‹ Cours de langue française (volume 3)Chapitre 362 sur 427 · PHRASE DISJONCTIVE OU ALTERNATIVE · texte numérisé non relu

PHRASE DISJONCTIVE OU ALTERNATIVE

voulez plus, ni moi non plus. Les gens soupçonneux se défient de tout le monde^ même de leurs proches. Vous ferez bien de suivre ce conseil; au reste vous ferez ce que vous voudrez. Il est bizarre^ empoHé^ du reste brave et intrépide. Votre intérêt l'exige, de plus Ihonneur vous le conuRioide. tP étais donc sobre, faute d^être tenté de ne pas Vêtre; encore ai-je tort d'appeler cela sobriété; car fy mettais toute la sensualité possible (J.-J. R.).

L'extension s'exprime encore par voire, voire même : Nous exigeons qu'ils se couformerd à nos modes, voire à nos pré^jugés (Mérimée). Ce remède est inutUe, voire même pernicieux (Ac).

La conjonction peut être supprimée : Les cannibales ne se contentent pas de vaincre leurs ennemis: ils déchirent leurs chairs et s'en repaissent.

Aussi s'emploie volontiers comme conjonction causale ou conclusive, et alors il est souvent accompagné de bien: Je ne veux point y aller; aussi bien est-il trop tard. Ces étoffes sont belles, aussi coûtent-elles cher (Ac). Au.ssi peut s'employer dans une phrase simple; il y a alors une proposition sous-entendue: Et Mardochée est-il aussi de ce festin? (Rac). Cette conjonction se joint souvent à et ; il en est de même de en outre, outre cela, d'ailleurs, de plus: Vous le voulez, et moi aussi. Autrefois et aussi pouvait s'employer dans le sens négatif pour non plus : La faveur du prince n'exclut pas le mérite et ne le suppose pas aussi (non plus) (La Br.). Je n'ai point de bien, vous n'en avez pos aussi (Mol.). Cette construction n'est plus admise dans la règle actuelle.

AHicle III. — Phrase disjonctive ou alternative.

La phrase disjonctive est formée de deux ou de plusieurs propositions liées par la conjonction ou, que l'on renforce quelquefois avec l'adverbe bien, ou en répétant la conjonction devant chacune des propositions coordonnées : L'aveuglement est une cécité morale ou intellectuelle. Demeurez au logis, ou changez de climat (La F. I, 8). Montrez-moi patte blanche, ou je n'ouvrirai point (Idi.lN , 13). Qui de l'âne oudu maître est fait pour se lasser? (Id. III, 1) Peignez-les-moi, dit V aigle, ou bien me les montrez (Id. V, 18).

N'êtes-vous pas souris? Parlez sans fiction.

Oui, l'OMS l'êtes; ou bien je ne suis 23as belette (La F. II, 5).

La contraction est fréquente : Une porte doit être ouverte ou fermée. Mettez deux ou trois soupes dans ce bouillon (Ac). Ou la maladie vous tuera, ou le médecin, ou bien ce sera la médecine (Mol.).

Le bien ou le mal se moissonne, Selon qu'on sème ou le mal ou le bien (Lamotte).

^ Ou signifie quelquefois autrement, d'une autre façon, en d'autres termes : la logique ou la dialectique, le nom ou le substan-

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tif^ Bî/zance ou (ou bien) Constantmople (Ac), etc. On divise les eaux minérales en froides et thermales ou chaudes.

On supprime quelquefois la conjonction ou : Est-ce un bœuf^ un cheval? (La F.).

La coordination disjonctive se marque aussi par autrement: Il y a des gens qui voudraient qn'' un nufcur ne leur 'parle jamais des choses dont les autres ont parlé; autrement on V accuse de ne rien dire de nouveau (Pasc).

La phrase disjonctive, qu'on appelle aussi phrase d'alternative, doit être distinguée de la coordination adversative, à laquelle on la rattache quelquefois ; car, si elle sépare et met en opposition deux choses qui s'excluent, elle ne se prononce ni pour l'une ni pour l'autre, et très souvent mèrne la conjonction ou exprime l'addition plutôt que Talternative, comme dans cet exemple : La grenouille nage ou saule; l'une de ces actions n'exclut pas l'autre, le mot ou dit seulement qu'elles ne se font pas en même temps.

Article IV. — Phrase adversative.

La phrase adversative est formée de deux propositions liées par des conjonctions qui marquent Vexclusion, la restriction ou une smv[)\e opjMsition.

a) Il y a exclusion, lorsque l'une des deux pensées est niée par l'autre, c'est-à-dire lorsque la seconde proposition exprime le contraire de ce qui est énoncé dans la première, de telle sorte que les deux pensées s'excluent réciproquement et ne peuvent pas être vraies en même temps; c'est pourquoi l'une des propositions est toujours affirmative, et l'autre négative.

h) Il y a restriction, lorsque la première proposition n'est exclue qu'en partie, c'est-à-dire qu'elle est seulement Uni itée ou restreinte par la seconde proposition, appelée proposition adversative.

c) Il y a simple opposition ou contraste, lorsque la seconde proposition exprime une différence, c'est-à-dire qu'elle affirme quelque chose d'opposé à la première, sans l'exclure ni la restreindre ; c'est le rapport adversafif proprement dit.

A. Phrase d'exclusion.

§ 2G7 1. h' exclusion se marque par ne... mais ou non . . .mais, qui admet facilement la contraction des propositions : Le soleil ne tourne pas autour de la terre, mais /(/ terre tourne autour du soled. Le premier de tous les biens ji'est pas dans l'autorité, mais da)is la liberté (J.-J. E.). Le fcnnbeau de la critique ne doit pas

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