soit que. . .soit que, avecrle subjonctif
II. Concession supposée: quand [même], avec le conditionnel. III. La proposition concessive a la forme d'une principale.
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2. La proposition concessive exprimant Vohstacle réel a son verbe au subjonctif; elle est amenée par des mots différents selon qu'elle est affirmative, c'est-à-dire qu'elle exprime un obstacle dâerminé, ou. (liVelle est interrogatiueet marque Tidée concessive dans sa plus grande étendue.
A. Quand la proposition est affirmative, elle est amenée par les conjonctions quoique, bien que, encore que, nonobstant que : A jympremerit parler, les méchants ne sont jms capables de la vertu, quoiqu'ils "pairaLissent Irt jjratiquer (F en.). Nous comptons toujours sur Vacejiir, bien qu'il ne nous appartienne ^^as. L'envie honore le mérite, encore qu'elh- s'efforce de l'avilir. Je vous aime, nonobstant que vous w'ayez fait bien du mal{J.-J.'R.).
Lorsque quoique, bien que, encore que, sont construits avec être, on peut supprimer le verbe, si les deux propositions, principale et subordonnée, ont le même sujet : Quoique i divisibles, il est toujours deux témoins qui nous regardent : Dieu et la conscien4^e(Fèn.). Bien que renversé à terre, il se défendait encore. Vous en êtes la cause, encor qu' innocemment (Corn.).
Au lieu de quoique, on se sert aussi de mêine avec les conjonctions temporelles lors... que et alors... que, qui demandent Vindicatif: C'est un homme qui a le secret de qdaire, lors même qu'il contredit. Nous devons obéir aux lois, alors même que nous les croyons injustes. — Quand même s'emploie plus rarement : Quand même vous le diteSfjenele crois pas.
i) La concession réelle peut encore s'exprimer par si, avec une conjonction adversative dans la principale : Si je n'ai pas réussi, toujours ai-je fait mon devoir (Ac).
2) Malgré que, signifiant quoique, n'est usité qu'avec le verbe avoir: Il faut se divertir, malgré qu'o/i en ait (Sév.).
B. Quand la proposition a le sens interrogatif, elle est amenée par le pronom relatif 5^2" ou que se rapportant :
a) A un pronom interrogatif àésign-ànt Va personne, la chose, la qualité ou les circonstances de l'action : Qui que ce soit qui l'ait dit, l(/ chose est fausse, équivaut à : Que celui-ci ou celui-là l'ait dit, la chose est fausse; seulement l'idée indéterminée ressort davantage quand le pronom est placé en tête.
1" Pronoms substantifs désignant Va personne: qui qui. qui que. Aujourd'hui le nominatif qui qui est toujours périphrase par qui que ce soit qui : Qui que ce soit qui fait dit, la chose est fausse. — L'accusatif qui que ne s'emploie que comme prédicat avec être ou comme complément direct : Qui que ce soit, parlez et ne le cndgnez pas (Rac). Je Ven ferai rejyentir. qui que ce 2niisseêtre. Qui que rot/s blâmiez, faites-lesansamerturnc. Après une préposition, qui que se périphrase toujoui's par qui que
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ce soit que : De qui que ce soit que ^■'ous ayez à vous plaindre^ on vous rendra justice.
2" Pronom substantif désignant la cJiose: quoi que: Quoi que vous étudiiez., il faut vous y livrer avec ardeur. Quoi que vous écriviez., évitez la bassesse (Boil,). Quoi que peut se périphi'aser par quoi que ce soit : Quoi que ce soit q}i*elle dise, elle ne me persuadera pas.
L'expression avoir beau, suivie d'un infinitif, a la valeur d'une locution concessive ; /'eus beau faire et beau dire, il persista dans sa résolution. Et vous aurez beau dire.
Dès ce soir on vous fera frire (La F. V, 3).
3° Pronom adjectif quel : Je faime toutefois, quel que tu puisses être (Corn.). Quels que soient les humains^ il faut vivre avec eux (Gresset). On construit de cette manière le pronom absolu lequel : Lequel des deux qui vienne, qu'il tâche surtout de venir (J.-J. E.).
