II. Consonnes consécutives
1. En français, l'eupliouie ne permet pas, dans la règle, qu'on fasse entendre deux consonnes de suite, soit dans le même mot, soit dans deux mots qui se suivent ; quand cette rencontre de consonnes a lieu, la première devient ordinairement muette, comme p dans bccptênie, f dans neuf livres. Ces consonnes muettes ont en g-énèral disparu dans l'orthographe moderne, sauf à la fin des mots.
On ne (Joit pas considérer comme des exceptions à la règle les mots dans lesquels une consonne est pi-écédée de n ou de /«, ou suivie de ;• ou de I, parce que, dans le premier cas, la lettre )i ou ni ne sonne point et ne fait que rendre nasale la voyelle précédente, et que, dans le second cas^ le son de la liquide ;• ou l se fond avec celui de la consonne qui précède et forme avec elle une consonne composée (§ 14). Ainsi, dans le mot ancre^ on ne compte qu'une seule consonne, la consonne composée rr. Du reste, la règle ne s'applique qu'aux mots de formation populaire, les mots savants ne la respectent pas ; c'est ainsi que le mot latin captirns a donné le mot populaire chéfif en laissant tomber la première consonne p, et le mot savant captif, où cette première consonne est conservée, contrairement à la règle.
2. Conformément à la règle générale, un mot ne peut comimncer en français par plus d'une consonne simple ou condposée.
Il n'y a d'exception que pour quelques mots modernes commençant par se, sf, s/>, comme scribe, scholastique, statue, stagnant, strict, studieux, spacieux, spécictl, spirituel, sponr/ieux. Les mots formés régulièrement d'après les lois de l'euphonie prennent un e devant ce .s, qui peut être retranché : écrire (escrire), école (escale), état, étamj, étroit, étude, espace, espèce et épice, esprit, éponge (§ 40).
H est la seule consonne nulle qui se trouve au commencement des mots (§ 34).
3. A la médiate, il n'y a que le /• qui puisse être suivi de toute autre consonne simple ou composée : bercail, orgueil, porche, serge, porte, perdre, rerscr, serpent, corbeau, parfait, corvée, merle, vernir, ferme. Le s se présente aussi dans cette position, mais seulement devant les consonnes fortes: esel ave, poste, espèce; dans beaucoup de mots, le s a disparu et a été remplacé par un accent circonflexe, comme ile pour isle (§ 50).
Aykh, Graninmirâ companle 9
loO COXSOXNES CONSÉCUTIVES § 'k)
D'autres consonnes, /, c, p, /;, d et x, peuvent se trouver clans le même cas ; mais cela n'a lieu que dans les mots de formation moderne et seulement devant certaines consonnes : culture, lecteur^ cccptif, oby>/, «dverbe, extrême.
Au milieu des mots, lorsque l'une des deux consonnes consécutives est nulle, c'est toujours la première ; sont exceptés les mots asthme et isthme, où tk ne sonne pas. Au XVP siècle, on conservait ces lettres muettes .dans récriture, mais seulement quand elles terminaient la sjdlabe : subjet, esfahle, ijoulmon, etc. Dans le français moderne, on a suivi en général le principe d'omettre dans le corps des mots toutes les lettres nulles : sujet, étcihle, poumon; il n'y a d'exceptions que pour \e. p dans : cliepAel, hapAîser, baptême, compter, dompter, exempter (dans exemption, le p se fait entendre), prompte, septième, sculpAer, et pour le s dans les noms propres ; Aisne, Beslay, Duguesclin, Duchesne, Duqûesne, L'Iiospital, de Maistre, le Nostre, Nismes, Pasquier, Bosny, Vosges, excepté Montesquieu. La consonne s est encore nulle dans : mesdames, lesquels, desquels, Descartes, Despréaux, Destouches, etc., parce qu'elle appartient aux mots mes, les, des, où elle ne se prononce pas.
