‹ Cours de lecture à haute voix ou Leçons pratiques de lecture française et de prononciation, préparées spécialement pour les écoles canadiennes [microforme]Chapitre 33 sur 75 · PREMIÈRE SÉRIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE SÉRIE

No 1.—La Souris prudente

Pacë-t'aûpré—avé—du lar—mé l'fléré—c’la n’peû m’nuir’en riin—aprocha.

Une souris passait auprès d’une souricière dans laquelle on avait placé du lard nouvellement grillé.—#Je me garderai bien d’y toucher, dit-elle, mais le Îlairer, cela ne peut me nuire en rien.”— Elle approcha : flaira, toucha le lard avec son museau, la souricière se ferma— L’imprudente était prise.

Le moindre danger que nous courions de notre plein gré peut nous conduire à notre perte.

No 2%.—Le Pater

Où lit les vers comme la prose ; c’est-à-dire + que les points de repos sont déterminés ‘Par ie sens, et non par l’hémis. tiche ou la fin du vers: 2 que l'e muet s'élide plus ou moins, Suivant le caractère du discours : plus, s’il est familier, moins, :

RE STAGE tip ,

m'nuir’en

aricière uvelleoucher, uire en le lard TIMA.—

ons de , notre

que les | l’hémisu moins, , Moins, :

s’il est soutenu. Ex: C'était pendant l'horreur d’un’ profond’

nuit; ma mèr’ Jésabel devant moi s'est montrée, comme au

pe de sa fn pompeus’ment parée… Trembl’, m'a-t-ell' dit, }l” dign’ de moi.

Dans les vers suivants on dira: On n’ s’arèt pä-z'en disan sa prièr’ | voayon | ne rèste pà cètt’ foa-z'en arièr’ | recommenc’ avèk moa J'Paler | et di biin [ donn’-nou | —dorn’nou | —le pin quotidiin | —le pin | —et biin | encor | pourquoi don cètt’ paûz’ | et pourquoi murmoté ton bâ d'cô m6 ke j'n’enten pâ —Chèr” maman | voaci la chôz | j'prié l'hon Dieu | Car le pin c'é biin sèk | de nou doné toujour-z'un peù d'heu-r'avèk.

—On ne s'arrête pas en disant sa prière :

Voyons! ne reste pas cette fois en arrière, Recommence avec moi le Pater, et dis bien:

Donne-nous...….

—Donne-nous..….

—Le pain quotidien, —Le pain...

—Ët bien encor! Pourquoi donc cette pause ?

Et pourquoi marmotter tout bas De ces mots qüe je n’entends pas ?

—Chèro maman, voici la choge:

Je priais le bon Dieu, car le pain c’est bien sec, De nous donner toujours un peu de beurre avec,

No 3.—La Noix

Deù p'ti garçon—nouê—Bèrnar—s'engagea—plaçga—câça— sera—ki la ramâcé—la plupar.

Deux petits garçons trouvèrent une noix sous un arbre.—" Elle est à moi, dit Pierre, car c’est moi qui l'ai vuc ie premier Non, elle m'appartient, reprit Bernard ; car c’est moi qui-l'ai ramassée. "— Là-dessus s’engagea entre eux une violente querelle.

“Je veux vous mettre d'accord,” dit un pas-

sant.—Il se placa entre les deux petits garçons,

cassa la noix et dit: “ L'une des coquilles appartient à celui qui le premier a vu la noix ; l’autre

sera pour celui qui l’a ramassée ; quant à l’amande je la garde pour prix du jugement que j'ai porté. —Sachez, ajouta-t-il en riant, que c’est ainsi que se terminent la plupart des procès.”

No 4.—L’Ecorce de la Noix

Dans le discours soutenu : d’un gou-t'agréable; en appuyant légèrement sur la liaison.

La petite Lise trouva au jardin une noix encore enveloppée de son écorce verte.—L’enfant la prit pour une pomme, et voulut la manger.

—AÀ peine y eut-elle mordu qu’elle sécria:

“ Fil que ce fruit est amer !” et elle le jeta.— Conrad, frère de la jeune étourdie, mais plus expérimenté qu'elle, ramassa la noix, la cässa et dit: “Je ne fais pas attention à cette enveloppe amère, car je sais qu’elle cache une amande d'un goût agréable.”

