‹ Cours de lecture à haute voix ou Leçons pratiques de lecture française et de prononciation, préparées spécialement pour les écoles canadiennes [microforme]Chapitre 35 sur 75 · NA · texte numérisé non relu

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trente familles, qui, aux approches de l'hiver,

ne savaient eù trouver un abri. —Le respectable curé du village incendié, qui avait lui-même perdu tout son avoir, était moins inquiet de son sort que de celui de ses paroissiens.—I]l parcourut les villages voisins pour recueillir des secours en faveur de ces malheureux, et fit insérer dans les journaux le récit de l'événement affreux qui les avait réduits à la misère —Ses efforts furent couronnés d’un plein succès. —Il reçu de tous côtés de l'argent, des vivres et des objets d'habillement.—Un jour qu'il réfléchissait au meilleur usage qu'il pourrait faire des derniers secours qui lui étaient parvenus, il vit entrer chez lui un jeune garçon des euvirons, qui lui remit une pièce de deux francs et un vieil habit, en le suppliant de vouloir bien accepter ce don pour les incendiés. “ Je sais, dit-il au curé, que c'est peu de chose, et , Si j'avais cru ma sœur, je ne serais jamais venu chez vous ; Mais enfin ie malheur de votre paroisse m'a touché, et il m'a été impossible de résister à l'envie de vous offrir le peu que j'avais. ”—A ces mots le curé ne put retenir ses larmes ; elles coulèrent en abondance, et il dit au vertueux enfant, en l'embrassant : “Tu as donné, comme la veuve de l'Evangile, tout ce que tu avais, et par conséquent tu as donné plus que tous les autres. Ton offrande est agréable au Seigneur, Conserve, Ô mon fils, tes excellentes dispositions, et Dieu te bénira. ”

No 39.—Quatrain

Pour ke l’Sègneur (arl.j—chak instan—avèk touss'—reco. néçan.

Aime les malheureux, pour que le Seigneur t'aime, Hélas 1 à chaque instant, tu peux tomber toi-même, Sois honnête avec tous ; Pour tes amis, constant; Montre, après le service, un cœur reconnaissant,

No 40.—La Source

Le p’ti Guillañm'—6 moman-t'ou—s8 jo: :étô brulante—il éprouvë-l'un’ soaf èkcécive—au lieû d'se r'pôzé-r'avan d'hoar'— Ô-citô-t'indispôzé—retourna—élàss —|; d’douleur (arl.)—ki orë cru—limpid’ — pcazon—maladi (art.) —im prudance— intampérance,

Un jour d'été, le petit Guillaume traversait les champs au moment où la chaleur se fait le plus vivement sentir.—Ses joues étaient brülantes, et il éprouvait une soif excessive, lorsqu’il découvrit, à l'ombre d’un beau chêne, une source d'eau claire comme le cristal, et qui sortait d'un rocher.—Au lieu de se reposer avant de boire, et de ne boire que très peu à la fois, comme l'on doit faire quand on x bien chaud, Guillaume but tout d'une haleine une grende quantité de cette eau, qui était extrêmement fraîche.—Il se sentit presque aussitôt indisposé. Il retourna chez ses parents, où il devint dangereusement malade le même jour.

“ Hélas! disaitil en gémissant sur son lit de douleur, qui aurait cru qu’une source, dont l’eau était si limpide, renfermait un poison si dangereux ?

—Ce n’est pas la source, dont l’eau est si pure, qui est la cause de ta maladie : c’est ton imprudence, c’est ton intempérance, ” lui dit le père.

En toute chose, il faut de la modération et de la prudence. |

nte—il Oar— ki orë ampé-

rsait it le brûlorsune SOrvant fois, aud, nde )ent OSé.

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ure, )r'Uère.

1 et

Aportë— venë — pôzë—reconë — vèrsé—sa etc., sin—éçor'—lâcé—la bà—0 va, tu n’a pu—min,

No 41.—La Chapelle

Te souviens-tu, blancho chapeke, Du pauvre enaut

Qui t’apportait son cœur fidèle Ut confiant ;

Qui sous ta voûte bien-aimée Venait le soir,

Elever à Dieu la fumée De l’encensoir;

Et qui posait aux jours do fête, En souriant,

Une couronne sur la tête Du saint Enfant ?

Reconnais-tu, sous son front mäle, Ses jeunes yeux ;

Autour de son visage pâle, Ses blonds cheveux ?

Ce cœur débordant de l'ivresse . Que tu versais, Il a porté tant de tristesse.

Si tu savais |

LICACE]

Si tu savais ce que sur terre Il a trouvé,

Au lieu de ce qu’en sa bruyère Il a rêvé!

Oh ! qui lui rendra la prière Qu'il soupirait,

Quand au milieu de la lumière Dieu descendait ;

Ou quand, tout ému de vos charmes, Cantiques saints,

ë—soupiré—émé

Il cachait ses yeux pleins de larmes Dans ses deux mains ?

L'insensé vers uno autre plage À pris l'essor;

Il a perdu daus le voyage Son doux trésor.

Il a cherché dans ce qui passe Un faux bonheur,

Sans pouvoir cffaccr la trace De ta splendeur.

Aujourd'hui, lassé d'espérance En l'avenir,

Il vient chercher dans ton silence Un souvenir.

— Enfant, sens-tu ma douce flamme ?

Je te connais,

Et je veux verser dans ton âme Toute ma paix.

Dicu qui venait au sanctuaire, Toujours y vient,

Il aimait ta jeune prière...

Il s’en souvient.

En vain là-bas, pendant l'orage, Il t'appelait :

Depuis longtemps, sur co rivage, Il t'attendait..…….

Oh! va, tu n'as pu le reprendre Ce cœur donné!

Dieu le gardait pour te le rendre Prédestiné.

Cède à la main qui te relève:

Bénis ton Roi!

