‹ Cours de langue française (volume 3)Chapitre 85 sur 427 · Le e muet est remplacé par une apostrophe · texte numérisé non relu

Le e muet est remplacé par une apostrophe

«) Dans les monos3dlabes le, je, me, te, se, ce, que, ne, de : Vami, yhonore, il m.'aiute, je ^avertis, il s'amuse, c'est juste, qu'il parte, il n'écrit jfcis, il est scdsi d'effrcn.

b) Dans quelques polj^syllabes composés de que, savoir : juscpie, devant toute voj^elle : jusqu'e;/ Suisse; — quoique, lorsque, pjuiscpie, parce que, tandis que, quand ils sont suivis d'un des mots il, elle, on, un : quoiquV/, lorsqu'on;, puisqu'//, parce qu'une faute; — quelque, presque, mw^^i que entre, dans les mots compo-

ses :quelqu^o/, presqu'/Zr, entr'ac^e. Hors ces cas, le e des mots quoique^ luraqac^ etc., ue s'élide pas : quoique étranger^ lorsque André^ quelque autre^ un liahii presque îisé, entre eux, entre autres, etc.

La voyelle finale des mouosyllabes la et si s'élide comme le e muet, mais le i de si ne s'élide que devant // ; Vàme^je Val vue, s'il /^leuf.

Il n'y a élision ni dans la prononciation ni dans l'écriture :

l** Devant les mots onze, onzième, ouate, oui: le onze,le onzième (lu mois, au. onzième siècle, les élèves de onze à douze a)is, il n'eu faut que onze, acheter de lai ouate, le oui et le non; on dira de même : dans sa (et non pas son) onzième année, il a dit ce (et non pas cet) oui à reejret.

2° Devant im, lorsqu'il s'agit du cbiifre : le un et le deux, le 101 est effacé; de même : ce u)t est mal fait.

3" Devant les noms des voyelles : le a, le ou.

4° Devant les mots étrangers : ijacht, yatagan, ijole, yucca, dans lesquels // est une véritable consonne; un coup de yatagan, le yucca est une plante exotique; de même: sa yole fut submergée; mais dans yeux, le y, quoiqu'il soit consonne, n'empêche pas l'élision : un mal d'yeux.

Article 111. — Des consonnes.

A. Liquides.

1. Les liquides R, L, N, M, quand elles se prononcent, ont toujours le même son.

/{ vient du latin r ; sœuT do soroT, (iiu'IiiiK'l'ois de l ou do n ; titre de tilxàus. diacre do dinconus. — L provient de l latin : lettre de limera, cl (jviolquelois d'un r ou d'un n ; autel do allare, licorne de unicornis. — N vient de n latin : ruine dcruina, et queUinefois d'un m ou d'nn l : singe de t>imius. niveau de libella. — 3/ provient de m latin : mer de mare, ou don .• charme de carpinus. (§ 23).

2. Les deux liquides / et n peuvent se mouiller, c'est-à-dire être suivies immédiatement du son y. Le / ou n mouillé ne peut être que médial ou final.

a) L mouillé se leiid : à la médiale par /// .• ja-iW-ir, ou // après i : pi-ll-er, pxipi-ll-e, cui-ll-er, basfi-ll-e, et à la finale par // : ha-il, conse-il, et simplement / après / : arri-lf habi-l, a-1, feni-l, grési-l^ mi-l (plante), /^crZ-l, qui sont les seuls mots où / soit mouillé dans cette position: encore quelques-uns \m)-

ll>(l LIQUIDES § 52'

nonceut-ils avril et babil sans mouiller le I. — La règle suivante d'orthographe est sans exception : le l mouillé terminant un substantif masculin se rend par// (ou / après /) : trava-il^ jx'r/-!; partout ailleurs / mouillé final s'écrit ille ou Ue : il trava-ilie. 7j(^-ille, il pi-Ile,

Ainsi, après la voyelle /, le / mouillé ne se reconnaît qu'auredoublement : piller; mais souvent ce redoublement est purement étymologique et la consonne n'est point mouillée, c'est ce qui a lieu dans les mots commençant par il, comme illustre, et dans cal ville, capillaire, codicille, distiller, fibrille, instïller, mille, myrtil ou myrtille, osciller, pvpille, pusillanime, sibylle, titiller, tranquille, vaciller, ville. — Ou dit également campanile et campanille avec l mouillé; imbécile donne imbécillité avec / non mouillé. — Camille, Castille ont le / mouillé.

