PHRASE DE RESTRICTION
brûler, mais éclairer (Favart). Ce n'est pas le mot d'inquisition qui nous fait peur, mais la cliose même (Pasc).
Et Rodilard passait, chez la gent misérable,
Non pour un chat, mais pour un diable (La F. II, 2).
2. Quelquefois, pour donner plus d'énergie à la phrase, on répète le verbe après mais .-Les convenances de la nature ne sont pas celles d'un sybarite, mais elles sont celles du genre humain et de tous les êtres (Bern.). — Mais est souvent renforcé par bien ou par lien plutôt : Nous ne roulons pas nous imposer les privations de la vertu, des /o/8, mais bienf/?^.r autres (Boiste). Sa puissance n'est pas diminuée, mais bien plutôt elle est accrue (Ac). — On emploie quelquefois ne. . .plutôt pour marquer une exclusion moins forte que celle qui est exprimée par ne... mais: Il n'avait pas Vair triste; il était plutôt gai.
3. On fait ressortir le rapport d'exclusion en supprimant la conjonction adversative, et dans ce cas la contraction n'a pas lieu : Il n'est pas malade, il se porte bien. La religion n'abat ni n'amollit le cœur: elle VennoUit et rélève. Ce n'est pas le soleil qui tourne autour de laterre, c'est la terre qui tourne autour du soleil. Je ne ixirle pas, fagis(V. Hugo), Ne détruis pas, corrige (Del.). Les propositions peuvent être interverties, et alors la contraction est permise : Il avait des flatteurs, et non pas des amis. U(d)sence est le plus grand des maux: Non pas jjo?//' vous, cruel! (La F. IX, 2.).
L'ancien français marquait l'exclusion par alns, ainçois : Dig ne non de pitié, ains de compassion (Régnier).
«B. Phrase de restriction.
§ 268 1. Quand la proposition adversative oppose à la première affirmation une autre affirmation qui en limite l'étendue, on se sert des conjonctions toutefois, néanmoins, cependant, pourtant : Toujours Vespérance nous trompe, toutefois 7wus la croyons toujours (Boiste). Il lui avait promis de Voiler voir, néanmoins il ne Va pas fait (Ac). Le mal est grand, il ne faut pourtant pas se
désespérer.
Hippocrate n'eut pas trop de foi pour ces gens ; Cependant il partit (La F. VIII, 20).
La conjonction peut être sous-entendue :
Un bœuf est plus puissant que toi; Je le mène à ma fantaisie (Id. II, 9).
Cependant désigne une restriction légère, pourtant une restriction formelle; ces deux conjonctions s'emploient volontiers avec mais. Toutefois et néanmoins laissent subsister ce qui a été dit et se bornent à présenter à côté autre chose qui doit être admis
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en même temps : Cet homme semble honnête^ mais cependant c'est un fripon. V étude du monde ne m'avait rien appris^ et pourtant/e n'avais plus la douceur de l'ignorance (Bern.). Ce convive est affamé; il avait néanmoins déjeuné copieusement. Tous les hommes recherchent les richesses, et toutefois on voit peu d'hommes riches heureux.
Cependant s'emploie encore quelquefois dans sa signification première de peïuiant cela : Vous vous amusez., et cependant la nuit vient.
Ainsi raisonnait notre lièvre, Et cependant faiaait le guet (La F. II, 14). Commençons dans deux jours ; et mangeons cependant La corde de cet arc (Id. VIII, -27).
2. Quand la seconde proposition restreint la première, c'està-dire qu'elle nie ou exclut la rouséqueuce que l'on pourrait en tirer, ce rapport adversatif se marque toujours par la conjonction mais., qui ne souffre pas volontiers l'ellipse: L'autruche a des ailes, mais elle ne vole pas. Uadversité nous accable, mais elle nous instruit. Vous lutntez les palais, mais on vous y maudit (La F. IV, 3). Ils ne mouraient pas tous, HÛL&is fous étaient frappés (Id. VII, 1). J\ii passé les déserts, mais nous n'y humes p)oint (Id. VIII, 9). Passe encore de bâtir, mais planter à cet âge! (Id. XI, 8). La patience est amère, mais ses fruits sont doux (J.-J. R.). — Ellipse de la conjonction : Les secrets de la nature sont cachés : (mais) le temps les révèle d'âge en âge. C'est là tout mon talent :je ne sais s'il suffit (La F. V, 1).
Il peut y avoir ellipse du verbe : Les envieux mourront, mais non jamais l'envie, ou de la copule: Le peuple est violetit, mais exorable, excessif, mais généreux (^Mirabeau).
Il entre; et son cheval le met A couvert des voleurs, mais non de l'onde noire (La F. VIII, "23).
Quelquefois la conjonction mais ne marque qu'une transition pour revenir à un sujet abandonné, ou pour quitter celui dont on parle : Mais revenons à notre affaire. Mais // est temps d'en finir. — Mais s'emploie encore dans la conversation au commencement d'une phrase qui a quelque rapport avec ce qui a précédé : Mais enfin, que dites-vous de cela?-