Tu fis un rêve, un bien long rêve:

Eveille-toi!

Marre Jr.

— 14i — No 42.—Le Laboureur et son Fils

Pacédô—gran blin—jardin—atèsté — dirigé —manké— arive —ap'la—fiss" — parte (art. }—survèill'ra—éfréyé — ancouraja — l'ambraça—avèk crinte—i] travailla—devinr’ chak jour (art. inspèkta—trouva—l’on dizë—loua—c'la n'avé pâ—je sa mint’nan tu & dev’'nu un-n’omm’,

Un laboureur possédait de grands biens : des champs, des jardins, des prairies, des troupeaux de vaches et de brobiss il avait aussi beaucoup de serviteurs et de servantes—La tenue et la richesse de sa maison attestaient l'habileté et la sagesse du maître, qui dirigeait tout si bien que rien n’y manquait. |

Il arriva que le laboureur fut obligé de faire un long voyage.—Il appela son fils, et lui dit: “Joseph, je suis obligé de partir, tu surveilleras la maison et la ferme jusqu’à mon retour. ”

Le jeune homme fut effrayé d’une telle tâche : mais le père l’encouragea, l'embrassa et partit.

Joseph se mit d'abord à l’œuvre avec crainte, puis il prit courage en se disant : “ Mon père le veut ainsi, je dois le faire. ”

Il travailla avec zèle, et les fautes qu'il commit dans le commencement devinrent chaque

jour plus rares.

Plusieurs mois après, le père revint ; et quand il inspecta la maison, ses champs et ses troupeaux, il trouva tout en bon ordre, l’ensemble comme les édtails.—En outre, la réputation de son fils s'était répandue dans la contrée ; et l’on disait, tel père, tel fils.

Le laboureur loua son fils de sa bonne administration. e

“ Mon père, dit le jeune homme, si cependant cela n'avait pas réussi ?...” |

Son père lui répondit en souriant : “Mon fils, je savais ce que tu pouvais faire, et tu ne le savais pas. J'ai voulu te faire acquérir la conscience de tes forces, c'est pourquoi j'ai exigé beaucoup de toi. Maintenant tu es devenu un homme, ”

No 43.—Bonheur de l’Enfant vertueux

Bieneureù, mil’ foa—ke 1 Sègneur—é ke ce Diet—instruir’-— loin du mond'’ élvé—nécance—poin—inocance—en-n'un secré

valon—croa-t'a l'abri d'J'akilon-—liss —docil.

Oh! bienheureux, mille fois, L'enfant que le Seigneur aime, Qui, de bonne heure, entend sa Voix, Et que ce Dicu daigne instruire lui-mêmel Foin du mondo élévé, de tous les dons des cieux Il est orné dès sa naissance ; Et du méchant l’abord contagieux N'altère point son innocence.

Tel en un secret vallon, Sur le bord d’une onde pure, Croit à l'abri de l’aquilon Un jeune lis, l’amour de la nature.

Heureux, heureux mille fois, L'enfant que le Seigneur rend docile à sa voix!

No 44.—Les quatre Saisons oi

â—dizë l’p’ti-t’anri — trénô — l'antandi — Jui di (arl.), mon fiss’, tu m'Prû plézir—souë—anri lécrivi— min tramblante— s’écoula — printan— prom'na un jour avèk—jacinte—oricul’-— parfun—écla—sèzon—voudré-tu biin—plin d'joa—tarda pâ-z'a fèr” —ala —vèrdoayan —fezë— roulé-r'an n'onde-—-poulin plin d'feû—dë crize—k'il dura—tout’ l’ané—inscri—l'oton-n’ariva —Serin—lé cè d'vigne—noar—u-n'odeur—k'il rêsta an ch'min— kita jamë—n6 d’zir—peù rézonable—nouvoar.

“ Ah ! si l'hiver pouvait durer toujours ! ” di-

sait le petit Henri, au retour d’une course en 2

n fils, le sacon:

exigé au un

truir’— n secrê

}, mon lante— ricul’— \ pâ-z'a in plin n’ariva 'min—

LL di-

e cn

traineau, tout en s'amusant dans le jardin à Îormer des hommes de neige.

Son père l’entendit et lui dit: “Mon fils, tu me ferais plaisir d'écrire ce souhait dans ce portefeuille.”

Henri l'écrivit d’une main tremblante de froid.

L'hiver s’écoula, et le printemps le suivit,

Henri se promena un jour avec son père le long d'une plate-bande, où fleurissaient des jacinthes, des auricules et des narcisses.—]l était transporté de joie en en respirant le parfum et en admirant l'éclat de leurs couleurs." Ce sont les productions du printemps, lui dit son père : cette saison est celle des fleurs ; elles sont brillantes, mais d’une courte durée.

Ah! c’est bien dommage, répondit Henri; pourquoi le printemps ne dure-t-il pas toujours ?

— Voudrais-tu bien écrire ce vœu sur mes tablettes ?” lui dit son père.

Henri écrivit, le cœur plein de joie.

Cependant le printemps ne tarda pas à faire place à l'été.

Henri profitant d’un beau jour, alla se promener au Village voisin avec ses parents et quelques compagnons de son âge—Ils trouvèrent sur la route, tantôt des blés verdoyants, qu'un vent léger faisait rouler en ondes comme une mer doucement agitée : tantôt des prairies émaillées de fleurs.—Ils voyaient de tons côtés bondir les jeunes agneaux, et des poulains pleins de feu faire mille gambades autonr de leurs mères.—Ils mansèrent des cerises, des fraises et d’autres fruits de la saison; etils passèrent la journée entière à s’'ébattre dans les

champs.

“N’est-il pas vrai, Henri, lui dit son père en s'en retournant à la ville, que l'été a aussi ses plaisirs ?

—Oh! répondit:il, je voudrais qu'il durat toute l’année !”