Le / mouillé se rend par // sans i dans les noms propres- Cully, Sully, Vully.

Le l mouillé provient : 1" de l suivi d'un i atone = y.: feuille de folium, oic même de l ou II pur : saillir de salira', /"ctill/rde fallere; 2° de radoucissement d'une gutturale : cailler de coagfujlare, oreille; de auricfujla, cuiller de cochlear (§g 33, 38). Le i né du c ou du g est resté en français devant l comme lettre servile pour marquer que l est mouillé, tandis que l'italien rend ce son par gli, procédé que le français a suivi en partie pour le n mouillé. De là il résulte quccuillei- doit se prononcer cu-ill-er, \e i étant ici non pas une voyelle, mais un y; né de c [chj et servant uniquement à mouiller le l (')•

b) N mouillé se rend toujours par gn : vignoble, incognito^ imprégner, impjrégnatiou, (si g se prononçait, l'accent sur le e qui précède serait de trop), etc.

Il y a un certain nombre de mots modernes, tirés du grec et du latin, dans lesquels le ^ a conservé le son qui lui est propre et termine la sjdlabe : agnat, agnus, agnation, cognât, cognation, cognitif, cognition, diagnostic, géognosie, igné, ignicole, ignition, ignescent, ignivore, inexpugnable, magnat, magnificat, récognitif, regmcole, stagnant, stagnation. — Dans signet et les noms propres Regnard, Begnault, Compiègne, Clugny, le g est complètement nui.

Le n mouillé provient : 1» de gn latin : agneau de a^nellus ; 2» ordinairement de n suivi d'un i atone = y ; cigogne de ciconia; ou même d'un n pur ;. grogner de grunire (§§ ^S, 38).

(1) Sous le rapport purement phonétique, la consonne l est mouillée toutes les fois qu'elle est suivie jiour lo son d'un i coiiS(jnn(' ; ainsi dans lieti,piUer, il y a un l mouillé, aussi bien que dans /i.nilf. i>illrr. M.ii^ i indnill.iiii un / ni' s'écrii'a après cette consonne que quand elle sera i m 1 1,.!', cmi m ne il, m s /((■//, /)(,((, ,,ii i|iic ( appartiendra à un suffixe, comme clans pil-icr, ci-lnil-ii'r. l,:i nicinc v^l-Ac |icnl s^qiiiliijuer à (' mouillant la consonne n: panier, (junœvre. M. A. DarmsleLor ('/i/'citec/vfwyae, 1876, II, lu'i) appelle fausse l'analyse de l et de n mouillés considérés comme un l et un j^ simples suivis d'un y. Kn réalité, dit-il^ le letlen mouillés sont des consonnes simples déleiminées par la double position simultanée de la langue contre le palais et contre les alvéoles {n mouillé>> ou contre les dents machelières (l mouillé) supérieui'es.

§ 53 SPIRANTE8 121

U. Spirantes.

1. Quoique la lettre H ne représente plus aucun son en français, ou distingue encore un // dit aspiré^ comme dans h.otte^ et un // ni net ^ comme dans ho7c. Le h aspiré a p(jur eiïet de sauver riiiatus : le héros, /a /loiife (^), tandis que le h nuiet n'empêche pas l'élision : Vhéroïne.

Le h peut être initial, médial ou final :

a) Au commencement des mots, li est surtout aspiré devant les voyelles a, o, u. Il y a environ 340 mots qui commencent par /< aspiré, savoir: 170 par Ar/, 120 par ho et hii, et seulement 50 par lie, ht : hache, haricot, ho/de, hêtre héros, hibou.

