‹ Cours de langue française (volume 3)Chapitre 84 sur 427 · IV. L'hiatus · texte numérisé non relu

IV. L'hiatus

- 1. On appelle hiatus la rencontre de deux sons-voyelles dans deux syllabes consécutives, soit dans le même mot, par ex, tua., soit dans deux mots qui se suivent immédiatement, par ex. tu. as.

Il n'y a pas d'hiatus lorsque les voyelles qui se suivent appartiennent à une seule syllabe et n'expriment qu'un sou simple, comme ai dans a,ide, ou deux sons distincts, mais prononcés en une seule émission de voix (diphtongues), comme «odans fiole (§ 4G).

2. Dans l'intérieur des mots, l'hiatus n'est toléré que lorsque la première voyelle, qui n'a jamais l'accent tonique, est l'une des voix constantes /, u, ou, ce qui se présente surtout dans la liaison des flexions ou des suffixes au radical, par ex. ni-er, sci-uro, tu-a, ru-ellc, éhlou-i, escou-ade. L'hiatus est encore toléré avec le e atone, comme dans cré-er, pé-age, gé-ant, né-aut, sé-ant, cé-ans, ohé-ir, etc.; mais dans la combinaison de voyelles e-au, le e ne se prononçant plus, l'iiiatus est détruit, par ex. heaume, épeautre, peau, chapeau, etc., excepté dans fé-au, pré-au, où le e est devenu sonore i)ar le chang'ement en é.

Pour éviter l'hiatus, hi huif^ue française a employé différents moyens que nous avons étudiés (v^ 28). Parmi ces moyens, il en est un dont la langue moderne fait un usage continuel, c'est l'intercalation de //, qui a lieu à chaque instant et presque involontairement; c'est ainsi que, dans /VZ-rz-^ ni-cr, l'hiatus est détruit par Tintercalation d"un g qui n'est point dans l'écriture, mais qui se fait entendre dans la prononciation : pli-yer, ni-ycr.

118 l'hiatus § 51

3. Dans la dérivatiou, si im mot primitif est terminé par une royeïïe et que le suffixe commence également par une rouelle, il en résulte un hiatus que Ton évite le plus souvent en intercalant l'une des consonnes t, s, 1, v : bijoutier, o/so??, arbrisseau, fonrmilirre, enjoliver. Après un e muet, on intercale aussi r : moucheron; mais le plus souvent on supprime le e ', poule, poul-et; toutefois, après g, e subsiste comme lettre servile : orgeat de orge; après c, on le remplace par la cédille : façade de face.

La finale eau des substantifs et de quelques adjectifs retourne à la forme primitive el ou il, par ex. martelet de marfedi,\i (autrefois martel), batelier de ia^eau {batel), oisillon de oisea^^.. De même le u de fou, mou, retourne au / étymologique : foWe, folie; moWe, moWesse.

La vo3'elle / devient // consonne devant une voyelle sonore : loie, voyage; balai, balayer. Eéciproquement^ // se change en / quand il n'est pas suivi d'une vo3'elle sonore : essayer, ^'essaie, Vessai.

4. Si un mot terminé par une voyelle est suivi d'un autre mot commençant également par une voyelle, il se produit un hiatus que la langue traite différemment, selon que le premier son est un e muet ou une voyelle sonore.

ci) Dans le premier cas, c'est-à-dire loi^sque le premier mot est terminé par un e muet, cette voyelle s'élide, et la consonne qui précède se lie à la voyelle initiale du mot suivant ; mais la voyelle élidée dans la prononciation ne l'est pas dans l'écriture, sauf dans quelques monosj-llabes où le e est remplacé par un signe particulier appelé apostrophe : Vami = le ami, y crime = je aime; ailleurs, l'élision existe sans qu'elle soit marquée dans l'écriture : cpiekpœ autre, entre eux (= queUpi autre, eut r' eux).

b) Quand la voyelle finale du premier mot n'est pas un e muet, l'hiatus est toléré, du moins en prose : vrai ami; mais on l'évite dans certains mots de diverses manières : Vâme pour /a âme, .son cime pour sa âme, a-X-il, ras-y, nouvel ami.

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