Ce souhait fut encore inscrit dans le portefeuille,

Enfin, l'automne arriva.—Toute la famille alla passer un jour en vendanges ; il ne faisait pas tout à fait aussi chaud qu’en été, mais l'air (lait doux et le ciel serein; les ceps de vigne étaiont chargés de grappes noires ou d’un jaune d'or; ies melons arrondis, étalés sur des couches répandaient une odeur délicieuse ; les branches se courbaient sous les plus beaux fruits.—Ce fut un jour de régal pour Henri, qui n’aimait rien tant que les raisins et les melons.—Il eut en outre le plaisir de les cueillir lui-même.—"# Ce beau temps, lui dît son père, va bientôt passer : l'hiver s'achemine à grands pas vers nous pour remplacer l'automne.

— Ah ! répondit Henri, je voudrais bien qu'il restât en chemin, et que l’automne ne nous quittàt jamais. ”

Alors son père, tirant ses tablettes de sa poche, lui montra et lui fit lire les vœux qu'il avait auirelois formés.—Henri rougit, et son pére n'eut pas de peine à lui faire comprendre que toutes les saisons de l’année sont nécessuires, et qu'elles ont toutes leurs plaisirs ct leurs avantages.—“ Tu vois, lui dit-il, combien nos désirs sont souvent peu raisonnables, et combien nous sommes heureux de ce qu'il n’est pas en notre pouvoir de régler le cours de la nature, ”

père en Aussi ses

1 durât e porte-

famille e faisait ais l'air le vigne n jaune couches ranches —Ce fut ait rien eut en à tt Ce passer :

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de sa X qu'il et son prendre nécesisirs Ct ombien bles, et ‘il n’est s de la

No 45,—Quatrain

ÊÉgzistance—on n’peû l'oomprandr' on n’peû lignoré…la voa de l'univè-r'anonce—k'il fo ladoré.

Tout annonce d’un Diou l'éternelle existenco: On ne peut le comprendre, on ne peut l’ignorer. La voix de l’univers annonce sa puissance, Et la voix de nos cœurs dit qu'il faut l’adorer,

No 46.—Les Mouches et les Araignées

Un jeun’ princ’ dizë souvan—a.t'il don—arégné—{e 18 détruts rô touss’—éyan-t'éclaté—l’én mi —s0 r'pôzë-t'un soar— foré… solda—s'glica pré d'lui—sâbre—min—soudin—écitécache… sa toal’—s'arctèr 6 ur-t'ançambl'—c'é la d'dan kil se s'ra caché—(omban-t'a g'nou—él'van 18 min—s'écria.

Un jeune prince disait souvent: “ Pourquoi Dieu a-t-il donc créé les mouches et les araignées ? Ces insectes ne sont d'aucune utilité aux hommes. Si j'en avais les moyens, je les détruirais tous jusqu'au dernier.”

Une guerre ayant éclaté, notre prince fut obligé de fuir devant l’ennemi—Harassé de fatigue, il se reposait un soir sous un arbre dans une forêt où il sendormit bientôt. Un soldat ennemi le découvrit et se glissa près de lui, le sabre nu à la main, pour le tuer.—Soue dain une mouche se pose sur les joues du prince et le pique si fortement qu'il se réveille.—Il tire aussitôt l'épée et s’élance vers le soldat qui prend Ja fuite.

Le prince se cacha alors dans une caverne de la forêt. — Pendant la nuit, une araignée établit

sa toile à l’entrée.—Le matin, deux soldats s'arrétèrent devant cette cavarna eteurent enstmble

LL LE Se TULILC i1C

la conversation suivante que le prince entendit

fort bien: “ Vois-tu, disait l’un en montrant la grotte, c'est là dedans qu'il se sera caché.—Cela n’est pas possible, répondit l’autre, car en entrant il eût infailliblement déchiré cette toile d'araignée.”

Lorsque les soldats furent partis, le prince, tombant à genoux et élevant les mains vers le ciel, s’écria: “O mon Dieu! hier vous m'avez sauvé la vie par le moyen d’une mouche, et aujourd’'hui c’est par une toile d’araignée que vous me dérobez aux coups de mes ennemis. ”

Dieu n’a rien fait d’inutile; il a tout créé, au contraire, pour notre bien.

No-47.—L’Ecolier

Un tou p’ti-t'anfan—tâché d’obéir—il sui dé-z'ieû-z'un’ abèilie —voulé-vou m'parlé—tré-précé—lontan-z'oprécé—je :r’déçan— réyon—oron—le frè lilà sortë—pâss’ —éfleur —du p'ti nonchaian —je m’saûv’, a d’min—muë—bécé—stantor—prudan-t'a la foa— de léfréyé—retiin (ar.)—élâss — plintif—-j man plin—je l'sui pluss’ peu-t'être—0ci ce beuf—alé don-k’'a l'écol’ — mon p'tit'ange—lécouta dire—béza.

Un tout petit enfant s’en allait à l’école.

On avait dit: Allez!... [1 tâchait d’obéir;

Mais son livre était lourd; il ne pouvait courir. Il pleure, et suit des yeux une abeille qui vole.

‘ Abeille ! lui dit-il, voulez-vous me parler ? Moi, je vais à l’école : il faut apprenüre à lire: Mais le maitre ost tout noir, et je n’ose pas rire. Voulez-vous rire, abeille, et m’apprendre à voler ? —Non, dit-elle, j'arrive, et je suis très pressée. J'avais froid, l’aquilon m'a longtemps oppressée. Enfin j'ai vu les fleurs, je redescends du ciel,

Et je vais commencer mon doux rayon de miel, Voyez! j'en ai déjà puisé dans quatre roses:

Avant une heure encor nous en aurons d’écloses, Vite, vite à la ruche. On ne rit pas toujours:

rant la —Cela en ene toile

prince, vers le

n’ abèilie r'déçcan— onchaian a la foa— —je l’sui mon p'ti-

C’est pour faire le miel qu’on nous rend les beaux jours.” Ello fuit, et se perd sur la route embaumée,

Lo frais lilas sortait d'un vioux mur entr'ouvert :

11 saluait l'aurore, ct l'aurore charmée

So montrait sans nuages et riait de l'hiver.