4. Dans les consonnes doubles, il n'y a que la seconde qui se fasse entendre, la première est nulle; ainsi afîaire se prononce comme à faire. Il faut excepter les muettes c et g devant e, i : accès, suggérer, parce qu'alors le premier c ou g conserve le son guttural qui lui est propre, tandis que le second c prend le aon de s et le second g le son de j (^).
Les consonnes doubles se présentent soit au commencement soit au milieu des mots.
a) Au commencement des mots , la consonne double est une consonne forte qui provient toujours de la consonne finale d'un préfixe qui s'est assimilée à la consonne initiale du mot simple, par exemple ccppauvrir, de ad et "pauvre.
h) Les consonnes qui se doublent à la médiale sont les liquides l, n, m, et les linguales ,s, t. Dans la règle, le doublement des consonnes ne devrait avoir lieu que dans l'avant-dernière syllabe accentuée, c'est-à-dire, suivie d'une syllabe muette; tandis que toutes les syllabes atones sont brèves, la pénultième tonique est le plus souvent longue quand elle est suivie d'une consonne simple, comme dans frêle, idiome, zone, rose, date, et elle devient brève quand elle est suivie d'une consonne redoublée, comme dans dette, pomme, couronne, rosse, datte
(i).On a vu plus haut (§ 43) ce qu'il faut penser des antres exceptions à cette règle générale posée iiar l'Académie : « Quand une consonne est redoublée au milieu d'un mot, on n'en prononce ordinairement qu'une seule. » L'Académie dit doubler ou redoubler la consoime, mais le doublement et non le rcdoublernent des consonnes.
§ 56 COX.SOXNHS FINALKS 131
(§ 11»). Mais les exceptions à cette règ-le abondent, et la pénultième accentuée peut être brève quoique suivie d'une consonne simple, par ex. 2)aroIe, et d'autre part le doublement .de la consonne a souvent lieu sans nécessité après une voyelle atone, puisque cette vojTlle est toujours brève, de telle sorte que la consonne qui suit ne sert à rien et est une lettre complètement />a>Y/,s/7e, par ex. liouneur, rayonner, haronnie, cantonnier, monnaie, tonner, sommet, etc. En revanche, après un e muet qui doit recevoir l'accent tonique, le doublement de .la consonne est nécessaire et produit le même elt'et qu'un accent grave sur le e, comme dans (lu'il vienne, il jette, il appelle, c'est-à-dire: viène,jète, appelé (§ 45).
Lorsqu'une consonne iinale qui se prononce est suivie d'un mot qui commence par la même lettre, la prononciation des deux consonnes est toujours de rigueur; et l'inobservation de cette règle pourrait donner lieu à des équivo(pies. Ainsi on ne prononce pas ; il le dit connue il dit.
5. Si deux consonnes qui se suivent dans le corps d'un mot sont d'intensité différente, c'est-à-dire, l'une faible et l'autre forte, il y a assimilation incomplète et la faible s'accommode à la forte (§ 21) : obtenir (prononcez optenir), abstenir (apstenir), observer (opserver), jyreshi/tPre (prezbi/tère) ; quelquefois c'est la première qui s'assimile la seconde : anecdote (anecfote).
Après les liquides n et /, la sifflante s a le .son faible dans : Alsace, balsamine et dans la sjilabe trans suivie d'une voj'elle : transaction, transit, etc.
G. A la fin des mots, les consonnes consécutives se traitent d'une manière particulière soit pour l'orthographe, soit pour la prononciation (v. § 5()).
1. Quand le mot est terminé par une setde consonne, cette consonne ne peut être qu'une licpdde : mer, sel, bâton, /r/Zm, ou une muette ou spinatfe forte, savoir: c, t,p, f, s, qui se prononcent ou ne se prononcent pas, selon les cas : sac, habit, rrp, veai, a ris.