H est mnet principal<;mont dans les mots dérivés du latin qui ont conservé ou ajouté un li initial comme : habileté, heure, homme, huis. huUre, huile ; sont exceptes fiarpie, hennir, /léros, /laut, hérisson, huit, liurler, /luppe, Itoulelte (% 3'i-j. Les dérivés de héros ont le h nuiet : héroine, héroïque, héroïsme. H est aspiré dans huit, huitième, mais muet dans dix-huit, dix-huitit-me. II est aspiré dans les mots d'origine germanique ou autre, comme harewj, havre, B.0Ilande, Komjrie (mais on dit en rendant le fi muet : fromarje d'Hollande, eau de la reine d'Hongrie!, ainsi que dans les interjections : ha, hoi*?, hé, hem, ho, hom.

h) Dans l'intérieur des mots, h est étymologique : ahurir, cohorte, exhorter, jn-éhension, ou il a été interc'alé entre deux voyelles pour les faire prononcer séparément: trahison, envahi r^ cahier.

Si un mot conunenc^ant par h muet ou aspiré entre en composition avec un préfixe, la prononciation de h est réglée comme suit :

I» Après une consonne, h est toujoui's muet: abhorrer, adhérer, déshériter, exhaler, exhausser, exhumer, inhérent, inhumain, rhabiller, surhausser, etc. Après en toutefois, h est aspiré ou muet comme dans le mot simple; il est donc aspiré dans enhardir, à cause de liardi, et nuiet dans enherber, à cause de herbe.

2" Après une voyelle, /( est toujours as])iré, lors même qu'il ne l'csl point dans le mot sim|il(' : uheurtcr, cohabiter, prohiber, réhabiliter, souhait.

c) H n'est final ([ue dans quelques mots, la plupart interjections, ah, eh, oh, oit il rend longue la voyelle qui précède.

Les consonnes composées avec h sont ch et ph, dont il a été parlé, th et rli, qui sonnent comme ^et r : théâtre, rhéteur.

2. Dans toutes les lang'ues romanes la spirante latine y a perdu sa prononciafion primitive; mais, sauf en italien, l'ancien signe s'est conservé avec son nouveau son, qui, en fran-

(i) Selon I,iftr(^, io h aspiré doit rtiellement so faire fiitciKU.-. \(jici ce (lu'il dit : « Aujourd'hui, surtout à l'aris, boaucuup u"as[iirent pas le /) et se conleiitciil de maripieil'hiatus: le éros, laontn, etc.; mais dans plusieurs provinces, la Normandie eiilre autres, l'aspiration est très nettement conservée, et cela vaut mieux. » {IJictioinuiirf, à la lettre It).

122 SPIRANTES § ù'à

çais, est celui de la chuintante douce : jamais. Le 7 ne pouvait donc plus servir à marquer le J primitif; c'est pourquoi on a choisi la lettre Y dont la forme ressemble à celle du / et qui a l'avantage de n'avoir aucun autre emploi.

Le ij français, qu'on appelle souvent / consonne, a le même son que le / allemand ou italien et le y espag-nol. Il ne faut pas le confondre avec le // qui se trouve dans les mots dérivés du grec, où cette lettre est une voj'elle qui sonne comme / ; sfi/îe, hymne^ dnjade. Le // grec a été remplacé par / dans quelques mots, comme aMinc, amidon, anévrisme, asile, chimie, cristal, etc.

Tandis que // grec ne se présente qu'après une consonne, le 1/ français commence toujours la sjdlabe, c'est-à-dire qu'il est toujours suivi d'une voj'elle avec laquelle il forme une sjdlabe : ha-yer, mo-yen; les mots pays, paysan ne sont pas une exception ; Tancien français avait i)ais,paisan (= ixù's, paisan); plus tard on intercala un // pour éviter l'hiatus : ptayis, payisan, et enfin / a disparu. Nous prononçons pai-i, pai-iscm, autrefois ou disait ^j«-?", ou plutôt pa-yi.

