La proposition adverbiale de hut est amenée
a) Par les conjonctions afin que, pour que, de crainte que, de peur que.
Afin que, pour que expriment simplement le but de l'action énoncée par le verbe de la principale : On enterre les cadavres afin qn^ils n'infectent pas l'air. Pardonnez à vos enriemis, afin que Dieu vous pardonne aussi un jour. A Rome on inhumait les morts sur le bord des chemins, "pouv q\ie cela servît d' enseignement aux passants. Montrez à Dieu toutes les j^laies de votre cœur, afin qu'il les guérisse (Fén.). Pour qu^uue innovation soit pacifique, il faut qii'elle ne soit pas contestée (Mignet).
On abrège ces propositions au moyen de Vinfînitif, précédé de apn de ou pour: On tire le cano)t sur une place assiégée pour y faira une brèche, et afin de pouvoir la prendre d'assaut ou de Vohliger de se rendre (Girard). Je consens à me perdre pour la sauver (Corn). Lui-même y court pour /«'être pas trompé (La F.). Souvent, dans la même phrase, afin ou p)our se construisent des deux manières, avec le subjonctif ou avec l'infinitif: Pour que Von soit heureux, il ne faut pas faire trop ' d' efforts -pour r être (Bescherelle).
Lorsque la proposition finale est amenée par pour, la principale exj5rime en général le moyen pour arriver au hut énoncé par la subordonnée (§ 300) : On étudie pour apprendre (On apprend en étudiant).
De crainte que, de peur que marquent un but, un résultat que l'on veut éviter, et, pour cette raison, veulent la particule ne dans la subordonnée : Fermez la porte, de crainte qu'// ne sorte. Retirez-vous de peur qu'// ne vous maltraite. Cachez-lui votre dessein, de peur qu'il ne le trarerse(Ac.).Le roi de Pologne joue tous les soirs à colin-maillard: on le fait jouer, de peur qu'?7 ne s'endorme (Rac).
On abrège au moyen de Tinfinitif précédé des locutions de crainte de, de peur de: On y parle peu, de crainte de se méprendre (La Br,). Il faut rire avant d'être heureux de peur de mourir sans avoir ri (Id.).
b) Quelquefois par la conjonction simple que, après l'impératif, ainsi qu'après les verbes aller, venir: Viens, (afin) que je te dise un mot. Descends, que je t'embrasse (La F. II, 15). Retirez-vous, (de peur) qu'// ne vous maltraite. Sors vite, que je ne f assomme (Mol.).
E. Proposition conditionnelle.
1. La proposition adverbiale appelée conditionnelle est celle qui exprime une condition ou une supposition.
Elle est amenée par la conjonction si ou par une conjonction composée : Si vous persévérez dans votre entreprise^ vous réussirez. Vous réussirez dans votre entreprise, pourvu que vous persévériez; — ou bien elle revêt la forme d'une proposition principale : Persévérez dans votre entreprise, et vous réussirez.