‹ Cours de langue française (volume 3)Chapitre 42 sur 427 · S HISTOIRE DES VOYELLES LATINES · texte numérisé non relu

S HISTOIRE DES VOYELLES LATINES

verbes en ère., comme placëre, d'où jiaisir^ qui est devenu placerez à' où plaire (v. le ch. VIII).

Il y a bien d'autres mots où l'accent latin a été déplacé; mais la plupart de ces mots ne datent pas de la période organique de l'histoire de la langue; d'ailleurs, l'on rencontre beaucoup de doubles formes dont celles qui sont bien accentuées sont certainement les plus anciennes : rlgidus raide et rigide, fràfplls frêle et fragile, porficus porche et portique, fdhrica forge et fabrique, etc. C'est donc avec raison que l'on a distingué deux couches différentes de mots, toutes deux dérivées du latin, l'une de mots populaires^ l'autre de mots savants, celle-ci non sans importance au XIV' siècle déjà et qui s'est développée sur une grande échelle depuis le XYI** (§ 7).

Il importe de remarquer que, lorsqu'il y a eu dans un mot déplacement de l'accent, c'est Taccent nonvean et non l'accent ancien qui détermine la permutation du mot. Ainsi dans acquirimiis, accentué acquirhnus, leide qui est devenu atone et s'est changé en e : nous acquérons . tandis qu'au singulier acquiro il avait l'accent et s'est développé régulièrement en ie ; f acquiers (V. g 25).

3. On sait que le latin classique fondait son système prosodique uniquement sur la quantité. Cette métrique était empruntée au grec et avait été introduite artificiellement dans la langue latine par les poètes du sixième siècle de la fondation de Rome, surtout par Ennius. Mais il semble que, si le peuple romain était très sensible à l'accent des mots, il n'a jamais eu un sentiment bien vif de la différence entre les longues et les brèves et surtout de l'allongement par position.

Il est en effet reconnu aujourd'hui que le latin vulgaire avait ramené f" et o à è, à ouverts, qu'il avait réuni ë et î, ô et û en un seul et même son, celui de é ou de o fermés ( ), que les voyelles <? et o avaient donc un double son, ouvert comme dans tète, mort, et fermé, comme dans été, rôt, et qu'ainsi le système vocal du latin populaire se composait de sept voyelles, sans parler du y, grec d'origine, que les Romains prononçaient comme notre u (^).

D'un autre côté il est établi que le fait d'être en position

(i) Nous désignerons les voyelles fermées par un accent aigu et les voyelles ouvertes par un accent ^rave.

(2) En grec cette voyelle s'est prononcée ou à l'origine, puis u et enfin t (dans le grec moderne). V. Oui tins, Grundzûge der griech. Etymologie, 1879, p. 411.

r:)j On sait que les Romains prononçaient ce u comme noire ou.

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