‹ Cours de langue française (volume 3)Chapitre 377 sur 427 · La proposition substantive abstraite · texte numérisé non relu

La proposition substantive abstraite

(Proposition conjonctive.)

§ 286 La proposition conjonctive peut exprimer :

a) Comme le substantif, Vidée abstraite d'une action, et. dans ce cas, elle est toujours liée par la conjonction que au verbe de la principale: Dieu veuille qu'il guérisse (= sa guérison). Je crois qu'il viendra. Je veux qu'il vienne. Je me réjouis qu'il vienne.

Car on doit souhaiter, selon toute justice,

Que le plus coupable périsse (La F. MI, 1).

b) Comme la proposition principale, les pensées ou les paroles d'une personne (que ce soit la troisième, la seconde ou la première) que l'on rapporte d'une manière directe ou indirecte.

1" Dans le discours appelé direct, on reproduit les paroles et les pensées dans la forme même que leur a donnée celui qui les a prononcées ; les paroles citées ont alors le sens d'une proposition subordonnée, quoiqu'elles aient la forme d'une proposition principale : Salomon disait: La crainte de Dieu est le commencement de la sagesse. lia dit : Je viendrai. Jt lui ai demandé: Viendrez-vous ? L'hirondelle ajouta: Ceci ne va pas bien (La F. I, 8). Le loup reprit : Que me faudrat-il faire ? (Id. I, 5). Jésus a dit : Aimez-vous les uns les autres. Us moururent en criant : Dieu sauve la patrie !

Ecfio redit ces mots dans les airs épa)uius:

Que tout aime à présent : l'insensible n'est plus (La F. XII, 26).

§ 286 PROPOSITION SUBSTAXTIVE ABSTRAITE 613

Souvent, en pareil cas, on intercale la proposition principale

dans l'accessoire avec la forme interrogative : La crainte de Dieu,

disait Salomon, e$t Je commencement de la sagesse. Rends les

armes, dit Xerxès à Léonidas ; celui-ci répondit: Viens les

'prendre.

Certes, dit-il, mon père était un pauvre sire!

Il n'osait voyager, craintif au dernier point (La F. YIII, 9).

2° Dans le discours indirect, on rapporte les paroles citées à la pensée de celui qui parle ou de toute autre personne, et on les fait précéder de la conjonction que qui les fait dépendre d'un verbe déclaratif, c'est-à-dire d'un verbe placé dans la principale et qui exprime ce qui estjyoïsé ou dit (rerha sentiendi et dedarandi), (Lomrn^ penser, dire, croire, savoir, espérer, promettre, etc. : Salomon disait que la crainte de Dieu est le commencement de la sagesse. // a dd qu'il viendrait. CJiarks fit dire an roi de Danemark qu'il ne faisait la guerre que pour l'obliger à faire la paix (Volt.).

Vous savez que nul nest prophète En son pays : cherchons notre aventure ailleurs (La F. YII, 12).

On peut aussi rapporter de cette manière une question, et alors la proposition subordonnée est amenée par la conjonction si on un pronom interrogatif. Dans ce dernier cas la proposition est concrète et mous l'avons étudiée plus haut sous le nom de proposition interrof/atire : Je vous dirai comment la chose s'est passée. Dans le premier cas, la proposition est abstraite comme celle qui est amenée par la conjonction et nous en parlerons plus loin : Je lui ai demandé s'il viendrait.

En revanche, la proposition impérative ou optative n'appartient qu'au discours direct, parce que l'impératif et le subjonctif-optatif sont des modes de la proposition principale qui ne se présentent jamais comme tels dans la proposition subordonnée. Cependant le discours indirect admet quelquefois l'idée impérative exprimée par le subjonctif: Elle crie au second qu'il secoure son frère (Corn.).

JJn de ces gens lui dit que des lions surtout

Il éloignât l'enfant jusques à certain âge (La F. YIII. 16).

De ce qui précède il résulte que la proposition substantive conjonctive est toujours alstraite, mais qu'elle diifère selon qu'elle est amenée par la conjonction que ou la conjonction si: Dans le premier cas. le verbe peut être à Vindicatif ou au subjonctif : Je crois qu'il viendra. Je ne crois pas qu'il vienne. Dans le second cas, le verbe est toujours à l'indicatif: Je ne sais pas s'il viendra.

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