La lyroposition substantive avec que
La proposition substantive amenée par que est en général liée au verbe de la principale comme sujet^ ou comme œmplémetit, ou, ce qui est plus rare, comme prédicat.
Mais la proposition substantive peut aussi se rapporter à un substantif comme complément attributif.
La proposition substantive qui remplit la fonction d'attribut déterminatif ne forme pas plus une classe à part que celle qui est employée comme prédicat; car l'une et l'autre dépendent d'un substantif de la principale qui peut se résoudre en un verbe ou expression verbale dont la subordonnée est le sujet ou le complément^ par ex. : La vérité est que je n'en sais rien = Il est vrai que je n'en sais rien (sujet logique). Il nia exprimé le désir que vous alliez le voir := Il délire que vous alliez le voir (complément direct). 11 n'y a ainsi que deux cas à distinguer, selou que la proposition substantive introduite parjwe exprime le sujet (proposition subjective) ou le complément (proposition objective ou complétive) du verbe de la principale.
a) Proposition objective.
1. La proposition objective remplit la fonction de complément direct ou indirect et se place après les verbes qui se rapportent aux trois grandes facultés de l'esprit humain (connaître, vouloir, sentir) et expriment, soit un acte de la pensée ou de la parole (verbes déclaratifs), soit une volonté ou un sentiment.
Elle est liée au verbe de la principale par la conjonction simple que, qui ne veut être précédée d'aucune préposition, même quand elle amène un complément indirect, sauf dans certains cas où, au lieu de que. on emploie l'expression conjonctive de ce que ou à ce que.
a) Complément direct (ACcn^-àtH.). On peut dire que le Nil est le nourricier de l'Egypte. Cela demande qu'on y réfléchisse. La reli(jion veut qu'on aide son semblable (Ac). On prétend que Thésée a paru dans l'Epire (Rac). Cela fit que ma mémoire ne fut pas flétrie (Mont.). Je les goûtais à peine, et voilà que je meurs (Clién.).
b) Complément indirect. Le datif est assez rare: Je m'attends que vous viendrez demain. Le génitif est plus fi'équeut :
Jl se plaint qu'on le calomnie. Le cheval s' aperçut qu'il avait fait folie (La F. IV, 13). Ou conserve aussi la prépositiou (à, de) avec ce, qui, en pareil cas, perd sa nature démonstrative : Je m'attends à ce qu'il viendra demain. Je tiens à ce qu'il le sache. Il se plaint de ce qu'on le calomnie (Ac).
Dans : Jl se plaint de ce qu'on a fait, chacun des trois mots de, ce, que, a sa valeur grammaticale, de comme préposition, ce comnie pronom démonstratif et que comme pronom relatif; mais dans: Il se plaint de ce qu'on n'a rien fait, ces trois mots ont perdu leur signification première et ne forment plus qu'une expression conjonctire analogue à parce que, et que la langue moderne a le plus souvent remplacée par la conjonction simple que : Il se plaint qu'on n ait rien fait.
L'emploi du inode dans la subordonnée dépend de la nature du prédicat de la principale, selon qu'il exprime la croyance ou la certitude, la volonté ou un sentiment.
2. Après les verbes appelés déclaratifs, qui expriment ce qui est dit on 2^e>isé, comme dire, affirmer, savoir, jurer, croire, jjenser, voir, sentir, espérer, etc., et les expressions analogues, telles que être sûr, certain, etc., ou emploie Vindiccdif dRiis la subordonnée, parce que ces verbes marquent la certitude ou tout au moins la vraisemblance, c'est-à-dire un fait qui est ou que l'on croit réel : Il dit qull partira. Je suis certain qu'il est parti. Je crois qu'U partira. Je gage que tout le monde approuvera tnon choix ÇMol.). Le cheval s'aperçut qu'il avait fait folie (La F.).