Le // français est toujours suivi d'une voj'elle avec laquelle il forme une syllabe; sauf dans ye?^r (^), il ne se présente qu'au milieu des mots : ha-yer, nio-ycu, tu-yau. Sa prononciation actuelle dépend non seulement de la voj'elle qui le précède, mais encore de celle qui suit.

a) Après les voyelles 0, u, le ?/ a conservé le son simple qu'il avait autrefois et l'on prononce encore aho-yer, jo-yaa, fu-yard, c'est du moins l'opinion de Littré. Il en est de même après e : grasse-yer.

h) Après la voyelle a, y a la valeur de deux / dont le premier se combine avec a de manière à former le son é, tandis que le second est un i consonne (y) qui commence une nouvelle sy\labe; ainsi yvf/yer se prononce aujourd'hui ^x/Z-z/^r, taudis qu'autrefois il sonnait ainsi pa-ier (pa-yer); de même abbaye se prononce abbai-i.

Mais cette prononciation moderne n'a pas atteint les noms propres, comme Bayomie, Bayard, Biscaye, Blaye, Cayenne, La Fayette, May ence, Mayenne, Payerne, etc.; il en est de même de quelques verbes et noms conmmns, comme bayer, brayette, mayonnaise, etc. Les mots ayeul, bayonnette, fayence, ylayeul, payen, ont gardé leur ancienne prononciation, mais y a été remplacé dans l'orthographe actuelle par un / surmonté du signe appelé tréma : a'ieid, pa'iot, etc.

(1) Dans yeuse, y est voyelle et n'empêche pas rélision ; on prononce l'i-euze.

§ 53 SPIRANTES 123

(9 Devant im e muet, y précédé d'une des voyelles «, o, u, perd sou articulatiou, et l'orthogTaphe actuelle le remplace ordinairement par /, comme dans^rz/p, que je traie, joie^ fappuie, etc. ; sont toujours exceptés les noms propres, qui ont g-ardé l'orthograplie et la prononciation ancienne : Biscaye, Bla/je, etc. Toutefois les verbes enaj/er ou ei/er prennent inditférennnent // ou i devant un e muet : je paye ou -puie, je payerai ou paierai] ta balayes ou balaies, tu balayeras ou balaieras, je yrasseye ou grasseie; de même que j'' asseye ou asseie, etc.

Ainsi, dans les mots dont nous venons de parler, les trois lettres y, ï et /, quoique se prononçant aujourd'hui différemment, reconnaissent la même origine : payer, païen, raie.

Comme dans les mots loi, roi, joie, soie, voie, le o forme diphtongue avec /, l'usage actuel conserve cette prononciation dans les dérivés : loyal, royal, joyeux, soyeux, voyaye, ou y a la valeiu* de deux /, ou plus exactement de iy : loi-yal.

Le y français reconnaît plusieurs origines :

l» Dans certains mots où d était suivi d'une comliinaison de voyelles commençant par j, le cf a été supprimé et i est devenu y : rayer de radiare, moyen de médium, glaïeul de gladiolus, rayon de radioliis, joye, d'où joie de gaudium.

2" Le y est quelquefois une consonne intercalaire : ajvjolus ai/eul ouaieul (§23).

3» Mais le plus souvent, le y provient de l'adoucissement de cj ou c médial : payer de pagare, payen ou paien de paganus, plaj/e ou plaie de plaga, loyal (it. leale, esp. pg. leal, prov. leial) de legalis, \-oye\le de vocalis, doyen de decanus, noyer de necare, cn\p\oi/{ir de implicare, foyer (prov. fogal) de focarium{(\e focus), no^au (prov. nogalh) de nucalis (§ 35).

3. Le sou de la chuintante forte se rend toujours en français, par CH : champ, chien, jjcrche.

Le ch français ne se présente jamais que devant les vo3'elles. Il ne faut pas le confondre avec le ch des mots de formation savante que l'on trouve devant une consonne aussi bien que devant une voj'elle. Ce ch, d'origine grecque, est resté guttural avec le son du c devant toute consonne ainsi que devant les voyelles a, o, u : chlore, chrême, tecltnologie, cliaos, éclto, catéchumène; mais, devfint e, i ou y, il s'est le plus souvent éloigné de sa prononciation originelle pour prendre celle du ch français : orcherêque, arcltiprctre, architecte, arcJiiduc, chimie, chirurgien, chérubin, patriarche, AcJu'ron, Joachim, etc.; cependant orchestre, archié/)iscopal, arcJiéologie, chiromancie, cJiiragrc, chirologic et d'autres mots peu usités dans le langage ordinaire se prononcent avec le ch guttural.