Une hirondelle passo; elle effloure la joue

Du petit nonchalant qui s’attriste ot qui joue ;

£L ans l'air suspendue, en redoublant sa Voix,

Fait tressaillir l'écho qui dort au fond des bois.

“ Oh! bonjour, dit l'enfant, qui se souvenait d'elle. Je Lai vuo à l’antomne; oh! bonjour, hirondelle ! Viens; tu portais bonheur à ma maison, et moi

Je voudrais du bonheur: veux-tu m'en donner, toi ? Jouons!—Je lo voudrais, répond la voyageuse,

Car je respire à pcine, et je me sens joyeuse.

Mais j'ai beaucoup d'amis qui doutent du printemps : Lis rêveraient ma mort si je tardais longtemps.

Non, je ne puis jouer. Pour finir leur Souffrance, J'emporte un brin de mousse en signo d'espérance. Nous allons relever nos palais dégarnis :

L’herbe croît: c'est l'instant des amours et des nids, J'ai tout vu. Maintenant fidèle messagère, Je vais chercher mes sœurs là-bas sur lo chemin. Ainsi que nous, enfant, la vio est passagère, Il en faut profiter. Jo mo sauve. À demain. ” L'enfant resto muct, Ct, la tête baissé, Rêve, et compte sos pas pour tromper son ennui, Quand le livro importun, dont sa main est lassée, Rompt ses fragiles nœuds, et tombo auprès de Ini. Un dogue l'observait du seuil de sa demeure.

Stentor, gardien sévère et prudent à la fois, De pour de l’effrayer retient sa grosso voix, Hélas! pout-on crier contre un enfant qui pleure ? “ Bon dogue, voulez-vous que je m'approcho un pen, Dit l’écolier plaintif; je n’aime pas mon livre. Voyez! ma main est rougo ; il on est cause. Au jen Rien ne fatigue, on rit; ot moi je voudrais vivro

Sans aller à l’école, où l’on trembie toujours. Je m'en plains tous les Sir, ot j'y vais tous les jours,

J'en suis très mécontent; je n’aimo aucuno affaire ; Le sort des chiens me plait, car ils n’ont rien à faire. —ÆEcolier, voyez vous ce laboureur aux champs ? Eh bion! co laboureur, dit Stentor, c'est mon maître; Il est très vigilant, je Le suis plus peut-être: Il dort la nuit, et moi j'écarte les méchants; J'éveille aussi co bœuf, qui d'un pied lent, mais ferme, Va creuser les sillons quand je garde la formo. Pour vous-même cn travaille, et, grâce à vos brebis, Votre mère en chantant vous filo des habits.

Par lo travail tout plait, tout s’unit, tout s'arrange. Allez donc à l'école, allez, mon petit ange.

Les chiens no lisent pas, mais la chaîne est pour eux: L’ignorance toujours mèno à la servitude, [tude. L'homme est fin...l’homme est sage: il nous défend l'é- Enfant, vous sercz homme, et vous serez heureux : Les chiensivous serviront,” L'enfant l'écouta dire, Et même il lo baisa. Kon livre était moins lourd. En quittant le bon douue, il pense, il marche, il court, L'espoir d’être homme un jour lui ramène un sourire, A l'école, un peu tard, il arrive gaîiment, Et dans le mois des fruits il lisait couramment.

Mme DESBORDES-V'ALMORE.

No 48.-—-Les Epis de blé

Lé-zépi d'blé—Tôbi—<si l'grin 618 mur’ —di l'p'ti garcon—brin —droate—ceû-la—18 môillonr—profondéman—probableman— so-t'anfan—tiin (@74.}— l'un | 6 l'autre (sans liaison) —ki l'vé— fièr'man—ki s'panchè modesteman,

Un laboureur alla avec son petit-fils Tobie aux champs pour voir si le grain était mûr.— “ Vois, mon père, dit le petit garçon sans expérience, comme quelques brins portent la tête droite ; ceux-là, sans doute, sont les meilleurs : les autres, quise baissent si profondément devant les premiers,sont probablement beaucoup moins

bons. ”

aire ;

à faire.

ps ?

maitre ;

s ferme, brebis, ange.

ur eux:

[tude.

fend l’éeux :

dire, ird.

il court.

sourire,

Le I,MORE.

on— brin bleman— ki l'vé—

s T'obie mÜûr.— s CXpéla tête Ileurs :

devant > MOINS

se 140

Le père cueillit quelques épis et dit: ‘“ Sot enfant, tiens, regarde l’un et l’autre! cet épi, qui levait si fièrement la tête, est maigre et vide; eelui-là, au contraire, qui se penchait si modestement, est rempli des plus beaux grains. ”

No 49.—Les Fruits vénéneux

Matild” (arl.)—parèill-z'a dë joayô—poin n't'antrên'—erin leur grâce—tu pourë—jo n’orë plu d'anfan——se j'ta sur le sin d’sa mèr'—è]l su i'obéir—më-z'un jour—6 s’mi-t'a courir —mor dillé l’èrb’—manja—instan—rèsté-t'an sanglotan—s8 bra. . . -

“ Ecoute-moi, Mathilde : aux buissons de la plaine Pendent de rouges fruits pareils à des joyaux;

Oh ! quo ta gourmandise, enfant, point ne t'entraîné, Ces fruits sont dangereux, quoique riants et beaux.