Mais les verbes déclaratifs demandent le plus souvent le subjonctif lorsqu'ils sont employés dans une proposition négative, interrogcdive on conditionnelle, parce qu'ils marquent alors le défaut de croyance, le doute ou l'incertitude : Je ne crois pas qu'il le veuille. Croyez-vous qu'il /g veuille ? Si vous croyez qu'd le veuille, soif. — S'il n'y a point de doute ni d'incertitude sur la réalité de l'action, on met l'indicatif : Il ne sait pas que je suis son ami. (Cf. Je ne sais pas s'// est mon ami, V. § 291). Oubliez-vous que Dieu vous voit et vous entend? Si vous croyez quej'zi raison, pourquoi hésitez-vous'^
a) La proposition principale est affirmative. Le subjonctif était assez fréquent dans l'ancien français : Je croy qu'elle n'y soyt plus maintenant (Eab.); mais il est très rare dans le français moderne, surtout dans la langue actuelle : Je pensais, madame, qu'il îsllixt pleurer ÇSM.). Imaiginez-vous que je sms votre père qui arrive (Id.). Je gage cpie tout le monde approuvera mon choix (Id.).
Apprenez que tout flatteur
Vit aux dépens de celui qui l'écoute (La F. I, 2).
Hélas! on voit que de tout temps
Les petits ont pâti des sottises des grands (Id. II, 4).
Il fut démis et l'on tomba d'accord
Qu'à peu de gens convient le diadème ild. VI, 6).
On pensait que ce fussent des Bohèmes (Sév.). Je voudrais bien pouvoir vous mander que ma voix est revenue (Boil.). Je croyais qu'elle meô.Vit fermer les yeuxÇLà..). Ceux qui voyaient la relfie d'' Angleterre attentive à jjeser toutes ses paroles jugeaient bien qu'elle était sans cesse sous les yeux de Dieu (Boss.). 11 soutint que c'était ati sénat àjuyer les autres QHout.). Stenau sentit que ses troupes étaient étonnées (Volt.). Ce magistrat, croyant que ce tumulte ne fût qu'une querelle particulière, voulut interposer son autorité (Id.). Son erreur, c'est f/'avoir cru q^iiun roi pût se résigner (Tliiers). Us pensent que ce soit une sainte en extase (H. de Balzac).
Après les verbes espérer, ])romettre, compter, s'attendre, se flatter, etc., dont l'objet est une action qui doit se réaliser dans l'avenir, on emploie le futur ou le conditionnel, selon que ces verbes sont à un temps présent ou à un temps passé : J'espère que vous viendrez me voir. Je me flatte que ce dégoût et cette lassitude nsiuront jmnt de suite (Rac). Tout le monde s'attendait que le zèle des prélats éclaterait encore plus fortement que celui de tous ces curés (Id.). L'Angleterre compte (pue chaque homme fera son devoir (Lam.).
Supposer ^\gmfi-à\it présumer régit l'indicatif; dans le sens de faire une supposition, il est ordinairement suivi du subjonctif: Je suppose qu'il sera bientôt las de ce genre de vie (Ac), Je suppose qu'un moine est toujours charitable (La F. VII, 3). Supposons que cela soit, quelle conséquence en tirez-vous? Je veux bien signifie Je suppose et veut aussi le subjonctif: Je veux bien qu'il ait tort.
Les verbes comprendre, présumer, ainsi que les expressions on dirait, on croirait, peuvent être suivis de l'indicatif ou du subjonctif: Il comprit rque l'inconstance de la nation avait besoin d'un frein (Mass.). De sa fortune colossale lebonhommecomprenait que, lui vivant, rien ne passât à sa famille (A. Daudet). — On doit présumer que vous connaissez la marche naturelle du cœur humain (J.-J. R.). Tous présument qu'il ait un grand sujet d'ennui (Corn.). — On dirait que ce fleuve est le génie tutélaire de l'Allemagne (Staël). Vous diriez qu'il ait V oreille du prince ou le secret des ministres (La Br.).
Conclure peut se construire avec que : Je conclus qu'il faut qu'on s'entr'aide (LaF.YïlI, 17), mais aussi avec à ce que: L'avocat conclut à ce qu'o>? renût la cause à huitaine.
La proposition amenée par c'est-à-dire que remplit toujours
§ 288 PROPOSITIOX OBJECTIVE 61 7
la fonction de complément direct de dire et doit avoir son verbe à l'indicatif: Vous refusez mes offres ; c'est-à-dire que tout ce qui vient de moi vous est odieux (Ac). C'est donc à dire que vous ne voulez pas obéir (Id.).
Les expressions voici et voiJà^ dans lesquelles entre le verbe voir à l'impératif (§ 88) sont eu réalité des propositions principales qui peuvent être suivies de que avec l'indicatif: Voilà qu'il arrive. Voilà qu'un corsaire de Jalé fond sur nous et nous aborde (Volt.).
