‹ Cours de langue française (volume 3)Chapitre 298 sur 427 · CONDITIONNEL PRÉSENT · texte numérisé non relu

CONDITIONNEL PRÉSENT

Vos lettres me plairaient d'un inconnu (Sév.). Cela serBiXjponr moi. (1 it Bel isaire^ nue douce consolation ; mais je me dois à ma fille^ ,4 je rais mourir dans ses hras (Marm.). En pareil cas, le conditionnel est nn temi)s ah^ojit ([ni se dit au lieu d\m antre temps absolu de Vindicatif ou même du subjonctif, soit pour affirmer d'une manière moins positive, soit pour marquer le doute, l'étonnement, ou le désir ; cet emploi du conditionnel a surtout lieu dans la forme interrogative ou exclamative : On dirait qu'il est malade. Ifaprh les dernières nouvelles, V insurrection serait étouffée. Je ne saurais (= je ne puis) vous le dire. Sauriezvous me le dire'^ Sev&it-il vrai? Il serait vrai! Je voudrais // rtre. Que je voudrais savoir l'anglais! Pourquoi mon âme refusersiit-elle les jouissances qui sont éparses sur le chemin difficile de ta rie ? (X. de Maistre)

Comme moi, je voudrais que lu fusses esclave (Chéii.).

3. On considère ordinairement le conditionnel comme un mode à part, aj^ant deux temps : le présent et le passé ; mais en réalité le conditionnel appartient à l'indicatif et a la plus grande ressemblance avec le futur, non seulement par son origine (§ 102). mais encore par sa signification ; tous les deux en effet expriment un temps futur, le premier un futur relatif, c'est-à-dire par i-ap[)ort au passé (J'étais sûr qu'il viendrait), et le second un futur absolu, c'est-à-dire par rapport au présent (Je suis sûr qu'il viendra) ; ainsi le conditionnel présent n'est pas autre chose que ï imparfait, et le conditionnel passé \e plusque-jiarfait du fidur. Si l'on tient compte de ce caractère essentiel du conditionnel, lien n'est plus facile (jue d'expliquer remi)loi de cette forme dans les phrases suivantes, qui seraient de véritables solécismes s'il était vrai, comme le croient les grammairiens, que tout conditionnel suppose une condition exprimée ou sous-entendue : Il obtint de lui qu'Euri/dice retournerait jxirmi les virants (Fén.). Vous m'avez dit que vous reviendriez le lendenuiin (J.-J. E.). Vous avez bien prévu que cette lettre ^//'attendrirait (Id.). Pensant qu'il pleuvrait, y> restai à la maison (Bon.). Jésus-Christ a promis qu'il viendrait juger les vivants et les morts (Wailly). Nous convînmes que nous partirions le lendemain (Chat.). L'assemblée décréta que h roi serait jugé (Mignet). Avez-imis prétend ii qu'ils se tairaient toujours? (Rac.)

Savez-vous pourquoi Jéréniie

A tant pleuré pendant sa vie"?

Cresl qu'en prophète il prévoyait

(Ju'un jour Lefranc le traduirait (Voll.). Cet homme a-t-il pensé que, vaiwjueur avec tous, Il pourrait, malgré tous, envahir leur puissance CM. J. Chéiiior).

§ 2»lG, L'l»7 OON'DITIONXKl. l'ASSÉ, IMPÉRATIF 477

Le coiiditioniiel appartient au mode indicatif, même lorsqu'il dépend d'une condition ou d'une supposition, car dans ce cas il marque ég-alement la réalité, soit la réalité supposée (V. § 3()G).

Page 1