“No t'en approche jas, crains leur grâce trompeuse, Car tu pourrais trouver la mort en les touchant, Et moi, pense combien je serais malheureuse,

Hélas! je n'aurais plus d'enfant t ”

Mathilde se jeta sur le sein de sa mère,

Et depuis, moins gourmande, elle sut obéir :

Mais un jour, conduisant l’ayneau qu’elle préfère, Elle alla dans la plaine ot se mit à courir,

L'agnenau, qui mordillait l'herbe sous la ramée, Mangea des fruits vermeils et mourut à l'instant ; Appelant à grands eris sa mèro bion-aimée, Mathilde près de lui restait en sanglotant,

La mère entre sos bras prit sa fille chérie, Et dit avec amour : “ Pleure, tu dois souffrir... Mais quo serais-jo, enfant, aujourd’hui dans la vie,

. à , : 0 à x à ? L4!:.0 LE!

Si ton cœur ne t'avait appris à m'obéir ?

No 50.—Le Compagnon de route

Keur—préçan—min—poatrine—arété —batman—la d'meur cbtt" demeure —tu r’viindra—ki t’atandra— j’ne l’pui pâ— atréyante—choazi—ki garda Tôbi—6 l’ram’na—pâça—r'gar— gloar—je sui l’plézir—gâzon—-je sui le d’voar.

I] s'ex allait tout seul, à travers le rude sentier de la vie, le vertueux jeune homme au cœur pur et tendre, à l’âme généreuse, à l’énergique volonté.

Î s'en allait, le cœur gros, mais cachant ses larmes, pressant sa main sur sa poitrine pour en arrêter les battements, et n’osant se retourner vers la demeure qu'il quittait, de peur de trop s’attendrir.

Il y avait sa mère dans cette demeure, et sa mère lui avait dit :

“ Il faut partir, mon enfant...….., et dans quelques années, tu reviendras auprès de ta vieille mère qui t’attendra, solitaire, au foyer de ton enfance, et à qui tu procurerasle bien-être pour ses derniers jours.

“J'aurais voulu t'accompagner, mon enfant, car il est dur et malsain à l’homme de marcher seul, je ne le puis pas, cherche donc un ami qui t'accompagné sur la route.

‘“ La jeunesse est attrayante ; beaucoup se présenteront ; choisis, mon enfant, et que ce compagnon soit pour toi l'ange qui garda Tobie innocent et le ramena à son vieux père et à sa vieille mère.”

“ Mais, qui choisir, ma mère, et quel est le nom de l’am° que vous voulez pour moi ? ”

Et la mère, embrassant une dernière fois son

enfant, murmura tout bas un mom à son oreille,

LA—T'gar—

ude senmme au à l’éner-

hant ses ne pour » retourpeur de

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1 enfant, marcher ami qui

coup se que ce da Tobie > ét à sa el est le 1 ? ,

fois son a oreille,

et répéta plusieurs fois : “ ]ui seul ! lui seul, mon fils !

—Je vous le promets, ma mère ! ”

I1 s'en allait tout seul, le long du rude chemin de la vie, le vertueux jeune homme au cœur pur et tendre, à l'âme généreuse, à l’énergique volonté,

t pendant qu'il cheminait, passa devant son regard comme une ombre lumineuse, et une voix se fit entendre :

—Me veux-tu pour compagnon de route 2

— Quel est ton nom ?

—Je suis la Gloire ! |

—Ce n’est pas le nom que ma mère m'a dit :

passe ton chemin.

Et plus loin, un doux frémissement parcourut son être tout entier, et une voix attravante comme Je chant du pâtre de la vallée, se fit entendre :

— Me veux-tu pour compagnon de route ?

—Quel est ton nom ?

—Je suis le Plaisir !

— Ce n’est pas le nom que ma mère m'a dit ; passe ton chemin.

Et plus loin, il lui sembla que ses pieds glissaient sur le gazon, et que ses membres avaient oublié toute fatigue ; et une voix suave comme la brise du matin, douce comme la parole d’une mère à son petit enfant, se fit entendre :

—Me veux-tu pour compagnon de route ?

— Quel est ton nom ?

—Je suis l'Affection !

—Ce n’est pas le nom que ma mere m'a dit:

passe ton chemin.

Et comme le soir venait, et que le voyageur

se sentait plus triste que le matin, à cause de l'isolement de sa première journée, il éprouva tout à coup comme un sentiment de force qui lui était inconnu, et une voix tendre, mais énergique, se fit entendre :

—Me veux-tu pour compagnon de route 2?

—Quel est ton nom ?

—Je suis le Devoir!

—Oh ! viens, viens! C’est ton nom que ma mère m'a dit!

Et quelques années après, il revenait, vertueux toujours, le jeune homme au cœur pur et tendre, à l’âme généreuse, à l'énergique volonté.

Et il apportait à sa mère, qui l’attendait à son foyer solitaire, le bien-être pour ses derniers jours. :

No 51.—Quatrain D'apré té —l’avar’injust’—soin | économ’.

D'après tes facultés calcule ta dépense,

Et de l’avare injuste évite la démence,

Par un soin économe il est beau de parer Aux coups que la fortune a pu nous préparer.

No 52.—La Pêche

Raporta d'la vill’ cin pêch—voayé—admiräcion—duvé-dis. tribua à sô katre fiss —soar—leur demanda-—s6in--noayô— biin—la moatié—tu n'a pâ—fé preuv’ (arl.)—tu a-z'agi—üige— tu ora—d’ocâzion—de t’conduir’ avèk prudance—-le s'gon fiss’ di-t’alor’ —ramâcé—je lé câcé—nouû — secoua—voala—a1 ar'— voazin—voulëé pâ—mé je lé pôzé—garda l'silance—l'a mbraca !ü lar-m'ô-z’ieù.

Un laboureur rapporta de la ville cinq pêches d'une grande beauté.—$Ses enfants voyaient ce fruit pour la première fois. — Ils regardèrent

ause de

prouva rce qui is éner-

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it, ver- ‘puret olonté.