A propos de voilà, nous croyons devoir noter ici la remarque de Littré: Au lieu de ne voilà pas, voilà pas, on dit aussi: ne voilà-t-il pas, voilà-t-il pas: Voilà-t-il pas monsieur qui ricane déjà (Mol.). Ne voilà-t-il pas cet abominable hotnme qui me cite Newton? (Volt.). La seule tournure correcte est; ne voilà pas, comme dans cet exemple : Eh bien ! ne voilà pas de nos emportements! (Mol.) ; l'autre est un barbarisme introduit par l'usage. Là, qui est dans voilà, ne comporte pas le t euphonique. Le barbarisme consiste à avoir traité voilà comme un verbe (par ex. va-t-ilj et y avoir joint le t euphonique et le il des verbes impersonnels.
b) La proposition principale est négative. Il faut distinguer les cas suivants :
1" La négation est marquée par l'adverbe ne. Le subjonctif est de règle: On ne ;;?'a pas dit c[ue l'affaire se soit passée ainsi (Mol.). On ne s'apercevait presque pas qu'on parlât à une personne si élevée (Boss.). Ah! je ne croyais pas quil fût si prrès d'ici (Rac). Ses p/remières comédies ne laissaient pas espérer qu'il dût aller ensuite si loin (La Br.). Le jeune pirince plein d'honneur ne pensait pas cqu'il i/eût une morale différente pour les rois et pour les particuliers {Y (At.). N'espérez plus a/ors que l'on vienne à votre aide (Ponsard).
Mais Vindicatif est assez fréquent, surtout s'il n'y a point de doute sur la réalité de l'action : Je ne croyais pas qu'd viendrait sitôt. L'ivrogne ne réfléchit pas que la boisson détruira sa santé. Ne dites plus, mo/isieur. que vous craignez de ne m' avoir pas assez bien entendu (BoiL). 2/ ne pouvait se persuader qu'il leur était importun (La Br.). Les alliés ne savaient pas qu'un long abus de nos forces en Sivait jjresque tari les sources (Tliiers). L'extrême dissemblance des mots ne prouve nullement que l'un ne vient qxis de l'autre (Ampère).
2° La négation est déjà contenue dans le verbe de la principale, comme dans douter., ignorer, nier., disconvenir, démentir, contester, dissimuler, désespérer, etc. Eu pareil cas on emploie le siéjonctif : Je nie cqu^il y ait des revenants. Je conteste qu'il en soit ainsi. Je doute cqu'une si grande perfection soit dans la nature humaine (Mol.), t/'ignorais qu'elle fût cojnédienne (Les.). Il dissimule qu'il eût ^x/r;^ à cette action (Girault-Duvivier).
Il désespère que cette affaire réussisse (Ac). On trouve des exemples avec Vindicatif: Nier cette vérité c'est nier ([iCil fait jour en plein midi (Ac).
Le verbe ô^er demande aussi le subjonctif: i/s ôtent de l'histoire que Socrate ait dansé (La Br.).
Tout eri tout est divers: ôtez-''oi(s de l'esprit
Qu'aucun être ait été composé sur le vôtre (La F. IX, 12).
Le verbe ignorer signifie tie pas savoir et demande conséquemment le subjonctif: J'ignorais rju'il fût arrivé (Ac), excepté lorsqu'il ne met pas en doute la réalité de l'action, comme dans cette phrase : // ignore que la terre est ronde. Ne 2)as ignorer est affirmatif et veut dire savoir ; de là l'emploi de l'indicatif; il en est de même de ne pas dissimuler, qui équivaut à avouer: Il n'ignore pas qu'on /'a trompé. Je ne me dissimule pas qu'il // aura hien di'S difficultés à vaincre. Douter et nier employés avec ne sont également affirmatifs et devraient être suivis du subjonctif, comme dans ces exemples : On ne saurait plus douter qu'on en peut rire sans blesser la bienséance (Pasc). On ne saurait douter que les Germains achetaient leurs femmes (Guizot).
Je ne vous nierai point, seigyieur, que ses soupirs Af' ont daigné quelquefois expliquer ses désirs (Rac).