Le cil français e.-it né du c latin placé devant a: chien de Crtnis, cheveu decapilliis, cheval di? caballus, charlre de carter, choux do caulis, chose de causa, coucher île colloccare, perche de pertica (§30). Ch provient aussi de.r: lâche de laxtts {% .'{S \>)\ de cl '. fléchir de flectere (§ 38 0." «^'e ci ; chiche de Cicer; de qu; chacun de qxiisquc unus (§ 3"»); de i (e) atone devant une autre voyelle ; roche* de rupea (§ 28).

124 SPIRANTES § 53

4. La lettre J marque en français le son de la chuintante faible; mais elle ne se présente en général que devant les voyelles «, 0, «, surtout au commencement des mots : jalon, joug, jurer.

La chuintante douce se rend :

a) Devant cr, o, u : V par J, au conunencement des mots, comme dans : jalon^ joli, jurer, etc., et dans les composés : adjoindre, con-juguer, en-jamber, en^jôler, héjaune (bec jaune), etc., à l'exception des mots geôle, geôlier, Georges, et 2° par ge partout ailleurs : il jugea, hadigeon, gageure, sauf dans les mots suivants qui sont les seuls où le j soit médial devant a, o, u : acajou, benjoin, bijou, bijou, donjon, goujat goujon, joujou, jujube, înùrjolet, marjolaine, mijaurée, mijoter, majuscule, major, sapajou et leurs dérivés.

b) Devant e et /, par g, sauf dans les mots suivants où j se trouve devant un e -.je, jeter, jet, objet, subjet , jeton , jeudi, jeu, jeune, jeunesse, jeûner, déjeuner, Jérémie, jérémiade, Jésus, jésuite, jésuitisme, majeure, majesté, majestueux, Jean et quelquesautres noms propres.

Le j fran(;ais provient ; 1" dej latin : ieune de yuvenis (§3i); 2° de g devant a: ïambe de gamba (§35); 3" d'un i initial ou médial suivi d'une voyelle et devenu consonne ; ]our de diurnus, rjouion de gobionem (§28).

5. La lettre S est le signe propre à la spirante linguale ; elle peut être faible ou forte. Elle n'est faible ou douce que quand elle se trouve placée entre deux voyelles : raisin ; partout ailleurs elle est forte ou dure, ainsi qu'entre deux voyelles lorsqu'elle est redoublée : savoir, verser, classe, (cf. § 55).

Si un mot commence par s, cette consonne reste forte dans les composés, lors même qu'elle se trouve entre deux voyelles, comme dans les mots antisocial, contresens, contresigner, désuétude, entresol, havresac, parasol, tournesol, insuffisant, préséance, présujyposcr, polgsyllabe, monosyllabe, vraisemblance, Lesueur, LeSage, Desaix.

La sifflante faible se rend par s : raison, et exceptionnellement par 2: zèle. — La sifflante forte se rend : 1° devant une consonne, par s : peste, et devant a, 0, u, par s (ss) : persan, sol, bosse, et par g, lorsque dans un mot de la même famille on trouve un c ou un ^ à la même place : forçcd et forcer, poinçon et pointe ; — "2" devant e et i par s ou par c et exceptionnellement par t : siècle, ciel, nation ; c'est l'étymologie qui en décide, mais, sans recourir au latin, on peut remarquer qu'on rend par c le son s lorsque dans un primitif ou dérivé on trouve un c (qu, x) ou un i à la même place : physicien ^i pjJiysicpxe, sorcier et .so/-t, sacer-

§ 53 RPIRANTES 125

(hce et .wc^/t/oW. De même on se sert de s, lorsque claus un mot de la même famille on trouve un s ou un c? à la même place : conserver et réserver-^ consister et résister \ conseil eiconsidter ypenser et peser \ immense et mesure] précurseur et cours ] persécuteur et poursuivre ; réponse et réponà.re.