No 5.—Le Vase du Japon

Richar—en jouan-t'aü salon—écla—on va—ce väze, je pouré-z'aû jardin lanfouir—parlé, ne pui-j’ pâ m'tèr—méfé—l'embraça—déja-t'inspir’—tu f’ra ma gloar’.

Richard, en sautillant, en jouant au salon,

Avait mis en éclats un vase du Japon; faire ?.… Sa torreur était grande 1... “Oh! mais, dit-il, quo On va bien me gronder, peut-être me punir:

Ce vase, je pourrais au jardin l’enfouir,

Et si l’on en parlait, ne puis-je pas me taire ?...,

Non, c’est presque mentir, et mentir est affreux |

Je vais trouver mon père, et, les pleurs dans les yeux, Lui conter mon méfait!”’ Il courut vers son père, Son père, qui le prit soudain sur ses genoux,

n appuyant

noix en- -L'enfant manger.

s'écria :

e jeta.— aais plus la cässa tte enveche une

âze, je pouméfé—l'em-

[faire ?.… dit-il, que

Ts

freux |

s les yeux, n père.

L'embrassa et lui dit d'un accent tendre et doux: ‘Allons, ne pleure plus, ta faute est bien légèro.

Ecoute mon enfant: je vois qu’au fond du cœur

Le mensonge déjà t’inspiro de l'horreur ; [cesse, Eh bien! comme aujourd’hui, Richard, sois vrai sans Puis tu feras ma gloire, à mon aimable enfant !

Jo te croirai pour tout, ot quand tu seras grand,

On t'environnera d'estime et de tendresse | ”

No 6.—La Vigne

Sur le poin d'mourir—un trézor — mété-vou—apré—mé—i] n avé jamêë—l'térin—d’soin—rézin.

Un père sur le point de mourir dit à ses trois fils : “ Mes chers enfants, je ne puis vous laisser que cette chaumière et le vignoble qui y touche. —Mais dans cette pièce de terre est enfoni wn trésor. —Mettez-vous à fouiller sans relâche, et vous ne manquerez pas de le trouver.”

Après sa mort, ses fils n’eurent rien de plus pressé que de retourner tout le vignoble avec la plus grande diligence ; mais ils n'y trouvèrent ni or, ni argent.—Comme ils n'avaient jamais travaillé le terrain avec autant de soin, 1l produisit cette année une telle quantité de raisins qu'ils en furent surpris: ce n'est qu’alors qu'ils devinèrent ce que leur père entendait par le trésor.

No 7.—Le petit Paul

C'étè—pârin—sa par—lutin-—f6 l’partage—loin—visillar—-la fin lacâäble—moatié—revin-"#zir—çce Soar—Caréça.

C'était jour de fôte au village:

Le petit Paul, selon l'usage, Etait allé chez son parrain

qu mg de mp ma nm tte. + sn r nr ns ee nn ne "

Pour chercher sa part de la fête, Et revenait levant la tête, D'un air tout espiègle et lutin.

Voilà qu’une enfant sans asile,

Venus à pieds nus de la ville,

Sur la route lui tend la main ;

Paul, sans trouver que c’est dommage, De ses bonbons fait le partage,

Et reprend gaîment son chemin.

Plus loin, un vieillard centenaire, Tout haut, dans sa vivo prière, Implore secours et pitié :

La faim l’accable et le déchire ; Paul lui donne, avec un sourire,

De ses bonbons l’autre moitié,

Puis il revint dans sa chaumière, L'âme satisfaite et légère, Le plaisir brillant dans ses yeux.

Oh ce soir, sa mère, je gage,

Le caressa bien davantage,

Et Paul s’endormit plus heureux!

No 8.—La Tentation

Oguste — jerdin—avé—étéyé— on-n’voa-t’âme—répondi-t'6guste—pèrmi—k'importe—s’écria — propriétèr —movèz— papæ —disë—ki lé-t'empéché d'sucombé-r’a la tentâtion.