Mais l'usage veut le subjonctif avec la particule ne:
L'époux alors ne doute en aucune manière Qu'il ne soit citoyen d'enfer (La F. III, 7).
Je ne puis pas nier qu'il n'// ait eu des pères de V Eglise qui ont condamné la comédie (Mol.). T o?<.s ne sauriez nier qu'un homme n'apprenne hien des choses quand il voijage (F^n.). Il en est de même après désespérer, disconvenir, contester, emploj'és négativement : On ne désespère pas que vous ne soyez riche un jour (Ac). Je ne conteste pas que toutes vos expressions ne soient françaises (Boil.). On ne peut disconvenir que les p)lantcs ne soient des corps organisés et vivants (J.-J. E.). Cependant cette construction avec ne n'est plus de rigueur aujourd'hui, et il est permis de dire : Je ne doute pas que cela soit. Il y en a des exemples même dans les écrivains classiques : Je ne nie pas qu'il ait raison (J.-J. R.). L'Académie dit également : Vous ne sauriez disconvenir qu'il ne vous ait parlé, ou qu'il vous a parlé. 8i le sens de la subordonnée est négatif, on emploie la négation pleine ne . . .jias : Je ne doute pas que vous ne l'agez pas fait.
Quand ces verbes sont construits interrogativement. on emploie également le subjonctif sans la particule ne : Disconvenez-vous qu'd vous ait parlé? Ignorer tait exception et
régit l'indicatif: Ignorez-vous 3?/ ?7 a voulu vous nuire? A^rès douter l'emploi de ne est facultatif: Doutez-vous que je sois malade? Doutez- vous que je ne tombe malade, si je fais cette imprudence? (Ac).
3** L'idée négative est donnée par les déterminations du verbe. Le subjonctif: Il est bien loin de croire que cela soit permis à des juges (Pasc). Que vous êtes simple de dire qu'il ij en ait (Id.). Plutôt que d'accorder qu'il faille dire la forme d'un chapeau, f accorderai que je ne suis qu'une bête (Mol.)- ^'ai peine à croire que vous ayez assez de puissance pour rmnpre ce charme (Rac). — Uiiulicatif : On aurait de la peine à faire voir que l'Iliade est aussi bien appuyée (Boil.)- Nous n'avons pas le courage de dire en général que nous w'avons point de défauts . (La Rocli.). C'est une erreur de croire qu une même pensée^&wX s'écrire de plusieurs manières (V. Hugo).
c) La proposition principale est interrogcdire. Quand la question demande une réponse et que celui qui parle est incertain sur la réalité de l'action énoncée dans la subordonnée ou sur l'opinion de la personne interrogée, le verbe de la subordonnée se met au subjonctif: Croyez-vous que Vhahit m'B.iWQbien? (Mol.). Est-ce que vous trouvez, mon père, que ce ne soit pas assez? (Id.). — Mais on emploiera l'indicatif s'il n'y a pas de doute sur la réalité de l'action : Pourquoi ne w'as-tu p>as dit que tu étais malade? Ah! mon fils, pourquoi n^&vez-vous pas pensé que vous aviez un père, je pense si souvent que j'ai un fis? (Sedaine). Sais-tu bien que Vacteur dont nous parlons est un sujet rare? (Les.).
Si l'interrogation n'est qu'une forme oratoire pour renforcer la négation, le verbe de la subordonnée se met au subjonctif : Après cela, mon père, direz-vous encore qu'Aristote soit de votre opinion? (Pasc).
Quelqu'un aurait-il jamais cru
Quun lion d'un rat eût affaire (La F. II, 11).
Peux-tu penser que le gouverneur du Paraguay consente à donner sa fille à un étranger? (Flor.) ; — et plus souvent à Vindicatif : Doit-on conclure qu'un homme est coupable jMr ce qu'il est accusé? Non, mon père (Pasc). Est-ce que vous croyez que je veux parler de vous? (Mol.). Croirai-je qu'urie ?iuit a pu vous ébranler ? (Eac). Qui vous a dit que le sort sera constaînment heureux pour vous seul? (Mass.).
d) La proposition principale est conditionnelle. Le subjonctif: Si vous croyez que je puisse vous être bon à quelque chose à Bourbon, n'en faites point de façon (Rac). S'//s avaient pu
prévoir que César se fût amusé à sa guerre d'' Alexandrie, Us n^auraient pas fait la paix (Mont.). — 1j indicatif : Mon ami, si vous trouvez que y 'ai fait mon devoir à propos, pardonnez à mon père (Augier).