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IC (dis NOùyÜ— i—Üge— gon fiss’ —d\ ar —

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>êches ent ce dèrent

avec admiration ces belles pommes aux joues roses, et couvertes d’un tendre duvet —Le père les distribua à ses quatre fils, et il y en eut une pour la mère.

Le soir, quand les enfants allèrent se coucher, le père leur demanda comment ils avaient trouvé les pêches.

“ Délicieuses, cher papa, dit l'aîné : ce sont de beaux #ruits, qui ont un goût à la fois doux et acide.—J’ai gardé avec soin le noyau, et je le mettrai en terre pour en avoir un arbre.

— Bien, dit le père, c’est penser à l'avenir en sage économe, comme doit faire le laboureur.

— Quant à moi, sécria le plus jeune, j'ai mangé la mienne—-J'ai jeté le noyau, et maman m'a encore donné la moitié de la sienne —Ah!

c'était si bon, cela fondait dans la bouche.

— Tu n'as pas, il est vrai, fait preuve de prudence, dit le père; mais tu as agi comme un enfant de ton âge.—Tu auras dans ta vie assez d'occasions de te conduire avec prudence.”

Le second fils dit alors: “ J'ai ramassé le noyau que mon petit frère avait jeté; je l'ai cassé, et j'en ai mangé l’amañde, qui était aussi bonne qu'une noix: quant à ma pêche, je l'ai vendue, et j'en ai retiré assez d'argent pour en acheter une douzaine, la première fois que j'irai à la ville.”

Le père secoua la tête et dit: “ Voilà qui est prudent, même trop prudent pour un enfant de ton âge.—Dieu veuille que tu ne deviennes ni avare ni cupide !.. Et toi, Edmond?” Edmond répondit naïvement: “J'ai porté ma pêche à George, le fils de notre voisin, qui a la fièvre ; il ne voulait pas la prendre, mais je l'ai vovrée sur son dit, et je me suis enfui. ”

—Eh bien! dit le père, lequel de vous a fait le meilleur usage de sa pêche ? ”

Et tous les trois enfants s’écrièrent ensemble: “ C’est notre frère Edmond ! ”

Edmond garda le silence; et sa mère l’embrassa, les larmes aux yeux.

No 53.—Gustave

Tu Jora—mutin—riin k’un-n'instan—matin—si tu n'sé riin dir’—distré—s'anvola—ke j'é la—sûbr'—donn'ré—ne sé pâ— âme—suprêm'—ici bâ—âge—on lantan—crinte—été-t'inçansibl' —Si jamë—flâämm'—plu tar—solitèr—pâcé—soudin—un bézé— di riin—fichu d’soa-—di mèrci.

Tu l’auras cette mûre Qui pend sous la verdure, O mutin!

Rien qu’un instant sois sage ; Qu'il est beau ton visage, Ce matin!

Enfant, ma vie entière,

Mes rêves, ma prière, Sont à toi.

Si tu ne sais rien dire,

Au moins par un sourire Réponds-moil

Prendre garde à sa mère!

Sourire pour lui plaire ?

Ah bien oui!

Au toit le soleil darde;

Mon distrait le regarde Ebloui.

Puis c’est un blanc nuage,

L'oiseau qui du fouillage S'envola!

Les fleurs, les fruits de l'arbre.

us à fait

semble :

re l’em-

| n’sé riin o sé pâ— 'inçansibl’ un bézé—

Est-ce un enfant de marbre Que j'ai là?

À mon cœur qui déborde,

Enfant, le tien n’accorde Nul retour.

Pour un sabre, une image,

Tu donnerais, je gage, Mon amour!

Mystère de l'enfance Dont l’inexpérience Ne sait pas Qu'une âme qui nous aime, C'est le bonheur suprême Jci-bas!

Mais ce tendre langage, Souvent, même à ton âge,

On l'entend ; Seigneur.. 6 crainte horrible!

S'il était insensible,

Mon enfant!

Si jamais sa jeune âme

À nal rayon do flamme Ne s'ouvrait!

Si plus tard, sur la terre,

Comme un froid solitaire, Il passaitl ‘

Soudain on voit Gustave, Gracieux et suave, ‘ Se hausser.

De sa bouche mignonne, Au doux visage il donne Un baiser,

O surprise ! 6 tendresset La mère en son ivresse Ne dit rien.

Une larme de joie Sur son fichu de soie Tombe enfin.

Son âme bienheureuse, Longtemps silencieuse, Reste ainsi ; Mais au céleste Père, Sa muette prière Dit merci. MaRiE JENNA.

No 54.—Le Lis

Le liss’—le p’ti Téofile—se t'në-t'un jour—lë min jointe— devan-t’un—fzionomi—avé-t’u-n’ èksprécion—révélé— profond’ émôcion —rancontra — atitud’— prononça — él’va — ô-d'su — Salomon—trouv'-tu d’particulié —tu m'parë— papa —abécé — tèrrèstr'—ki s’fa-n’ra.

Le petit Théophile, fils de parents pieux, se tenait un jour pensif etles mains jointes devant un lis.—Sa physionomie avait une expression de recueillement qui révélait la profonde émotion de son cœur.—$Son père le rencontra dans cette attitude.— A quoi penses-tu, mon enfant ? lui demanda-t-il.

—Je pense, répondit Théophile, à la parole que prononça Notre-Seisgneur, lorsqu'il éleva la fleur des champs au-dessus de la magnificence de Salomon.

—Et qu'y trouves-tu de particulier ? demanda le père ; tu me parais touché.

—0 papa ? répliqua l'enfant, ce qui me touche c'est que le Très-Haut se soit abaissé jusqu’à louer une fleur périssable et sa heanté terrestre.