En principe, le mot ne peut finir par une douce; c'est pourquoi le V latin final devient f: bov-em bœuf, et le / consonne / voyelle: maj-us mai. Dans )>ied,jonf/, le d et le // devraient être remplacés par / et c: il n'y a d'ailleurs que fort i)eu de mots terminés par (j, il n'y en a point par b et un ])etit nombre i»ar d: ehaml, nœud, etc.
Le français moilcrne no laisse on général subsister la consonne linalo nnu-lte que quand elle reparaît flans un dérivé. C'est d'après cette règle que l'on écrit
fiahit, lait, à cause des dérivés salutaire, laitière, tandis que l'on écrit, sans t, vertu et tous les mots terminés phonétiquement par é — at latin, comme bonté de bonitatem, parce que le ( latin ne se trouve point dans les dérivés; dans les adjectifs et participes passés, la finale est suppiiméo si elle n'existe pas au féminin, encore qu'elle reparaisse dans les auti'es dérivés : nu, nue, malgré nudité.
2. Si le mot est terminé par deux consonnes, la première doit être r, n ou m, et la seconde une muette forte ou s : portf sï/Ms; c'est la raison pour laquelle il ne peut pas y avoir de doubles lettres finales, ainsi fen'er et /er, elle et il, année et an (§ 38).
Le d et quelquefois le g et le b se présentent d'une manière irrégulière dans un certain nombre de mots : rond, grand, plomb, bourg, étang. Les autres formes irrégulières sont surtout modernes, comme rapt, A/ps (v. n° 5).
Un mot ne peut jamais finir par trois consonnes muettes : ainsi le f a disparu dans tu mens, au lieu de tu ments, à cause de la terminaison s, qui ne pouvait être supprimée; tu prends est irrégulier, il faudrait tu prens; dans temps, le p doit rester à cause de tempérer, temporiser, mais le s est de trop.
3. Le principe général de l'orthographe française, en ce qui concerne les consonnes finales, est le suivant :
Si un mot doit se terminer, pour l'oreille, par une consonne, on fait suivre cette consonne d'un e muet qui la rend sonore : étuve (^). Cette règle s'applique à toutes les consonnes, excepté /", qui s'écrit presque toujours /, et r et l, qui se rendent des deux manières. Le tableau suivant indique la manière ordinaire et normale d'écrire à la fin des mots le son des consonnes ou articulations de notre langue.
Articulations finales Lettres Exemples.
a) ] ge marge.
ch che marche.
V ve étuve.
n mouillé .... gne cygne.
b) h be bombe.
p pe pompe.
g gue rogue.
c • que rauque.
c) à de borde (il).
t te porte.
z se rose.
» (ze) (bronze).
s se, fssej .... dense, rosse.
» ce force, exercice.
n ne âne.
m me âme.
d) î f ■ ■ tuf.
r r mer.
» re mère.
1 l ...... . sol.
M le saule.
1 mouillé . ... il sommeil.
» .... ille sommeille (il).
(1) En pareil cas le <? muet n'est pas étymologiquo, mais paragogiqne et n'a d'autre fonction que de faire entendre la consonne précédente qui, privée de ce e comme voyelle d'appui, serait comiilètomenl nulle dans la prononciafion (§ 23).
Ce tableau donne lieu aux remarques suivantes :
a) Les consonnes /o?/(/, cA, r et gn ne se présentent jamais à la fin des mots sans un e nmet. Almanach n'est pas une exception, puisque dans ce mot ch est nul.
h) Les consonnes finales h et (/, p et c ne se trouvent que dans quelques mots et ne se prononcent pas en général, à l'exception du c, qui est le plus souvent sonore.
c) Les consonnes d, t et s (z, x) sont très fréquentes à la fin des mots où elles ne sonnent pas en général. Il en est de même du n final ; quant au m, il est très rare (§ 49).
d) La consonne ;•, qui est la ])lus fréquente à la fin des mots, ne sonne pas dans les infinitifs en er et dans le suffixe ier, tandis que partout ailleurs elle se prononce. — Le l final est très fréquent, le /' Test moins, mais Tune et l'autre consonne se prononcent en général.