S dur vient de s latin initial : sol de solum C§ 3i). — S doux vient de s latin médial : maison de mansioncm (§ 3't), ou de t suivi des voyelles combinées ia, ie,io,iu : poison de potionem (§28), ou de c doux: piaisir de placera {% 35). — Le s redoublé provient de x latin : essaim de examen, ou de ss : casser de quassare {i 38).

6. Le Z n'est point la faible de s; mais là où cette lettre se présente, elle sonne en effet comme .s doux : (jaze.

Le son de la sifflante faible ne se rend qu'exceptionnellement par z^ savoir : 1° à l'initiale, et alors le z est nécessaire et ne pourrait être remplacé par le .s, qui n'est doux que placé entre deux voj'elles : zèle^ zéphir^ etc.; 2° à la médiale, et dans ce cas, quand il est placé entre deux voyelles, le z pourrait se remplacer sans inconvénient par un 8 simple, et c'est ce qui a lieu en effet dans quelques mots. Voici les principaux mots dans lesquels entre un z médial : alezan, alèze,' amazone, apozème, azur, azimut, azerole, azyme, azote, azi ou azy, bazar, hézoarcl, bizarre, bonze, bronze, canezou, colza, dizaine, donzdle, épizoofie, douze, gaze, gazelle, gazette, gazouiller, horizon, lazaret, lézard, lazzi, luzerne, mazette, mélèze, ozone, onze, quatorze, quinze, suzerain, seize, syzijgie, treize, trapèze, trézeau, vizir.

Le z initial ne se trouve que dans quelques mots empruntés au grec ou aux langues étrangères : zèle, zéro, zibeline, zéphyr, zizanie. — Le i •médial se trouve non seulement dans les mots d'origine savante ou étrangère, mais encore dans les mois purement français, et alors il vient d'un c doux : lézard do lacerla, onze do undeciju (§35). — Lec/înai vient de i-s(§38i^) ou deslatin (§3i): aimez de atnatis, assez de adsatis, nez de nasns; il a remplacé le s de l'ancien français : on écrivait autrefois vous aiinés, assés.

7. La lettre X représente aujourd'lmi la combinaison de la sifflante s avec la muette gutturale faible ou forte (gs ou es), comme dans sexe, eiLil ; ne sont exceptés que quelques mots où X a conservé le son simple du s qu'il avait autrefois, soit dur dans s/x, f/ix (v. § 50), soldante, et les noms propres français Ai'X., Auxerre, Au-:^onne, BrwKelles, Luxeuif, soit doux dans deuxième, sixième et dixième.

Cette lettre n'est initiale que dans quelques mots savants tirés du grec, où elle sonne es : xylon, excepté dans les noms propres Xavier. Xénophon, Xerxès, dont le x est devenu doux. — Dans l'intérieur des mots, x sonne en général es: sexe, excuser, excrément, expliquer ; il a le son ris dans le préfixe ex, lorsqu'il est suivi d'une voyelle ou de /;, comme tlans inexorable, exhiber. Si X médial est suivi d'un c lingual (= s), le son s ne se fait entendre qu'une seule fois : exciter (= ecciler ou ecsiterj. — Le a; n'est final que dans quelques mots où il vient de x latin : six de sex (§ 38'=). de s : deux de duos (8 3'i-), ou de c : dix de decem (§3.^).

12(! :\ruETTE.s ou explosives § 54

8. Les labiales F et V conservent toujours le son qui leur est propre. Le son f s'écrit quelquefois i)h par raison d'étymologie : phaye, phi/siq^/œ.

F vient de f onpit : taux de ialcem, iaisan de ^hasianus ; à la fin des mots, de V : œui de ovum, et quelquefois de p : chei de ccfput. — V initial vient de V : vin de vimim; v médial, de p : cheveu de ca'pilliis, ou de b : fève de faba, ou de V : avoine de avena (§§ 35-, 35).