3. Après les verbes qui expriment un acte de la volonté, comme voidoir, aimer, préférer, désirer, prier, exiger, consentir, mériter, permettre, défendre, etc., on met toujours le subjonctif, à la seule exception des verbes qui expriment une résolution : Je veux qu'il parte. Il aimait fpi'on lui dît la vérité.
Après les verbes qui expriment une résolution, tels que arrêter, décider, décréter, résoudre, etc., on emploie Vindicatif, soit le futur ou le conditionnel, selon que ces verbes sont à un temps présent ou à un prétérit : Le sénat ordonna rpie le champ de Béguins serait cultivé aux frais de la république.
a) Verbes exprimant une volonté directe pour ou contre : vouvoir, désirer, souhaiter , demander, commander, exiger, prier, tâcher, etc. ; — aimer, piréférer, faire, avoir soin. etc. ; — garder, prendre (farde, empêcher, éviter, etc. : Voulez- ro^^s qu''il vive en ermiteY (La F. X, 6).
Son fils prétendait pour cela
Qu'on le dût mettre dans Vhistoire ( La F. VI, 7).
Je souhaite que cet accord se fasse au jjIus tôt (Eac). Demand€-^o>^ () des béliers qu'ils )i'a,ien.t qxts de cornes? (La Br.). Le roi de Prusse lui fit proposer alors qu'elle lui cédât la basse Silésie (Volt.). — J'aime qu'on soit sincère (Mol.). Si Je ne jjuis faire epi'il soit heureux, je tâcherai au moins de faire qu'' il soit sage (J.-J. E.). — Je défends qu'on prenne les armes (Volt.).
Les verbes dire, écrire, entendre., préte)uJre. avertir, mander, crier, sont pris quelquefois dans le sens de vouloir et demandent le subjonctif; ainsi dans la phrase suivante : Dis-lui ([ue je suis empêché et qu'il revienne une autre fois, le verbe dire exprime en premier lieu un jugement (verbe déclaratif), et ensuite une volonté; c'est pourquoi il demande Tindicatif dans la première proposition subordonnée, et le subjonctif dans la seconde : Je lui ai écrit que son <nni était de retour. ^CTIS-Iui qu'il revienne. — J'entends qu'il vient. J'entends que vous nie teniez parole. — Je prétends que cela n'est qias vrai. Je prétends bien equil me cède. — Je vous avertis qu'il est de retour. Avertissez-/^' qu'il remplisse mieux ses devoirs. — Je lui ai mandé que tout était qjrét pour le recevoir. Je lui ad mandé qu'il vînt. — // crie aux oreilles de tout le monde qu'on lui a fait une injustice. On a crié à son de trompe que chacun eût à rendre ses (vrntes (Ac).
Après le verbe empêcher et après l'impératif des verbes ^YvYe/-,
garder et prendre garde, on met toujours ne dans la subordonnée : Empêchez qu'il ne parte. Evitez qu'il ne vous parle. Gardez qu'on ne vous voie. Prenez garde qu'on ne vous séduise. Il marche., dort, mange et boit comme les autres, tnais cela 7i' empêche pas qu'il ne soit fort malade (Mol.). Mais empêcher peut aussi se construire sans ne dans la subordonnée: Empêchez qu'un rivcd vous prévienne et vous brave (Corn.).
h) Verbes exprimant une volonté indirecte pour ou contre : permettre, souffrir, consentir, accorder, agréer, endurer, tolérer, désapprouver, trouver bon, trouver mauvais, etc. : Je consens qu'une femme ait des clartés sur tout (Mol.). Je serais bien injuste si je trouvais mauvais qu'on ;» 'attaquât à mon tour (Boil.). Agréez, monsieur, que je prenne part à la joie publique sur le choix que le roi a fait .de vous (Fléch.). Souffrez que Bajazet voie enfi)i la lumière (Volt.).
Consentir peut être suivi de « ce que avec le subjonctif: Je consens volontiers à ce que le ministère et ceux qui le soutiennent me foulent aux pieds (Lam.).