— Bien, mon fils, j'approuve et je partage ton

sentiment.—Le Seigneur s’est abaissé jusqu'à

1 jointe— profond’ - 0-d'su — —abécé —

eux, 8e devant l'ession e émo- ‘a dans nfant ?

parole leva la ficence

leman-

touche jusqu’à rrestre.

ge ton

jusqu’à

cette fleur de la terre, pour élever le cœur de l'homme des choses terrestres aux choses du ciel—Jusque dans le calice embaumé d'une fleur qui se fanera tout à l'heure, il lui a engei. gné à reconnaître le Père de la lumière, la source de la vie.—$Sa parole a mis en honneur la beauté simple du lis, et en a fait une consolation pour les âmes afligées.—Aussi le lis estil ici-bas l’image de la divine sagesse, qui réunit dans une alliance éternelle la bonté, la vérité et la beauté.”

No 55.—Quatrain

Toujour-z'avèk’ prudance—on n'sorë-t'avoar tré d'précôcion.

Agissez, mes enfants, toujours avec prudence; On ne saurait avoir trop de précautions,

Il n’est point de dangers, de maux, d’afictions, Qu'on ne puisse éviter avec la prévoyance.

No 56.—La petite L'lenr amère

Ala—printan—avèk sa p’til fille—ki bordë l’chemin—{trouva —plézë pluss’— c'été-t'un’ petite— Mina— considéré t'an tou sance—la santë—bézé—carécé-t'é samblé n'pouvoar acé ladmiré —raçazié—acouru-t'an larm'—odeur—je lé mangé—dev'nu-1é p'tit’ fleur—ke tu a-z’u.

Une mère alla, un jour de printemps, avec sa petite fille sur la montagne, et l'enfant était transportée de joie à la vue de la belle verdure et des fleurs de toutes sortes qui bordaient le chemin

Elle en trouva une qui lui plaisait plus que les autres : c'était une petite fleur délicate. — Mina, c'était le nom de l'enfant, cueillit la fleur : elle ia considérait en tous sens, la sentait, la baisait, la caressait et semblait ne pouvoir assez

l'admirer.—Rassasiée enfin de regarder et de sentir, eile voulut jouir encore davantage ; elle mit la fleur dans sa bouche pour la manger.— A peine l’eut-elle goûtée, que la pauvre Mina accourut en larmes vers sa mère, et s'écria : “ O chère maman, la petite fleur était si belle, la couleur et l'odeur en étaient si douces! je l'ai mangée, et elle est devenue si amère qu'elle me fait mal à la bouche ! 6 Les vilaines, les méchantes fleurs !”

Ainsi parla la petite.—Mais la mère répondit: Pourquoi, mon enfant, accuser les petites fleurs du tort que tu as eu ? La forme et la couleur en sont-elles moins belles, l'odeur en est-elle moins suave ®— Les jouissances qu’elles nous donnent sont délicates comme elles, et doivent nous suffire.—L'’homme n'est pas fait pour se nourrir de

fleurs, ni les fleurs pour être mangées.”

No 57.—Quand je serai grand

Kan j's'ré gran — Je fron-t'incliné — je l’voa blin—an me r'gardan—mé Va—keur— j'voudré grandir—0 l'tan m'dur'— VOayë—ne l'ôz'ra—ton châle—tu véra—ch'miné—je t'obéiré— Ô tu l'véra—docil' ne f'ra jamë c’ke Dieû—tu di--un pti jardin—aüprè dé-z'oazô—lilà—un-n'instan-t’heureüz — le séré — tou bâ—n'ora—ke d'ta prièr”,

“ Le front incliné sur ton livre d’houres,

Oh! je le vois bien...ma mère, tu pleures!

Et tu sembles triste en me regardant,

Mais va! j'ai huit ans! mère, prends courage.

J'aurai pour nous deux du cœur à l'ouvrage Quand je serai grand.

“ Je voudrais grandir...Oh! le temps me dure! Hier, un méchant t'a jeté l’injure.

Il te voyait seule avec un enfant.

et de Des cœurs sans pitié raillent ta misère, e : elle Mais auçun d’entro eux no l'osera, mère, at Quand je serai grand.

. LS Mina “Ton châle est usé; ta robe de laine, s:"0 Ri vieille à présent, so soutient à peine. Île, la | ‘8 t’habillerai d’un chaud vêtement, je l’ai t pendant l'hiver, toute la journée, welle u verras du fou dans la cheminée é nd jo serai grand, Re Quand jo serai granc “ Je t’obéirai, inère, sois tranquille, >ndit : Oh! tu Le verras...ton cnfans docile fleurs Ne fera jamais ce que Dieu défend.

ur en Lu dis quelquefois: “ La vie est amère, moins Tu seras heureuse ct tu seras fière nier Quand je serai grand, s suf-

“ Nous achèterons au bout du village rir de Un petit jardin..…..tu souris, je gage. Auprès des oiseaux, sous un lilas blane, Pour toi je veux faire un banc de verdure, Et tu gueriras, mère, sois-en sûre, Quand jo serai grand.”

an me Et l’humble malade, un instant heureuse, ur N'ose le serrer de sa main fiévreuse, Hi jar. Et tout bas murmure en le contemplant: ré ‘Enfant, sois béni, mais ta pauvre mère N’aura plus besoin que do ta prière Quand tu seras grand.” Marie JENNA.

No 58.—Le Diamant brut Un diaman brute—sible—ramäca—le lui dona—veû don fèr —Mê l'pèr'—tâilla—tu m'a doné de l'écla—sintill'man (4 mouillés; —coman-t'a tu don fè—6 je lé délivré—anv'lopp'—deof *nu—-la plupar.

Un diamant brut se trouvait dans le sable

en mec PONT

parmi les pierres les plus communes —Un enfant en ramassa plusieurs pour jouer, et les emportant à la maïson, il prit la pierre précieuse sans toutefois en connaître la valeur.—Son père, qui le regardait s'amuser, la remarqua et lui dit: “ Donne-moi ce caillou. "L'enfant le lui donna en riant, car il pensait: Qu'est-ce que papa veut donc faire de ce caillou ?

