Llnversion est vicieuse
a) Quand on emploie en prose celles qui ne sont usitées qu'eu poésie: Cest trop; ton langage m'irrite ; en cette enceinte qui t'amène? (D'Arlincourt) .
b) Quand elle est forcée ou qu'elle rend la phrase confuse et équivoque : A peine de la cour pentrai dans la carrière (Volt.). ■ -
§ 260 DE l'ixversiox 577
7. Pour mettre en relief un membre de la proposition, on emploie souvent la périphrase grammaticale ou la répétition à la place de l'inversion, dont l 'usage en français est assez restreint.
8. Lu 2)ériphrase grammaticale est formée du pronom ce et du verbe être, que l'on met immédiatement avant le terme de la proposition sur lequel on veut appeler l'attention et qui devient alors le prédicat d'une proposition principale (§ 164). Ainsi, dans cette pkrase : Hier f ai par hasard rencontré votre cousin à la 2)romenade, chaque terme autre que le verbe peut être mis en évidence de la manière suivante : C'est moi (sujet) qui ai rencontré... C'est votre cousin (complément direct) que f ai rericontré... Ce>^t hier (circonstanciel de temps) que fai rencontré... C'est à la promenade (circonstanciel de lieu) que fai rencontré... C'est par hasard (circonstanciel de manière) que fai rencontré... C'est votre illustre mère </ qui je veux parler
(Rac). Cétait bien de chansons qu'alors il s'agissait (La F. VII, 9). Est-ce donc ^ouv veiller qu' on se couchée) Paris? {Boil.). C'est vous, braves amis, que Vunivers contemple (Volt.). Je veux montrer à mes semblables un homme dans toîtte la vérité de la nature, et cet homme, ce sera moi (J.-J. E.). Est-ce vous mes enfants? Ils répondirent avec les noirs : Oui, c'est nous (Bern.).
9. On se sert souvent de la répétition pour mettre en relief, soit le sujet, soit le complément du verbe. Cette répétition se fait de deux manières différentes, le sujet ou l'objet pouvant être placé en tête de la phrase ou cq^rès le verbe, tandis qu'il est remplacé avant le verbe même par un pronom personnel :
a) Le sujet ou l'objet est en tête : Ce pauvre homme, il ne réussit en^ rien. Tout ce qu'il a, // le tient de votre libéralité . Qui se fait brebis, le loup le mange. Moi-même // va' enferma dans des cavernes sombres (R?iQ.). Le roi, fils de David, oii le chercherons-nous? (Id.). Et toi, ô fils d'Achille, > te de'clare que tu ne peux vaincre sans Philoctète, ni Philoctète sans toi (Fén.).
Ce noble ami, plus léger que les vents,
Il dort couché sous les sables mouvants (Millevoye).
On peut faire ressortir de la même manièi-e le prédicat exprimé par un substantif:
Chacun fait ici-bas la figure qu'il peut,
Ma tante; et, bel esprit, il ne l'est pas qui veut (Mol.).
Z*; Le sujet ou l'objet est après le verbe : Elles sont revenues les hirondelles, messagères du printemps. Il est bien âne de nature qui ne sait lire son écriture. Il est tombé le roi de la
Ayeu, Grammaire comparée. 37
578 DE L IXVERSIOX § 260
vitesse (Millevoye). Qu'il vienne à noux celui qui pleure ! (A. Guiraud.) Il la donne à son roi cette terre féconde (G. Del.). Il les « trempées^ ces mains cruelles, dans le sang de Sic/iée, mari de Didon, sa sœur (F en.).
Oui, je l'ai vue ausfti cette cour peu sincère.
Aux maîtres toujours trop soigneuse de plaire iRac).
La répétition peut se faire par un pronom démonstratif: Ce qu'il désire, c'est l'indépendance. Qui ne mourrait pour conserver son honneur, celui-là serait infâme (Pasc).
G'est à cette construction qu'il faut rapporter l'emploi de la forme impersonnelle ax'ec les verbes transitifs ou intransitifs : Il mourut bien des gens (§ 1G4).
Souvent, pour donner plus de force au discours, on répète le pronom personnel conjoint sous la forme absolue : Et moi, je pourrais parler à ta barrette (Mol.). Que te semble, à toi, de cette personne? (Id.). Je vous dis qu'ils me blessent, moi (Mol.). Dans le premier exemple, le pronom absolu est en tête, dans le second, au milieu, et dans le troisième, à la fin de la plu'ase.
Il y a une espèce particulière de répétition qui consiste à renforcer le mot par un synonyme, comme sans force ni vetiu, de cœur et d'âme, suer sang et eau, sans trêve ni repos, par sauts et par bonds. Il y a souvent rime: sans feu ni lieu, sans foi ni loi, vis-à-vis, peuà peu,p>^it à petit, pêle-mêle, face à face, terre à terre, ptar terre et par mer, qui terre a guerre a; — ou allitération: à cor et à cri, au long et au large, sain et sauf, sans rime ni raison y à tort et à travers, bel et bon, qui dort dine, etc.
§ -**1 r)E LA COORDIXATIOX EX aÉNÉRAL ,079