‹ Cours de lecture à haute voix ou Leçons pratiques de lecture française et de prononciation, préparées spécialement pour les écoles canadiennes [microforme]Chapitre 50 sur 75 · FLORIAN · texte numérisé non relu

FLORIAN

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ai bouche touche !.… . Sur igur fchemin, main :

Quels doux concerts! quels sons pleins de gaieté! Dans ces salons où brille une vive clarté, Retentissent ces airs, doux signal de la danse ; J'écoute en soupirant leur rapide cadence.

Charmes de la jeunesse, accords jadis connus,

Beuux jours de mes beaux ans, qu'êtes-vous devenus ? Loin d’un monde orguocilleux, les fètes du village, Un rustique instrument et le bal sous l’ombrage, fo donnaient des plaisirs qui valaient tous les siens : A ces loisirs pompeux je préférais les miens. () moments fugitifs de mon adolescence, Qu'embellissaient la paix, l'espoir et l'innocence,’ d'en attesto aujourd’hui votre doux souvenir, Je ne demandais rien au douteux avenir,

tien, que de me laisser sans regrets, sans envie, Suivre le cours obscur d’une paisible vie.

l bien ! fortune, amis, espoir, j'ai tout perdu. Quand je réclame en vain le bonheur qui m'est dà, Vous, favoris du sort, bercés par la mollesse, Vous osez m'étaler cet éclat qui me blesse | Je vis dans la douleur, vous vivez dans ies jeux ; Ponrquoi vous plus que moi? Pourquoi vous seuls hou- Tandis qu’autour de vous tout respire la joie, [roux ? Que vos ombres, glissant sur ces rideaux de soie, Décèlent vos plaisirs, moi, je souffre et je meurs. Ah! du moins, que mes cris, mes sinistres clameurs, 'élèvent jusqu’à vous et troublent votre ivresse. Frémissez à l'accent d’une voix vengeresse ! finents Puissont ces gais concerts, ce doux bruit d’instru- Se transformer pour vous en sourds gémissements | Qu'au fond de ces miroirs, brillants do vos images, La Misère et Ia Faim de leurs pâles visages, Sur vos fronts consternés épouvantunt les ris ! Puissent sur vous “nfin peser do tout leur prix Ces collicrs, ces bandeaux, ces coûteuses parures, Dont le luxe odieux insulte à mos tortures.

Allez, soyez maudits!.…. Je m'égare.. grand Dieu Qu'ai-je fait ? qu'ai-je dit, hélas ! et dans quol lieu ? Cet amer désespoir, ces criminelles plaintes,

anne e

D'un temple révéré souillaient los marches saintes. J'essaye à me soumettre ot je l’essaye en vain;

En vain un froid mortel se glisse dans mon sein ; Cette félicité, qui se cache à ma vue,

Je ne voux point mourir sans l'avoir entrevuel Pardonnez-moi, Seigneur! je suis faible; ma voix S’élève encor vers vous une dernière fois }

Parlez, Diou tout puissant ! de ces biens de la vie Me rondrez-vous ailleurs la part qui m'est ravie ?.… Ce bonheur fugitif que j’espérai longtemps,

Je ne l’ai point goûté, Seigneur, et je l’attendsl

Mae AMABLE Tasrt,

No 50.—La jeune Captive

L'épi naissant mûrit, de la faux respecté ;

Sans crainte du pressoir, lo pampre tout l'été, Boïit les doux présents de l'aurore ;

Et moi, comme lui belle, et jeune comme lui,

Quoi quo l'heure présente ait de trouble et d’ennui, Je ne veux pas mourir encore.

Qu'un stoïque aux yeux secs vole embrasser la mort, Moi je pleure ot j'espère ; au noir souffle du nord Je plic et relève ma tête :

S'il est des jours amers, il en est de si doux | Hélas ! quel miel jamais n’a laissé de dégoût ? Quelle mer n’a point do tempête ?

L’'illusion féconde habite dans mon sein.

D'une prison, sur moi, les murs pèsent en vain : J’ai les ailes de l'espérance.

Echappéo aux réseaux de l’oiseleur cruel, Plus vive, plus heureuse aux campagnes du ciel, «4 Philomèle chante et s'élance.

Est-ce à moi de mourir! tranquille je m'endors, Et tranquille je veille; et ma veille aux remords Ni mon sommeil ne sont en proie.

sainte...

ain ; sein;

rue | a voix

la vie avie ?...

nds!

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