Mais le père, ayant pris le diamant, le tailla habilement à facettes et À pans réguliers, et alors la pierre polie brilla de mille feux — “ Regarde, dit-il à son fils, voici le caillou que tu m'as donné.”—L’enfant, émerveillé de l'éclat du diamant et de son scintillement, s’écria : “ Cher papa, comment as-tu donc fait ?”

Le père répondit : “ J'ai reconnu la vertu cachée du diamant brut, et je l'ai délivré de ga grossière enveloppe.—Maintenant il brille de son éclat naturel. ”

Quand l'enfant fut devenu jeune homme, son père lui rendit la pierre dont il avait révélé le prix, et ajouta ces mots: La plupart des hommes ont des vertus cachées que l’on n’apprécie que par une étude suivie.

No 59.—Les Oranges

Lé-z'orange—avé-t’un fiss’—émable — l’'ègzample — antretiin larl.)—orê pu—risk (ar.)—lui pin !é maû—inprudance—6 s’il ne l'étô pâ—je sorë—santi-t’ancor’ (art.)—fin d'être raçuré— profon—tandi k’lanfan—choazi—tou-t’aû pluss’—ce prézan-t'a son fiss—le marmô-t'amprécé—dé frui sin mélé— ne crégné riin—lécé moa—corij'ra—ce mélange—fé l’ouvertur'—më ce n'été—un tâ—je lavé biin prévu—dégné—propôzé — lièzon — profi—-convinku—brava plu—-t6-t'ou tar antréné—jeun’ jan.

Un habitant des bords du Tage Avait un fils que sa douceur,

.—Un enet les emprécieuse -Son père, qua et lui fant le Jui st-ce que

t, le tailla ruliers, et e feux. — illou que de l'éclat t, s'écria :

vertu cavré de sa brille de

mme, son révélé le s hommes récie que

— antretiin lance—6 s'il ré raçuré— 6 prézan-t'a — ne crégné ur'—mê ce 3 — lièzon — eun’ jan.

Son esprit, sa beauté, son aimable candeur Rendaient le phénix de son âge ; Mais il fréquentait par malhe ur, Des amis dont l'exemple et l'entretien peu sage, Auraient pu corrompre son cœur.

Le père en fut inctruit, et vit avec douleur Le risque que couraient ses mœurs, Son innocence. II lui donne d’abord les plus sages avis, Lui peint les maux quo peut causer son imprudence, Et l’exhorte à quitter ses Compagnons chéris. “ Mais pourquoi, dit l'enfant, faut-il que je les quitte ? Papa, vous pensez trop mal d'eux É Ils sont sages et vertueux ; Et, s'ils ne l'étaient pes, par ma sage conduite Je saurais bien les corriger.” Le père qui sentit encore mieux Je danger Où l’exposait sa confiance, Feint d’être rassuré, garde un profond silence. Mais, tandis que l'enfant était loin du logis, Il remplit un panier d'oranges bien choisies, En mêle tout au plus deux ou trois de pourries, Et fait, à son retour, ce présent à son fils. Le marmot, empressé, le prend, le considère ; Mais à poine a-t-il vu: “ Qu’avez-vous fait mon père | Quoi! parmi des fruits sains mêler des fruits gâtés | —Ne craignez rien, mon fils, laissez-moi faire ; Des bons la vertu salutaire Corrigera bientôt ceux qui sont infectés, — Ah! je prévois tout le contraire ; Ceux qui sont corrompus Corrompront tous les bons. —Ne craignez rien, vous dis-je, ou du moins attendons Et pour pouvoir juger qui de nous prend le change, Laiïssons ces fruits mêlés, ensuite nous verrons Ce qu’aura produit ce mélange. ”?

Le fils consent à tout; on ferme le panier.

Cinq ou six jours après, on en fait l'ouverture ; Mais ce n'était, hélas! qu'un tas de pourriture. “Je l'avais bien prévu, dit alors l’écolier.

Ah! pourquoi n'avoir point, papa, daigné vous rendre

A l'avis que je proposais ?

—Et vous, mon fils, reprit le père tendre, Pourquoi si longtemps vous défondre, Des conseils que je vous donnais,

Lorsque je m’attachais à vous faire comprendre,

Que si vous fréquentiez des amis vicieux,

Vous le seri9z bientôt comme eux ?

De ce malheur ces fruits vous présentent l’image; Les mauvais ont gâté les bons.

Puissent-ils vous rendre plus sage

Puissent-ils vous apprendre à fuir les liaisons

Qui pourraient de vos mœurs corrompre l'innocence

L'enfant fit son protit do cette remontrance.

Convaincu du danger, il ne le brava plus,

Et quitta pour toujours les amis dissolus

Qui l’auraient tôt ou tard entraîné dans l’abime.

C'est pour vous, jeunes gens, que j'ai fait ce récit. Que cette importante maxime,

Toujours présente à votre esprit,

Dans le choix des amis en tout temps vous dirige.

Le commerce des bons quelquefois nous corrige,

Mais celui des méchants toujours nous pervertit.

No 60.--LES MARTYRS DU CANADA Le P,. Jogues

fuillë—kité Kébèk--goupill (mouillé) —-avoar fé alt'—Irokoæ —Francë—trété un trofé—déja—orribl—jôlié—se piézë—flagèllécion—potô drécé-z'aû milieû—l'èkcë—on s'éforcë—recéré un sôvage—pâca—lè Olandë—barbar—novambr —d'meura

—recevoar—s'ambarka—Canada—ju-in (juin)—égar—trôà foa--troâzièm’—un précantiman—an-n'éfé—violante—acàblèr —trèz' mouâ—assena—ki létandi—solda—tomba.,

Dans les derniers jours du mois de juillet 1642, le P. Jogues quittait Québec pour retourner dans le pays des Hurons. Il y avait avec

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