les verbes dire, répondre, s'écrier, répéter, quand on reproduit textuellement les paroles de celui qui parle: Hélas, .s'écriait Télémaque, roilà donc les maux que la guerre entraîne après elle (Fén.).
La lice lui demande encore une quinzaine ;
Ses petits ne marchaient, ài^dàt-elle, qii'à peine (La V. II, 7).
5. Enfin l'imparfait peut encore s'employer à la place du conditionnel passé dans la plirase hypothétique :
Si le loup quelquefois En saisit un, l'emporte et s'enfuit dans les bois. C'est ma faute; il fallait braver ses dents avides (Chén.).
Il fallait, c'est-à-dire il aurait fallu.