PROPOSITION SUBSTANTIVE RELATIVE
miné : Celui dont voits parlez est mon ami. Vous devîntes celui qui teiiait votre rang (Mol.). Le plus âne des trois ri' est pas celui qvjion pense (La F. III, 1). Ecoute celui qui fainie (J.-J. R.). Tel qui rampait s'élève et nous étonne (Lamotte).
Quoi que fît ce monde ennemi.
Celui qu'î7s craiçinaient fut le tnaitre (La. F. XI, 1). Je porte à manger A ceux qu'enclôt la tombe noire (La F.). Celui qui met un frein à la fureur des flots Sait aussi des méchants arrêter les complots (Rac).
Le relatif qui peut être séparé de son corrélatif par la proposition principale; dans ce cas on emploie toujours celui-là au lieu de celui : Celui-là est heureux qui sait se contenter de peu. Tel est pris qui croyait prendre (La F. VIII, 9).
Qiiaïul on dit: Celui qui flatte fait une bassesse, qui ne détermine p^s celui, mais celui détermine la peisonne désignée par la proposition qui flatte ou le flatteur, et celui appartient à la proposition subordonnée, et non pas à la principale, comme c'est le cas quand celui rappelle l'idée d'une personne ou d'une chose déjà nommée, comme dans cette phrase : L'ami le plus fidèle est celui (= l'ami) gui nous dit la vérité.
h) Par le pronom relatif absolu qui^ quand l'idée est générale et qu'on veut désigner un individu quelconque de l'espèce : Qui court deux lièvres n'en prend aucun. Qui m'' aime me suive. Mal vit qui ne s'amende. Sauve qui 2Mut. Le mal est que qyd veut faire Vange.1 fait la bête (Pasc). Qui souffre tes mépris les veut bien recevoir (Mol.). Est bien malade qui en meurt. Hardi qui les irait là prendre (La F.). Qui ce fut., il n'importe (là..). Qu'importe qui vous 7nange, homme ou loup? (là. X, 4). Qui sait mal est ignorant plus que qui ne sait pas (J.-B. R.). Qui s'en passe est bien fou (Andrieux), Qu'importe la vie à qui ^j<?/t/ le bonheur? (C. Del.). Que la terre est petite à qui la voit des cieux (Del.). La mort n'a rien d'affreux pour qui 71' a rien à craindre (Corn.).
Pour rendre l'idée de la personne encore plus générale, on se sert de quiconque ou de qui que ce soit: Quiconque a beaucoup de témoins de sa mort meurt toujours avec courage. Le grand jour sert mal quiconque veut mal faire. Les flatteurs vivent aux dépens de quiconque veid les écouter. N'en dites mot à qui que ce soit. Il avait défendu qu'on laissât entrer qui que ce fût dans son cabinet de travail.
Il y a ellipse du verbe après qui, lorsqu'il est distributif et signifie celui-ci, celui-là, l'un, l'autre, comme dans ces phrases : Ils coururent aux armes, et se saisirent, qui (se saisit) d'une épée, qui d'une pique, qui d'une hallebarde. Ils g ont tous contribué, qui plus, qui moins.
La distinction que nous venons d'établir entre ceiuigwi désignant un individu déterminé et qui marquant un individu quelconque de l'espèce, n'existe plus
Ayer, Grammaire comparée. >, 39
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guère dans la langue moiierne où celui qui remplace Tabsolu qui et ne signifie plus ce, mais le : celui qui compile = le compilateur, et non pas ce compilateur.
3. Quand la proposition relative désig-ne une chose, que cette chose soit Individuelle ou générale, elle est amenée dans les deux cas par le pronom relatif conjoint précédé de son corrélatif ce. On généralise au moyen de qiwi que ce soit (§ 102): Ce qui est inutile est toujours trop cher. Tout ce qui reluit n^ est pas or. Par ce qu'?7 a fait on j^eufjuf/er de ce qu'il peut faire. Je prends ce qui me pjlaH. Je prends ce qu'?7 mepjlait (de prendre). La calomnie est ce qui fait le plus de mal. Le ridicule est ce qu'/7 craint le plus. Ce qui irrite la douleur en ces temps Vadoucit en un autre. Et qui sait ce qxx'im jour ce fis peiit entreprendre? (Eac). Je sais ce que je suis, je sais ce que vous êtes (Corn,). Un jour ôte aisément ce qu'un jour a donné. La nature est ce qu'il ij a de plus nécessaire pour arriver au grand (Boil.). Tout ce qu'?7 dit est vérité (Mass.). Ce qui fait le héros dégrade souvent Vhomme (Volt.). — Ce sur quoi je comptais n'est pas arrivé. Il ne réussit en quoi que ce soit.
Jupiter dit un jour : Que tout ce qui respire
S'en vienne comparaître aux pieds de ma grandeur (La F. I, 7).
Un jour arrivera, qui n'est pas loin.
Que ce qu'eue répand sera votre ruine (La F.).
On peut rapporter à la proposition relative cette vieille tournure : Il ft que sage, où que est pris pour ce que avec ellipse de faire : U ft ce que faille sage (§ 191) : Celui-ci s'en excusa. Disant qu'il ferait que sage De garder le coin du feu (La F. V, 2).
On ne peut plus dire avec cpie employé absolument : Cherchez que vous voudrez, comme on dit : Cherchez qui vous voudrez (§ 191). Mais le neutre quoi peut s'employer absolument comme qui: Voilà de quoi j'e voulais vous parler. Voilà à quoi vous devez songer fcf. Voilà de qui je voulais parler. VoUà à qui vous devez songer). Eu pareil cas, après voilà, on emploie qui au lieu de que : Voilà qui est entendu. Voilà qui crie vengeance au ciel (Mol.).
4. La proposition relative est quelquefois répétée dans la principale sous la forme d'un pronom démonstratif ou personnel : Ce que je sais le mieux, c'est mon commencement (Eac). Qui ne mourrait pour conserver son honneur, celui-là serait infâme (Pascal). Quiconque n'est pas sensible an plaisir défaire des Iteureux. il n'est pas né grand, a ne mérite pas même d^ être homme (Mass.). Il est bien âne de nature, qui ne peut lire son écriture (Prov.). Il p)(fsse pour tijran, quiconque s'y fait maître (Corn.). Qui peid taire un complot, lui-même en est coupable (Gresset). Celui que j'aime, je l'aime de tout mon cœur. Ce
§ 285 PROPOSITION SUBSTANTIVE IXTERROGATIVE fill
qu'ow donne aux méchants, toujours on le regrette (Lb, F.). Qui se fait brebis, le toupie mange (Pyoy.). Q.\xi persévérera jusq^ii' à la fin, celui-là sera sauvé (FÎéch.).
Un bienfait perd sa grâce à le trop publier ;
Qui veut qu'on s'en souvienne, il le doit oublier (Corn.).