4" Oii est aujourd'hui le seul pronom adverbial qui puisse amener une proposition concessive: Où que vous alliez, conformez-vous aux mœurs du pays. Je m' obstinai à vouloir paHir dès le même jour, plutôt que de rester caché où que ce pût être (J.-J. R.).
Sauf où, les pronoms iiiterrogatifs adverbiaux ne peuvent plus s'employer dans la proposition concessive: on liouve cependant quelques exemples avec comme que et combien que: Comme que tout aille, peu importe au prétendu sage., pourvu qu'il reste en repos dans son cabinet (J.-J. R.). Combien que les malhonnêtes gens prospèrent, ne pensez pas qu'ils soient heureu.c (.Marm. i.
5" On emploie encore de cette manière quelque ou tel se rapportant k un substantif avec lequel il s'accorde : Une femme, quelques grands biens qyCelle apporte dans une maison, la ruine bientôt, si elle y introduit le luxe. Je veux Vavoir à tel prix que ce soit. Quelques découvertes que Von ait faites dans le pays de V amour-propre, il y reste encore bien des terres inconnues (La Roch.). De quelque côté que Von se tourne, ce monde est rempli d^microches (Volt.). De quelques superbes distinctions que se flctttent les hommes, ils o)it tous la même origine (Boss.). On trouve aussi dont : Quelques calomnies dont on a voulu me noircir, fai pardonné (Boil.). Mais il faut éviter d'exprimer à double le même rapport (§ 292) : Dans quelque prévention où Von puisse être sur ce qui doit suivre la mort, c''est une chose bien sérieuse que de mourir (La Br.).
Quel. . .qui ou que au lieu de quelque. . .qui ou que est seul correct, le que dans quelque est parasite. Ce barbarisme, comme l'appelle à juste titre Littré, n'a prévalu qu'au XVIP siècle, et l'on trouve encore dans Molière la forme correcte quel . . . que : En quel lieu que ce soit, je veux suivre tes pas (Les Fâcheux.,
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III. 4). L'usage actuel veut donc que Ton dise : J'irai vous voir, quelque fcDrps qu'il fasse, et non quel tenqjs qu'il fasse, qui seul est régulier. De là la distinction que l'on établit entre quelque. . .que, où quelque est adjectif ou plutôt nom de nombre indéfini et conséquemment variable : quelques bons amis que noîis ayons, et quelque . . . que, où, comme on le verra ci-après, quelque est adverbe et par suite invariable: quelque èows atnis que nous soyons.
?r\ quelque -dvec son substiintif est sujet, gue est remplacé par gui comme relut it :
Quelque ennui qui le presse,
Il ne voit dans son sort que moi qui s'intéresse (Rac). Maison évite cette tournure au moyen de quel que: quelque soit le serment qui vous engage. De même, au lieu de : quelques /(ommes que ce soient, dites: ces hommes, quels qu'ils soient.
h) A un adverbe si. . .que, quelque. . .que, tout. . .que, et la proposition concessive exprime l'idée d'une qualité ou d'une quantité dont on fait ressortir V intensité ou la grandeur à un degré quelconque. Ici l'adverbe remplace le pronom interrogatit coinhien, marquant la quantité ou l'intensité : Si (= combien) mince qu'// soit, uït. chereu fait <le Vomhre. Si i^eu que vous puissiez faire, faites-le. Tout iufailliljlcs qu'ils sont, les géomètres euxmêmes se trompent souvent (Pasc). Quelque fins politiques que fussent Burrhus etSénèque, ils ne purent découvrir le fond du cœur de Néron (St. -Real). Tout. . .que s'emploie quelquefois avec le subjonctif: Tout notre gendre que votts soyez, il y a une grande différence de vous à nous (Mol.). Tout auteur que Je sois, je ne suis pas jaloux (Règw.). Tout gra)ul jurisco)isulte que Je sois, Je me trouve hie?i empêché à y répondre (Volt.). Tout intéressante que soit cette question, elle demeure presque insoluble (Chat.) ; mais l'indicatif est plus conforme à l'usage: L'espérance, toute trompeuse qu'elle est, sert an moins à nous mener à la fin de la vie par un chemin (///rw/>/^ (La Eocli.). Tout wo>fqu'y7 paraissait, // avait l'air menaçant (Les.).