4. En ce qui concerne la prononciation actuelle des consonnes finales, il faut distinguer deux cas, selon que la finale est shnple ou coniUnée.
A. Si le mot est terminé par une consonne, cette consonne ne peut être dans la règle qu'une liquide ou bien une !<]>ira}ift ou muette forte :
o) La liquide pure r ne se prononçait point dans le vieux français, pas plus que du temps deKacine, où l'on faisait rimer fer (adj.) avec foi/er. L'usage actuel fait sonner le r final dans beaucoup de mots : pair, fer, Idcer, vapeur, euiller ou cHillère, or, pur; mais r est muet dans tous les pol3'syllabes terminés par le suffixe ier ou er .-poirier, hoaeher, ou par la flexion verbale er : aimer.
h) La finale /, précédée de toute autre voyelle que /, est toujours sonore : seu\, roi, >»or/d,~ excepté dans les deux mots suivants, où elle ne se prononce pas : soûl et enl (dans recid la finale l est sonore). Précédée d'un / sonore, la finale /, qui n'est pas très fréquente, se i)rononce avec le son / pur : //l, sauf dans quelques mots, comme h(d)d, où elle est mouillée (§ 52) ; elle n'est nulle que dans les mots : lard., eltenil, eoutd, fouridl, fasil, yentil^ s., getdd, adj., gril, nombril, outd.,persd,sourcil.'PYkck^kk^ d'un / servile qui suit une voyelle sonore autre que /, la finale / se prononce avec et a le son mouillé, comme dans irara'û.
c) Les finales u et m ne se prononcent pas en général, niai^ elles rendent nasale la voyelle qui i)récède (§ 49).
d) Les linguales / et ,s- ou z (.r), sont nulles eu général : mâf,j>ât. fait, fret, nef, habit, prurit, mot, .<oif, but ; hélas, bras, egjn'ès, deris,
jadis, 08, sus, voix, roux, sauf dans dot, Us, pat, as, vis et tournevis, S final est nul dans les noms propres français : Chartres, Ducis, Geidis, Xantes; Paris, excepté Agnès, Arras. Le z final est nul dans riz, où il est ét3inologique (du latin oryza); — dans tous les mots où il est mis à la place d'un s originaire après e sonore : nez, rez; — et dans les terminaisons verbales ez et iez : chantez, chantiez, ainsi que dans le mot assez, où z remplace ts (^). Z ou tz est aussi nul dans les noms propres : le Forez, de Betz.
e) La gutturale c, est ordinairement sonore : bac, frac, hec^ pic, froc, houe, duc, sauf dans : cotignac, estomac, tabac, arsenicr (quelques-uns cependant font entendre le c), cric (machine),» accroc, broc, croc, escroc.
f) La labiale p est rarement finale et toujours nulle : drap, cep, sirop, loup.
g) La labiale /' est toujours sonore : bref, nei, if, vit, soiiy tuf, sauf dans clef, qui s'écrit aussi clé. Le /' a disparu des motsbailli, apprenti, qu'on écrivait autrefois avec un f final nul : baillif, appreniif.
Comme on l'a vu plus haut, le mot ne peut finir par une consonne douce ; ainsi les consonnes y, v, g, h, ne sont jamais finales dans les mots populaires, sauf g dsinsjoug, où il est muet; la linguale d fait exception et se présente à la place de la forte t dans un assez grand nombre de mots où elle est toujours muette : nid, chaud, pied, lilaid, sauf dans suà.,
B. Si le mot est terminé par deux consonnes, la première ne peut être qu'une des liquides r, n, m, et la seconde une forte- Dans le vieux français, les deux consonnes étaient nulles, et l'on prononçait mort, vers, sans faire sonner r ni la consonne suivante (t, s). Aujourd'hui la prononciation se règle comme suit :
a) La première consonne est r, toujours sonore ; la seconde peut être :
1° Une des linguales t et s, qui sont toujours nulles : imi^ vers, cours, ours, mœurs; dans gars, volontiers, Angers, et quelques autres noms propres, >• est nul comme s. La faible d se présente aussi après r, mais ne se prononce pas : bord, sourd; cependant le d de nord se lie dans nord-est et nord-ouest.