Ernest et Auguste, se promenant un jour ensemble, vinrent à passer devant un jardin dont la porte était ouverte. —Y étant entrés par curiosité, ils trouvèrent des pruniers tellement surchargés de fruits mûrs qu'il avait fallu les étayer.—" Régalons-nous ici, dit Ernest à Auguste ; on ne voit Âme qui vive dans le jardin. —CGrardons-nous en bien, répondit Auguste ; il

age,

répondi-t’6- DVÈZ — papa:

jour endin dont j par cuellement fallu les st à Aue jardin.

œuste ; il

ne nous est pas permis de toucher À ces fruits, qui ne nous appartiennent pas.— Eh, qu'importe ! s'éeria Érnest, le propriétaire ne s’'aperceyra pas du peu que nous pourrons manger.—Notre aclion n’en serait pas moins mauvaise, répliqua Auguste, car on ne doit rien dérober, ne füt-ce qu'une bagatelle, No te rappelles-tu plus ce que papa disait l’autre jour, en nous racontant l’his. toire du voleur que les gendarmes conduisaient en prison ?—ÆEh bien, que disait papa ? demanda Ernest.—Il disait qu’on commence par des bagatelles et qu’on finit par des crimes. ?— Ernest, devenu pensif, convint qu’ Auguste avait raison : et les deux enfants passèrent leur chemin.—Quel bonheur pour Ernest d’avoir rencontré un ami

qui l'ait empêché de succomber À la tentation !

No 9.—Quatrain

Katrin—homme | il & dan ton keur | un’ voa | ki t’cri de suivr” la justiss’ | 6 d'émé ta patri | cé deû mo diz'tou | s’il son biin-n’èks-pliké | mé | ce n’ë riin encor | s’il ne son pratiké. Riin | encor (suns liaison.)

Homme, il est dans ton cœur une voix qui te crie De suivre la justice et d'aimer ta patrie.

Ces deux mots disent tout, s'ils sont bien expliqués ; Mais ce n’est rien encor, s'ils ne sont pratiqués.

No 10.—Le Frère et la Sœur

Jäk 6 Ana étë seul-z'a la mèzc. —un n’endroa-t'ou—;consen-z’a tsuivr—létri—trouv'ron—mang’ron—voazin—armoar —-répondi-t'Ana—ne nou véra—un n'euil —s'écria—t{tu à rèzon —lavé-z'onibliénul’ par.

Jacques et Anna étaient seuls à la maison ; le frère dit à sa sœur: “ Viens, cherchons quelque chose de bon pour nous régaler.”

rte Enr rpaneenssenr ae hetéignenr rase nn

| Anna répondit: ‘“ Si tu peux me conduire | dans un endroit où personne ne puisse nous voir, je consens à te suivre. ”

— Éh bien, dit Jacques, allons dans la laiterie, nous y trouverons de la crême excellente et nous en mangerons. ”

.. Anna reprit: “Le voisin qui fend du bois dans la rue ne manquerait pas de nous voir.

— Viens donc à la cuisine, dit Jacques, il y a du miel dans une armoire, nous en étendrons sur notre pain.

— Mais tu n’y penses pas, mon frère ! répon- | dit Anna; et la voisine, qui file assise devant la fenêtre, ne pourrait-elle pas nous voir ? |

— Allons donc à la cave où sont les fruits, nous en mangerons à notre aise: il y fait si noir que personne ne nous verra.

— Ah ! mon frère, reprit encore Anna, es-tu bien sûr que personne ne nous verra? Tu as | donc oublié qu'il y a au ciel un œil qui voit dans les ténèbres les plus épaisses, et même au travers des murailles ? ”

| Jacques, épouvanté par cette observation, s'écria : “ Tu as raison, ma sœur, je l'avais oublié ! L’œil de Dieu perce tout et il voit tout. On ne peut donc faire nulle part quelque mal sans qu’il le découvre.”

Anna se sentit heureuse d’avoir ramené sou frère à son devoir; et elle lui donna une estampe où l’on voyait l'œil de Dieu entouré de rayons, avec ces mots au bas :

Dieu voit tout, est partout. On a beau se eacher,

À son œil pénétrant on ne peut se soustraire. Quand on pèche en secret, ce n’est pas moins pécher; À l'étgruel témoin gardons-nous de déplaire.

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