1) Dans les phrases concessives de cette espèce, le mot que remplit réellement la fonction d'un pronom relatif: si mince qu'/i soit (= il soit que. c'està-dire mince).
2) Pour . . . que est quelquefois employé dans le sens de quelque . . . que : Pour grands que soient les rois, ils sont ce que nous sommes (Corn.). Il nen est pas ainsi des douleurs de Vànie, qui. pour vives qu'elles soient, portent toujours leur reinMe avec elles (.].-,] . ï\.). Cette construction est vieillie et n'est encore usitée que dans l'expression pour peu que, qui sert le plus souvent à exprimer la condition (§ 3tM3) : Pour peu que l'on mange, ne mange-t-on pas toujours assez? (Les.). Pour peu que vous donniez, donnez pour l'exemple (Boiste).
c) Quand on admet dans la proposition subordonnée la possibilité de diverses actions, le sens concessif est marqué par
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la disjonction an moyen des expressions soit que. . .soit que (ou que), ou simplement par que. . .que avec le subjonctif; c'est ce qu'on appelle quelquefois la concession alternative : Besjyectez la vérité, soit quelle vous profite, soit (\yx\dle contrarie vos intérêts. Soit que je vécusse ou que Je mourusse, je 71' avais point de temps à perdre (J.- J. E.). Qu^7 Je fasse ou qviil ne le fasse pas, il en sera pour ses frais. Le verbe peut être sous-entendu : Il s'acquitte de son emploi que bien que mal (Ac).
Que bien, que mal, elle arriva
Sans autre aventure fâcheuse (La F. IX, 2).
Cette locution vieillit; on dit plus ordinairement: tant bien que mal (Ac). Devant un adjectif ou un substantif prédicatif, soit peut, se construire sans que, ou même se supprimer, et, dans ce dernier cas, le prédicat se place en tête de la phrase comme un participe absolu (§ 281): Soit grands, soit petits, tous les hommes sont mortels. La fortune, soit bonne ou mauvaise, soit passagère ou constance, ne peut rien sur Vâme du sage (Marm.). Soit vanité, soit modestie, il est rare que nous nous appréciions bien nous-mêmes. Grands ou petits, tous les hommes sont mortels. Sage ou non, ye parie encore (La F. YI, 10).
3. La concession supposée a pour expression propre les conjonctions de temps quand et lors. . .que construites avec même (quand., quand niênie, quand bien même, lors même que) et le conditionnel : Quand même Je le voudrais, j> ne le pourrais pas. Quand même // aurait tout Vor du monde, il ne serait pas heureux. Je lui aurais pardonné, quand même // ^//'aurait gravement offensé. Nais., quand n(nis serions rois, que donner à des dieux? (La F.). Quand vous me haïriez, Je ne m'en pjlaiudrais pas (Eac). Je n\iurais pas pu fuir cet ouvrage, quand j'aurais travaillé toute la journée. Quand ^'aurait été la mule du pape, il y aurait trouvé à redire (Les.). — Je ne me vengerai pas. lors même que /> le pourrais.
En pareil cas on peut remplacer le conditionnel passé par le plus-que-parfait du subjonctif : Je lui aurais pardonné, quand même 'd m''&\x.\. gravement offensé. Jacques II se croyait le maître d'opérer un changement dans la religion de VEtat aussi facilement qu'' Henri VIII ; mais le peuple anglais 7}' était plus le peuple des Tudor, et quand Jacques eût distribué à ses sujets tous les biens du clergé anglican, il n''aurait pas fait un seul catholique (Chat.).
La concession supposée peut, aussi s'exprimer par si avec le conditionne! : 77 est utile de lire cet ouvrage de suite, et, si l'on y désirerait plus de solidité et de profondeur, on peut profiter beaucoup en le lisant (D'Aguesseau).