2" La gutturale c, qui sonne en général : arc, parc, porcépnc, turc', elle n'est nulle que dans marc (poids), ptorc^ clerc,.
(l)C'est pouiqiini dans l'ancien français on éci'iviiit non \>Sisen(uns, pans, mais enfanT ponz.
§ ôr; CONSONNES FINALES loô
excepté dans cette expression proverbiale : Compter de clerc à madré. La faible (j est très rare et toujours nulle : botirfj^ faubourg.
3° La labiale /", qui ne se ])résente que dans serî, où elle est toujours sonore, dans cerf\ où elle est nulle, et dans nerf^ dont la prononciation varie ( v. n° G).
La combiaaison m se présente dans les noms propres Béant, Tarn, où n ne se prononce pas,
h) La première consonne est n ou m; n ne se présente que devant (', </, t. d et s, et m seulement devant j; et h. L'une et l'autre consonne ne se prononcent pas; mais le // (m) n'empêclie point la liaison de la consonne finale qui, partout ailleurs, est nulle. Cette dernière consonne peut être : /, f/, i-, comme dans chant., pont, rond, sans; — c ou </ ; hanc, -flanc., jonc., tronc, étang, hareng., long, oing, poing, seing, sang; — p ou h, seulement dans les mots : camp, champ, jiloinb, et ses composés aplomb, sarplomb. Il y a quelques mots où la finale se fait entendre, mais dans certains cas seulement, comme sens, cinq, donc, etc., (v. n° 6).
L'orlhograplie ancienne n'aimait pas l'accumulation des consonnes; c'est au XVI' siècle que, par une recherche pédantesque de l'étymologie, on en a chargé l'écriture; notre ortliographe ne s'est pas suffisamment dél)airassée de ce qu'a fait en cela le XVI" siècle. Le vieux français écrivait les enfans, les pons, les sans, les ners, les eos, les beus, fbœiisj, et non pas les enfants, les ponts, les sauts, les nerfs, les coqs, les bœufs; on éciit encore aujourd'liui le gens et non lesgents, tous et non touts.
Les finales ne se prononçaient j)oint dans le vieux français, et c'est ce dont témoignent encore les dialectes populaires, ainsi que certains mots composés, tels que : béjaune (bec-jaune), chégros (clief-gros), chef-d'œuvre, faubourg (forsbourg), Neuchdtel (neuf-chàtel), joii't'rf /^pic-vert/, etc. La prononciation actuelle n'est pas toujours restée lidèle à ce [)rin(ipe et elle fait soinier les finales, non seulement dans les mots modernes on (Hrangers, tels que déficit, cluh, cap, blocus, cther, exil, intérim (v. § TiH), mais encore, comme on vient de le voir, dans beaucoup de mots d'origine populaiie, où elles étaient nulles autrefois.
5. 11 y a des combinaisons irrégulières de consonnes finales, qui sont très rares et se rencontrent surtout dans les mots d'origine savante. Elles se divisent en deux groupes, selon que la seconde consonne est / ou 8 : direct, poids. On doit remar(iuer ([ue ces doubles consonnes éi)rouvent en général le même sort^ soit qu'elles se prononcent ou ne se fassent point entendre.
a) La dernière consonne est t ; elle forme les groupes suivants : et, sonore dans (tbjpct, direct, corrrct, infect, iidellect, compact, contact, i)dact, frtct, strict, nul dans atiticf. district, exact, dans les mots où il est i)récédé d'un ti : distinct, instinct, snecinrf, et dans ceux où cet est précédé de p, aspect, circonspect, respect, et suspect; — gt, nul : doiejt; — pt, sonore dans concept, ra^t, et nul après m: exempt, prompt, d rompt; — st. sonore dans ^st, oitest.