Les verbes admettre, concevoir, et peut-être d'autres, demandent le subjonctif ou l'indicatif, selon que l'on peut les considérer comme verbes déclaratifs ou verbes de volonté exprimant un simple consentement : J'admets que l'effet est contenu dans la cause. Admettons qu'il en soit ainsi. — Je conçois bien que le grand être, le maître de la ncdure est éternel (Volt.). Je conçois que vous n'o-yez pas peur de moi (G. Sand).
c) Verbes exprimant une résolution : arrêter, décider, décréter, résoudre, exiger, convenir, etc. : Ordonné qu'd sera fait rapp)ort à la cour (Rac). On décida que les images seraient honorées (Pasc). On exigea d'eux qu'ils remettraient aux Romains la place et le port de Lylibée dans la Sicile (Vertot). Dioclétien ordonna que les chefs des Manichéens seraient brûlés avec leurs écrits (Cond. ). La majorité conventionnelle décida que Louis XVI serait jugé par la Convention (Mignet).
Bésoiidre tt obtenir veulent le swèjo/^c^//" aussi bien que l'/wdicatif: Ils résolurent que ses ennemis seraient réputés ennemis de l'Etat (Vertot). Le roi avait résolu dans son cabinet qu'il n'y eût plus de guerre (Rac). — Il obtint de lui qu'd les confesserait en son absence (Id.). Le père Annat obtint qu'ils fussent mandés au Louvre (Id.).
Convenir est ordinairement suivi de Vindicatif (futur ou conditionnel), mais aussi du subjonctif : Nous nous séparâmes après être convenus que nous nous verrions tous les soirs (Les.). Ils convinrent que cela fût fait (Littré). Ce verbe peut aussi être déclaratif et alors il veut toujours l'indicatif: Convenez
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que vous aviez tort (Ac). Il convenait que le disciple avait surpassé le mmtre (Flor.).
4. Après les verbes ou expressions verbales qui expriment un sentiment ou un mouvement de Vâme, tels que se réjouir, s'affliger, se plaindre, se repjentir.
Tous ces verbes peuvent se rapporter à des verbes déclaratifs qui régissent alors le subjonctif : On a honte d'avouer q u''on ait de la jalousie (La Roch.). Je me pjlains de toi qui peux mettre dans ta pensée que je sois assez mauvais père pour faire violence à tes sentiments (Mol.).
a) Verbes exprimant Yétonnement ou la surprise : Je m'étonne qu^il ne voie pas le danger où il est (Ac). Ecoute et tu te vas étonner que je vive (Rac). Je suis surpris que vous ne r Siy ez pas rencontré.
b) Verbes exprimant la joie et le plaisir : Xous sommes heureux qu'il n'en ait rien su (Ac). Je suis ravi, monsieur, que votre file ait besoin de moi (Mol.).
c) Verbes exprimant VafflirfionAsi douleur, la }ionte,\-à plainte, la crainte, etc. Je serais fâché qu''o)i CTxuXtout celade moi (Pasc). Coquin, je me repens que ma main t'oAX fait ^rôce (Mol.). 77 se ^IdÀxit^iton /'ait calomnié (Ac).
Parnif ces verbes, ceux qui expriment la crainte demandent ne ou ne . . .pas dans la proposition subordonnée, selon que cette proposition a un sens positif ou négatif: Je crains qu'il ne pleuve. Je crains cqu'il ne pleuve pas. Je courrais risque qu'il ne m'abandonnât. Si ces verbes sont employés négativement, la subordonnée ne prend pas 7ie : Je ne crains pas qu' il pleuve. S'ils sont employés interrogativement, le verbe suivant prend ou ne prend pas ne, selon que l'interrogation peut se résoudre affirmativement ou négativement : Craignez-vous cqu'il ne pleuve? Craignez-vous que je vous abandonne?
Après les verbes de sentiment qui régissent un complément indirect, à l'exception de craindre, regretter, on conserve quelquefois la préposition (de) avec ce, qui, en pareil cas, comme on l'a vu ci-dessus, perd sa nature démonstrative, et de ce que devient une locution conjonctive, qui veut le verbe à Vindiccdif: Il se plaint de ce qu'on u'b. rien fait. Ainsi on dira avec l'indicatif: Il se plmnt de ce que vous /'oubliez, et avec le subjonctif: Il se plaint que vous /'oubliiez. On trouve aussi l'indicatif avec que simple et le subjonctif avec de ce que :
La mouche, en ce ccunnun besoin.