Ph a été remplacé par / dans : faisan (autrefois pliaisan), fanal, fantaisie, fantôme, faséole, fée, fiole, flegme, frénésie, greffe, griffon, soufre. Sofa, parafe, fantasmagorie s'écrivent aussi avec p/i. On doit distinguer filtre, qui a la même origine que feutre, du latin flltrum dans les textes du moyen âge, et philtre (d'amour), qui nous vient du grec et que l'on écrit aussi filtre.

1. Les muettes c et g perdent leur son guttural devant les voyelles i et e, et c prend le son sifflant de s dur : ceci, et g le son chuintant de j français : gingembre.

Devant r/, o, u, on donne k c et à g le son de la sifflante ou de la chuintante en ajoutant au g un e nul, appelé lettre servile: gageure, ou en plaçant sous le c le signe appelé cédille; on mit d'abord un z après c : faczon, puis on le souscrivit au c : façon. — Par le procédé inverse, on maintient au g et an c le son guttural devant /' et e en faisant suivre la consonne d'un u servile: orgue, gueule; mais alors eu devient presque toujours qu : anguille, coquille, queue.

On distingue ainsi le c en c guttural et c sifflant, et le g en g guttural et g chuintant.

2. Le son propre du C est celui de la gutturale forte : car, crosse, bac; dans second, il sonne comme g. Mais devant i et e, le c est toujours sifflant : ceci.

c guttural provient toujours de c (ccj devant o, u : couver de cubare , cacher de coactare, sec de siccus; de g dans les mots suivants : car fquarej, caille (quaquila), carré (quadratus), cadrature (d'une montre), cadre fquadrurnj, cadran j'quadrantemj. carreau ((juadralellum), carrière [quadrariaj, carême fquadragesimaj, carillon (quadrilionemj , carrefour fquadrifurcumj , carnet (qualernetumj, cahier (qualernum), casser fquassarej, chacun fquisque l'JiusJ, coter [quoturej. comme (qnomodoj , coi (guietus), crier [quiritarej, encan {inquantum j, lac [laqueusj (§35).

C sifflant dérive : [" de ce, ci: cent de centum, ciguë de cicuia; 2" de qui, que: cinq de quinque, cercelle ou sarcelle de querqaedula (§35); 3" de t suivi d'une combinaison de voyelles dont la première est i : grâce de gratia (§28); 4» de s : sauce de salsa.

3. Le son du c guttural se rend souvent par la lettre Q, qui a cela de particulier qu'elle est toujours suivie de u, sauf dans

s 54 MUETTES OU EXPLOSIVES 127

coq et cinq; mais qu se prononce toujours comme c : qucl^ liquéfier, qw\ liquide, si ce n'est dans environ IGO mots de formation moderne, où il forme une diphtongue avec la voyelle i, e, (/, qui suit. Voici les plus usités de ces mots; équestre, équiangle, équidifférenf, équilnféral, équifafion, questeur, à quicf, qui)iquennol, quintuple, u/n'qw'ste; — adéquat, aquarelle, aquatique, exequatur, équateur, équation, loquace, in-quarto, quadragénaire, quadrar/ésinie, quadran<iulaire, quadrature (d'un cercle), ^Urtdrupède, quadruple, riuanqua m (discours latin), etc. Dans ces mots H sonne comme ou devant a, et comme u français devant e, i; le mot quinquagésime oifre un exemple des deux prononciations : cuincouagésime.

De ce qui précède, il résulte que la gutturale forte c se rend par *2« devant les voyelles e et?'; queue, liquide; partout ailleurs ce son s'écrit c, sauf dans quelques mots où qu est en général demandé par Tétymologie, comme ^wr/^/'g, nous pratiquons, etc.

Qu provient de qu latin : quinze de qaindecim, qui/<e de q\xielus, quel de quoifs; mais il remplace aiissi le c latin quand il doit représenter le c guttural devant les voyelles françaises i et e ; queîte de cauda, coque de coucha, fabrique de fabrica (§ 35).