loO CONSONNES FINALES § r,Q
lest, Christ, /e.zist et le e^'St, Brest, et nul dans //. est^ test ou têt] — //. sonore ; induit, niait; dans les noms propres français, It ou /(/ ne sonne pas en général : Perrault, Arnauld, LarocJtefoncault, Archambault, Regnault, excepté Soult. La prononciation de vi)tf/t et sejd varie (v. au n° G),
b) Les groupes ayant s pour finale sont : es, gs, ts, ds, As, qui ne se prononcent pas : lacs, legs, mets, rets, puits, poids, remords, fonds, pouls, fils; — ps, qui est sonore dans ?aps, reZaps, /brceps, etc., et nul après r ou m, comme dans corps, temps, printemps-, — hs, qui est muet dans Douhs.
Il faut encore ajouter Ip, le et se, qui sont toujours sonores : a/lp, talc, husc, hrusc, fisc, ntuSC.
6. Il est quelques mots dont la prononciation est réglée d'une manière plus particulière par le sens ou la position dans la phrase.
a) Les consonnes finales des noms de nombre huit, sept, six, dix, cinq et neuf se prononcent devant une voyelle ou un h muet, ou lorsque ces mots sont employés substantivement ou suivis d'une pause : huit œufs, sept écus, si'K. a)is, cinq écoliers, neuî hommes. Ils étaient huit, sept, six, di'K., cinq^, neuf. Le huit de trèfle, le sept depicpie, le neuî du mois. De l'argent à cinq^ [jour cent. Nous étions cinq en tout. Quatre et six font dix. Partout ailleurs ces consonnes ne se prononcent pas : huit chevaux, sept jours, six tables, cinq livres, ils sont neuf mille. IjSi ûndle de dix est encore sonore dans les composés : dix-sept, dix-huit. Le t de îHngt sonne quand il est suivi d'une voyelle et dans la série de vingt à trente : vingt ans, vingt-trois,
h) Le .s- final de sens, tons, p)lus, ne sonne que devant une voyelle : un sens actif , tous anim((ux, plus g7>-o/f. On prononce donc : le sen (s) commun, phi (s) de mille, tou (s) les hommes, fou (s) viendront, ils y sont tou{s) (v. Littré, au mot tout).
La finale s des mots j^lns, près, lors, puis, sonne dans les composés : plus-que-parfait, p^iisque, prescpie, lorsque.
c) Le c de donc se fait entendre quand ce mot se trouve devant une voyelle ou qu'il commence ou termine la phrase : Pariez donc. Venez donc ici. Je pense, donc je suis. Partout ailleurs il est nul : Il est donc mort.
d) La finale des mots bœuf, nerf, œuf, chef, coq, cil, CJirist, lis, sieur, est nulle dans les expressions et mots composés : hœtif gras, bœuf salé, nerf de bœuf, œuf dur, œuf frais, chef-d'œuvre, coq d'Inde, sourcil, Antéchrist, Jésus-Christ, fleur de lis, monsieur (pron. mo-sieu). Il en est de même de c dans les mots composés
([uand nue cousoune suit : (in--bontant, bec-d'âne^ héjanne ( = becjauue), pived {= pic-vert). Le c d'échec est sonore : échec et mat, des échecs imprévus, excepté dans jeu d'échecs, jouer aux échecs.
Le f des mots hwuf, uerf, a^uf, est encore nul quand les mots sont employés au pluriel : les bcviifs, les nerfs, les ouf s.
Si roii cherche le luotilde cette règle, ou verra que, provenant sans doute du besoin d'éviter ["accumulation des consonnes, elle se fonde sur le plus antique usage de la langue. En efl'et, dans les cas pareils, c'est-à-dire quand le mut prend s, la vieille langue ellace de l'écriture et par conséquent de la prononciation la consonne finale : le coc. U cos.