Se plaint qu'elle agit seule et qu'elle a tout le soin (La F. VII, 7).
Nous nous sommes plaints que la mort, ennemie des fruits que nous promettait la princesse, les a ravagés dans la fleur (Boss.).
— Il était très mortifié de ce que cette scène se fût passée chez lui (Les.).
Quand la proposition conjonctive précède la principale, le verbe subordonné se met toujours au subjonctif : Que fout homme fuie la douleur ^ cela est certain. Qu^il ait composé VOdyssée depuis V Iliade., j'en pourrais donner plusieurs preuves (Boil.), Or., qu'un grand piersonnage descendît lui-même sur Varène ou montât sur le théâtre, la gravité romaine tie le souffrit pas (Mont.).
5. Le verbe de la proposition conjonctive exprimant un attribut se met à Vindicatif ou au subjonctif, selon que le verbe d'où est formé le substantif déterminé par cette proposition exige l'un ou l'autre mode : L'égoïste fait un petit cadeau dans l'espérance qu'il en recevra un grand ; ici Vindic-àtif ])-àYce qiie espérer veut ce mode. Le hasard avait détruit la possibilité que cela fût ; il est possible demande le subjonctif.
6. Le verbe de la subordonnée exprimant un prédicat se met à Vindicatif ou au subjonctif., selon le sens de la principale : La vérité est que personne n'en sait rien. Il n'y a que de l'avantage pour celui qui parle peu, la présomption est qu'il a de l'esprit (La Br.). Tout ce qui ni embarrasse, c'est- que je ne suis pas encore à Burgos (Les.). Ce qu'il y a de surprenant dans ces guerres, c'est qu'une bataille décidait presque toujours l'affaire (Mont.). Mon avis est qu'on le remette sur son lit (Mol.). Le véritable éloge d'un poète, c'est qu'on retienne ses vers (Volt.).
Ce qui le consola peut-être Fut qu'un autre eût, pour lui, fait les frais du cordeau
(La F. IX, 16).
La proposition siibstantive exprimant le prédicat se présente surtout dans les phrases où il y a eu échange entre ce membre et le sujet de la proposition : La vérité est que personne n'en sait rien = Que personne n'en sait rien est la vérité.
b) Proposition subjective.
1. Lorsque la proposition substantive exprime le sujet logique ou réel de la principale, elle dépend toujours d'un verbe impersonnel, dont le sujet grammatical se met en tête de la phrase sous la forme du pronom // ou ce.
La proposition substantive subjective ne peut se placer avant le verbe que lorsque le sujet grammatical n'est pas exprimé : Qu'il soit parti est chose peu probable.
2. L'emploi du mode est à peu près le même que dans la proposition substantive employée comme complément.
a) Les verbes et locutions impersonnelles qui marquent la certitude ou la vraisemblance peuvent être considérés comme
verbes de croyance et demandent Vindicatif : il parait, il arrive, il résulte, il s'emuit, il est vrai, il est sûr, il est certain, il est évident, il est clair, il est probable, il est vraisemblable, etc. : Il est certain cpill partira (Qt/ est-ce c^ui est certain ? — Qu'il partira, sujet). C'est un fait certain qu'il est parti (Qu'est-ce qui est un fait certain ? — Qull est parti, sujet j. Il paraît que cela est vrai. Il était évident rpie cela arriverait. 7/ est probable que nous le trouverons chez lui. Il y a de l'apparence qu'il disait vrai (Kac).
Ellipse de il : D'où vient qu'on ne le voit plus ?
Mais ces verbes demandent le subjotictif lorsqu'ils sont employés dans une proposition négative, interrofjafive ou conditionnelle : Il n'est pas vrai qu'il ait dit relu. Est-il sûr qu'ilvienne? S'il arrivait qu'on se moquât de moi, d n' i/ aurait pas grand mal (Volt.).
Les exceptions ne sont pas rares : Il n'est donc pas vrai, comme on l'assure, qu'elle est votre cousine (Scribe), N'est-il pas évident que c'est la même trame? (Rac).