4. Le son propre du G est celui de la gutturale faible ; gazon, gond, gui, grêle. Mais devant les voyelles e et /, le g prend toujours le son de la chuintante faible : gêne, gilet (§ 53).

On conserve au g devant e et / le son guttural en le faisant suivre d'un u servile, qui peut être étymologique, comme dans anguille de anguilla, ou purement phonétique, comme dans fatiguer de fatiga.re.

Gu suivi d'une voyelle se prononce en général comme ///mais u se frnt entendre devant e sonore dans arguerai devant e muet dans rigui' et le féminin des adjectifs en gu, où le tréma est emploj'^é pour indiquer que le u n'est pas une lettre servile et conserve sa valeur de voyelle. Gu forme en outre une diphtongue avec la voyelle qui suit : 1" devant /, dans les mots aiguille, aiguiser, inextinguible, et dans les noms propres Guise, Guide, etc. ; 2** devant <f, et alors u a le son de ou, dans quelques mots modernes, comme lingual.

\.c g K<ilt"ral dérive: 1" réf;ulièrement de g latin devant o, u ; gow/<e lie gutta; 2" de la forte c (q) : gale de callus, égal de xqualis (g-iT)); 3" de v latin : guêpe lie vespa, pernuitation semblable à celle du !'■ i^f rmaiiique en gu ou g. comme dans guerre de vrerra (§ 34).

Le g cbuintant dérive : I'^ normalement de ge, gi : genùr de geinere (§ 3.")); 2*^ de j: gésir de jocej*e(§3i); 3" de i suivi dune voyelle .• rage de ra fcie.s(i^ 28); 4" de c ou de y suivi de a : geôle de careola, géline de gallina (^ 35); 5" de le, de : sanvage de sil-vat(ijcus, silvafcuf! ; venger de vindfijcare (§38'').

5. La linguale forte T, quand elle se prononce, conserve en général le son qui lui est propre.

Mais, placé devant une combinaison de vo.yelles dont la première est i, le f prend le son de la sifflante dure s : naiion^ inarikd, paXience, épizooiie., facétie^ argutie, winutie, satiété, pétiole, gentiane, initier, balbutier.

Toutefois le t conserve dans cette position le son qui lui est propre .•

a) Dans les verbes^ quand i appartient à la terminaison : nous portions, châtier, bâtie, sortie, etc.

On distingue ainsi par la prononciation les verbes nous acceptions, nons attentions, nous intentions, nous inventions, nous objections, nous j)ortions, des substantifs les acceptions, attentions, intentions, inventions, objections, portions.

b) Dans les substantifs dont la finale tion est précédée de s

ou de X : gestion, mixtion.

c) Dans les substantifs dont la finale tie est précédée d'une consonne : p)artie, garantie, hostie, sacristie; excepté inertie, ineptie.

d) Dans les substantifs et adjectifs en lié ou lier : amitié, moitié, pitié, entier, forestier.

e) Dans le verbe s- étioler.

Devant ion, la combinaison es se rend par x ou par et. On écrit toujours et après un n : fonction, sanction, ou lorsque dans les mots de la même famille on trouve et ou t à la même place : action et acte, faction et fait, facture, etc.

Th conserve toujours le son du t: ap)athie; c'est donc une faute de prononcer chresfomathie comme s'il y âYait chresfomacie.

T vient de t latin : taon de tabanus, jeter de jactare (§35). — Ti latin devant une voyelle sonnait tsi, de là la prononciation française de ti en si: nation de nationern.

6. La linguale faible D conserve toujours le son qui lui est propre.

D vient de d latin : deux de dwos^, et quelquefois de t : donc de tune (§ 35).

7. Les labiales P et B conservent toujours le son qui leur est propre : pain, bain.

F vient de p latin: jiain de pawem, cep de cip-pus. — B vient de b latin : hain de balneum, arhre de arbor, et quelquefois de p ou de u ; abeille de opicîi/a, corbeau de corvellus (§§35 et 38''').

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