7. Les consonnes finales reparaissent le plus souvent dans la flexion et la dérivation des mots ; ainsi le t de fort se montre de nouveau au féminin forte et dans le dérivé fortpresse. C'est donc par la dérivatidu ([ue nous apprenons à connaître les consonnes finales qui sont muettes pour Toreille.
La consonne finale peut subir divers changements, selon que la terminaison de flexion ou de dérivation est une voyelle ou une consonut'.
a) Si la terminaison commence par une mijelle, la consonne finale conserve en général le son qui lui est propre ; ainsi le d, de (jrand, qui sonne comme / dans la liaison, reparaît avec le son qui lui est propre dans le téminin gratide et les dérivés fp-<nidir, grandeur.
1° Si fj et c ont le son de ; ou de .';, on maintient ce son devant a, 0, u, au moyen d'un e servile, placé après le // ou audessous du r sous la forme de la cédille ; c'est ce qui arrive en particulier dans les verbes en f/er et cer : U mangea, nous traçons (douceâtre p. douçâtre est une anomalie). En revanche ç/u, qii, subsistent dans toute la conjugaison, même devant a, o : // naviguait, nous fdiriqixons. ]\rais, dans les dérivés, (/u devient 7, et qu secliange le i)lus souvent en r : navigable, fabricant.
2" Les liquides // et / se redoublent en général, particulièrement devant un c ou ai)rès un ^qui doit rester sonore : bonnr, questionner, crueWe, il appclh-. Les finales /, s et r se redoublent aussi quelquefois : nette, d jette, e/rasse, ferrer.
Les mots gras, gros, fer dérivent du latin crassus, ferrum; ils ne s'écrivent |ias avec deux s ou deux r, parce qu'en IVai^ais le doublement de la consoime ne peut jamais avoir lieu à la lin des mots. C'est poui- la même raison qu'on écrit il et an. nialgié elle et année (§ Tid). Mais, en général, les lettres retranchées de cette manière à la fin des mots primitil's reparaissent dans la fiexion et tians la dérivation; par ex. : grasse, année, journée, fournée, etc.
3" La consonne finale peut se transformer en une autre consonne. Ainsi c devient sifflant avec la cédille : (u-c, arçon, ou chuintant: arc, archer; sac, s((chef, OU reste guttural -.parc, parquer. Le preste guttural dans les dérivés dt^cinq, secliange
loS LIAISON DES MOTS § 57
en ch dans cochtf , de coq, qui a aussi donné coquet^ et en c sifflant dans niKsicien, de musique. Bourg, fonds, pieà., donnent hourgeois, foncier, piéXer.
Assez souvent la consonne finale retourne à sa forme étymologique; ainsi vit de l'iviis, donne viye, vivacité; inalin de tnalignus, maligne; poing de pugnus. poignée; curieux de curiosus, curieuse; vert de viridis, verdir, verdure, mais verte, etc.
/;) Lorsque la consonne finale est suivie d'une terminaison de flexion ou de dérivation commençant par une consonne, il eu résulte souvent un choc d'articulations que l'on évite de trois manières différentes :
1" Si la terminaison est une consonne nulle, on supprime ordinairement la consonne finale du radical, quand elle n'est pas un r ou un n ; par ex.jejyars, au lieu de ye jxtrts de part-ir.
2° Si la terminaison commence par r, on intercale souvent l'une des deux linguales t et d; par ex. croître (c'est-éi-dire croist-re),join-d-re au lieu de joinre, il fau-d-ra.
3° Si le radical est terminé par un l, cette consonne se change en w; par ex. Je rau^-aulieu de mis de valoir, chevctuxde cheval, royauté de royal.
Le changement de l en u est organique et remonte au XII« siècle; le latin aller a d'abord donné a\tre, puis autre (§ 39).