Les verbes et locutions impersonnelles il se peut, il est douteux, il est possible, il est impossible. Il est difficile, il est rare, il est faux, demandent le subjorn-tif, lors même qu'ils ne sont pas accompagnés d'une négation, pai'ce qu'ils expriment par eux-mêmes le défaut de croyance, le doute ou l'incertitude : Il est possible qu'il vienne. // est rare qu'd sorte de chez lui. Il est très faux que les Oriodau.r aient 2)lus de vivacité d'esprit que les Européens (Boil.). // est difficile qu'un fort malhonnêfe homme ait assez d'esprit (La Br.). — On trouve aussi Vindicatif: Estil possible que vous serez toujours embéguiné de vos apothicaires et de vos médecins? (Mol.),
Après les locutions d semble, on emploie l'indicatif ou le subjonctif, selon le sens : Il me semble cpie sous les ombrages d'une forêt je suis oublié, libre, paisible (J.-J. R.). Il semble que la présence d'un étranger retient le sentiment (là.). Il me semble que mon cœur veuille se fendre par moitié (Sév.). Il nous sembla que nous fussions seuls daiis le monde (Mont.). A voir le 2)erroquet, il semble qu'd soit fier de son beau plumage.
h) Après les verbes ou locutions impersonnelles qui expriment la nécessité, on emploie toujours le subjonctif: d faut, il convient, il importe, il suffit, il est urgent, il est nécessaire, U est temps, etc. -.Il îsiut qu'd parte. Il importe que vous gardiez ce secret. Il est temps qud parte. // suffit qu'on me craigne (lîac.\ Il suffit quà la fin /'attrape le bout de l'année (La F. VIII, 2). Il importe que vous y soyez (Girault-Duvivier). Avec ce et une expression se rapportant à la volonté : Toute la grâce que je
Dous demande, c'est qu'il me soit jjermis de vous répondre en même temps à tous deux (Ra,c.) (= C'est toute la grâce que je vous demande qu'il me soit permis , . .).
Il plaise, il plût, il tient à, il dépend de sont des verbes de volonté qui ont la forme impersonnelle et demandent aussi le suhjonctif : ADieii ne plaise que Je consente Jamais à cette bassesse. Plût à Dieu qu'on réglât ainsi tous les procès! (Jj2i F. I, 21). Il ne tient qu''à toi que cela se fasse.
// suffit peut être suivi de l'indicatif comme du subjonctif: Il suffît que son bras a travaillé pour nous (Corn.). Suffit qu'entre mes mains vos affaires soient mises (Mol.).
Il s'en faut négatif ou interrogatif veut ne: Il ne s'en faut pas de beaucoup que ko somme n'y soif. Peu s'en est fallu que je ne vinsse (Ac). Combien s'en faut-il que la somme n'y soit?
c) Après les verbes ou locutions impersonnelles qui expriment un sentiment ou un mouvement de l'âme, on emploie le subjonctif : Il est étonnant que vous ne le sachiez ^x/s. Il est fâcheux qu'on n'ait 2)as su cela plus tôt. Mieux vaudrait qu'il fût mort. C'est dommage qu'il soit parti. C'est une chose étrange qu'on ait néanmoins de quoi nous en convaincre (Pasc). C'est leur félicité que Dieu ait permis qu'il ij ait dans ce monde des Turcs et des Espagnols (Mont.). C'est déjà trop que mon imprudence ait pu vous compromettre (Scribe). Il peut y avoir inversion : .Que je les paie ou non, ce n'est pas ton affaire (Régnier). Cela pour ce : Que ce goût lui fût naturel, cela n'est pas douteux (Nisard). La proposition principale est quelquefois elliptique : Quel bonheur (c'est) quil ne soit ^jc/s venu. Dommage (c'é^^^^ qu'il soit parti.
On trouve aussi des exemples de Vindicatif: Il est très remarquable que toutes les mers sont remplies de coquillages uni valr es (Bern.). C est une chose admirable que tous les grands hommes ont toujours du caprice, quelque grain de folie mêléà leur science (Mol.).
C'est dommage. Garo, que tu n'es point entré
Au conseilde celui que prêche ton curé (La F. IX, 4).
c) Réduction de la proposition substantive abstraite.
1. La proposition substantive amenée par ^we s'abrège au moyen de l'infinitif, précédé le plus souvent de la préposition de.
2. La proposition intinitive peut exprimer, comme la proposition substantive :
a) Le compléme7it du verbe de la principale, ainsi que le pré-
Ayer, Grammaire comparée. 40