‹ Cours de législation gouvernementaleChapitre 16 sur 39 · CODBS · texte numérisé non relu

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le menacer d’une destruction complète , Dieu envoie un fléau qui enlève la cent-millième partie des habitante, assure ainsi aux autres l’existence.

Qui doutera pour cela de la sagesse, de la justice de Dieu , et qui peut se croire meilleur et plus juste que lui ?

Dans l'administration d’uu Etat, l’homme sage est donc celui qui n’hésité pas à causer des maux qui doivent eu éviter d’iuüuiment plus grands; l’homme insensé, celui qui tremble et amène des maux immenses par le soin minutieux qu’il met k en éviter de petits.

Là perfection est une chose de laquelle ou peut s’approcher, mais à laquelle on ne peut jamais atteindre.

Lè meilleur en administration n’est souvent pas praticable, et il faut faire

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non ce qui est idéalement beau, mais ce qui est humainement possible. Enlin pour faire jus lice en gros, il faut faire tort en détail. L’absolu n’existe pas dans ce monde, et celui qui veut le bonheur absolu , la justice absolue, est un rêveur borné et dangereux qu’il faut mettre aux Petites-Maisons, de peur que pour sauver un homme il ne fasse périr la société entière.

La force brutale avait été déchaînée sous le gouvernement précédent, et allait amener l'anéantissement de la France; il fallait donc se hâter de la détruire. La Convention ne pouvait la détruire que par une force plus grande encore , et celle qu’elle lui opposa du moins, ce fut la force de la loi, une force momentanée qui ne devait durer que le temps de la crise. Elle frappa, mais avec le glaive de la loi et non

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comme on avait fait sous les Assemblées précédentes, avec la pique et le poignard de l’assassin.

Sans doute il faut blâmer, flétrir la rigueur, mais lorsqu’elle s'érige en système, lorsqu’on la fait vivre dans des lois qui doivent durer toujours; alors on a droit de la maudire , parce que l’état de maladie ne durant qu’un moment, chez la société comme chez l'homme, un remède qu'on continue d’appliquer quand le mal est passé est une f'hose intolérable.

Mais le tribunal révolutionnaire ne devait durer qu’un temps. La dictature n’est pas’un gouvernement ordinaire, et uu gouvernement exceptionnel peut employer des moyens d’exception.

Le tribunal révolutionnaire amena des excès déplorables; mais les excès sont inséparables de la violence, et pour

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éviter les excès, il iaut commencer par ne pas rendre la violence nécessaire.

Sans doute tuer, tuer même juridiquement, légalement, est un mol qui révolte le cœur, et je me ferais horreur à moi-même si j’approuvais des meurtres inutiles; mais la société était tombée dans un tel état de délabrement que, pour faire revivre la loi et tuer 1 anarchie, la violence était devenue nécessaire; plus la résistance est grande, plus la compression doit l’être; et il s agissait là de 1 existence de la France :

c est ce qu'il faut bien comprendre, et le remède n’était que passager. Oui, tuer est un mal qui révolte le cœur, mais une médecine aussi est un mal qui offre à l’esprit quelque chose de repoussant et dont le nom seul révolte le cœur. 11 est injuste, cependant, de condamner le médecin qui vous l’or-

gS cotms DE LliGlSL. GOTTYEH3T.

donne, quand, par là, ce médecin tous sauve. On ne peut, sans injustice, exiger que l'on traite un malade comme on traite un homme bien portant, et si les Français voyaient avec peine le régime sévère que la Convention leur faisait subir, ce régime n’était que temporaire comme la dictature, et la Convention avait le droit de leur dire :

«11 fallait vous gouverner sagement, il fallait ne pas tomber, par vos excès réitérés, dans l’état de maladie qui a déjà rongé la moitié de votre corps et menace de taire tomber le reste en pourriture, et je n aurais pas besoin aujourd’hui de vous guérir!»

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