‹ Cours de langue française (volume 3)Chapitre 360 sur 427 · PHRASE COPULATIVE · texte numérisé non relu

PHRASE COPULATIVE

'proche^ on le touche j)resque^ il ii'envole. Tous vous est aquilon^ tout me semble zéphyr (La F. I, 22).

2" Par des conjonctions dites coorditiatives : Il dit de bouche, mais le cœur n'y touche (Prov.), L'essieu crie et se romjÉÇR&c.).

Dans le premier cas, il y -à juxtcq^osition de propositions, et, dans le second cas, coordination proprement dite.

On dit aussi que les propositions coordonnées sont syndétiquev ou asyndétiques, selon qu'elles sont réunies ou non par des conjonctions.

3. La conjonction joint deux propositions, comme la préposition unit deux mots et en marque le rapport. Il résulte de là que toute conjonction suppose l'union de deux propositions dont l'une peut être contractée ou elliptique : Dieu créci le cid et (il créa) la terre. Tu parles comme (tu parlerais) si tu étais le maître. Cependant il est certains cas où la conjonction ef n'unit que deux mots et remplit ainsi la fonction d'une préposition : Deux et (= avec) deux font quatre. Pierre et Jean se battent. Entre V arbre et Vécorce il ne faut pas mettre le doigt (Prov.). Ueau et V huile ont de V antipathie et ne se mêlent que difficilement ensemble. La paresse et la pauvreté sont sœurs jumelles.

4. La phrase de coordination s'appelle plu'ase cojmlative, disjondive, adversative ou causative, selon que le rapport qui lie les propositions est copulatif (et), disjoncfif (ou), adversatif (mais) ou causât if (car, donc).

AHicle II. — Phrase copulative.

1 . La phrase copnlative est formée de deux ou de plusieurs propositions dont l'une étend ou développe le sens de l'autre.

Le rapport copulatif se présente smtout dans le détail des faits successifs ou simultanés, c'est-à-dire dans la "narration ou dans la description : Charles dessine et Bcrthe joue du piano. Cet animal est triste, et la crainte le ronge (Lr F. II. 14). Une nuée de traits obscurcit Vair et couvrit tous les combaftauts (Fén.). Pendant ce temps le ciel était couvert de sombres nuages, et la pluie tombait 2Xir torrents (Tliiers). — Il patiit le matin et n'arriva que foH tard dans la soirée. Le lion sort, et vient d'un pas agile (La F. YI, 2). Elle frappe à sa porte, elle entre, elle se montre. (^Id. 1. 14). Elle bâtit un nid, pond, couve et fait éclore (Id. IV, 9,2.). Le coiiège le traverse, et cJmcun prend sa place (Tliiers).

Il le prend, il l'emporte, an haut du mont arrive. Rencontre une esplanade, et puis une cité (La F. X, 14).

Les propositions réunies de cette manière se trouvent ordi-

§ 263 PHRASE d'addition 581

nairement dans un rapport causatif ou adversafif ?i\ec une autre proposition exprimée ou sous-entendue :

Il est un Dieu : fccwl les herbes de la vallée et les cèdres de la montagne le bénis.^ent, l'insecte bourdonne ses louanges, l'éléphant le salue au lever du jour, l'oiseau le chante dans le feuillage, la foudre fait éclater sa puissance, et l'océan déclare son immen.dté (Cliat.)-

Notre laitière ainsi troussée Comptait déjà dans sa pensée Tout le prix de son lait; en employait l'argent ; Achetait un cent d'œufs; faisait triple couvée: La chose allait à bien par son soin diligent (La F. VII, 10).

2. La plirase copulafive unit des propositions qui ont la même valeur logique, comme quand on dit : On lui obéit et on aime à lui ohéir, ou bien elle unit des propositions de valeur logique différente, et met en relief celle qui a le plus d'importance : Non seulement on lui obéit, mais on aime à lui obéir (Fén.). Dans le premier cas il y a addition, et dans le second cas extension. Toute phrase d'extension peut se transformer en une phrase d'addition. La contraction est fréquente dans l'un comme dans l'autre cas.

A. Phrase d'addition.

1. Le rapport copidatif se marque dans la phrase d'addition :

a) Par la simple liaison des propositions ; c'est ce qui a surtout lieu quand on veut donner plus de rapidité au discours, ou quand les termes d'une énumération sont synonymes ou placés par gradation : i)«>/8 l'éducation, le naturel est le sol; l'instituteur est le laboureur ; les bons avis sont les semences. Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue (Rac). Bemords, crainte, périls, rien ne m^a retenue (Id.). Il vient: Vonfestine, Von mamje (La F. I, 14). Nul n'y gagna, tous ij perdirent (Id.). B V amadoue; elle le flatte (Id. II, 18).

Femmes, moine, vieillards, tout était descendu: L'attelage suait, souf/lait, était rendu (Id. VII, 9).

L'autre fit cent tours inutiles.

Entra dans cent terriers, mit cent fois en défaut

Tous les confrères de Brifaut (Id. IX, 14).

b) Par les conjonctions copulatives et, ni : Mes yeux se dessillèrent Qtje reconnus mon erreur. Ils vont vite, et seront dans un moment à nous (La F. II, 15). Il le fît, et fit bien (La F. III, 1). Il ne sait ni lire ni écrire.

Il retourne chez lui: dans sa cave il enserre

L'argent, et sa joie à la fois (La F. VIII, '2).

Aussitôt un autour, planant sur les sillons, Descend des airs, fond et se jette

Sur celle qui chantait, quoique près du tombeau (Id. VI, 15).

On ne suit pas toujours ses aïeux ni son père (Id. VIII, '24).

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