CHAPITRE XII
Tribunal révolutionnaire.
Puisque toutes les fantaisies du despotisme sont des lois, tous ses actes sont légaux, et Tonne peut examiner ces actes. On ne peut examiner que leurs conséquences. D’après cela , quelque chose qu’ait faite la Convention * elle ne peut être condamnable, légalement parlaut; elle ne peut être non plus
COURS
condamnable, administrativement parlant, pourvu qu’elle ait atteint son but, et ce but était de rendre un gouvernement à la France.
Pour réédifter un gouvernement, il fallait détruire l'anarchie et marcher assez rapidement pour que le remède n’arrivât pas trop tard. Cette rapidité était indispensable. Mais pour marcher rapidement, il fallait évidemment briser tout ce qui pouvait s’opposer à cette marche. La Convention organisa donc le tribunal révolutionnaire au dedans, des armées puissantes au dehors, et donna la mort à tout ce qui lui opposa quelque résistance.
La question gouvernementale se trouve résolue par ce qui a été précédemment dit ; mais ici s’offre une question de morale des plus graves,
Un gouvernement, lors même qu’il est despotique, lors même qu’il a le droit de le faire, a-t-il raison de donner la mort à ceux des gouvernés qui s’opposent à son action ?
Après avoir longuement médité , je réponds : oui, il a raison, si ceux des gouvernés qu’il sacrifié forment le petit nombre; oui, il a raison, si faire mourir ce petit nombre est positivement le seul moyen qu’il y ait de sauver le plus grand, et dans ce cas-là seulement il a raison, car il faut gouverner un royaume comme Dieu gouverne le monde-, et Dieu ne veille qu’à la conservation des masses, oubliant les individus pour penser aux nations, oubliant les nations pourpenser à l’humanité entière.
L’accroissement de la population est-il arrivé chez un peuple au point de