‹ Cours de législation gouvernementaleChapitre 17 sur 39 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

Dm prétendant.

Maintenant que j’ai indiqué les forcce dont se servait la Convention, je dois prouver qu’elles étaient indispensables pour vaincre les forces qui lui étaient opposées; et je dois, pourçela, faire connaître ces forces ennemies :

on verra alors que le jugement que j’ai porté estlûüdé sur la vérité et la j tietiee,

j 00 COURS

et que je n’ai absous le remède que parce que ce remède était: indispensable.

Pendant que la Convention marcbait énergiquement vers son but, vers le salut de la France, cette ïïÜrelie était sans cesse entravée par les obstacles que lui suscitaient, tant au dehors qu’au dedans, les débris du gouvernement déchu.

Ces débris, réfugiés à l'étranger, avaient nommé un successeur à Louis XVI. A la Convention ils opposaient le prétendant.

Et il ne faut pas croire que cet ennemi fut faible, méprisable, et que sa cause fut désespérée. Tant qu’on n’a pas perdu la vie, on n a pas perdu la possibilité de la victoire. « Ne vous fie* pas à la fortune, s disait-on jadn^ avec raison, à unprince au milieu de sa puis-

DE LÉGISLATION GOUVERNEMENTALE. !0l

sauce. « l\e vous défiez pas de la fortune, » pourrai t-on dire aussi) us terne» t à uu prince au milieu de ses revers.

Qui fait perdre à un roi sa eouroune?

L’inhabileté* Eh bien! l'habileté peut la lui rendre. Ce qui’ la négligence détruit, P activité le reconstruit; ce que laisse tomber l'impuissance, le génie le relève, et c’est un insensé que celui qui désespère.

Existe-t-il au inonde un pouvoir invincible? Non. Il ne s’agit donc que de le vaincre.

Pour vaincre, i! faut avoir des forces supérieures.

La force d’un gouvernement, c’est

l'intelligence.

L'intelligence est la force qui conduit toutes choses, le pouvoir sans bornes qui régit l’humanité. L’intelligence c’est une molécule, un fragment de la

162 COURS DR tëCISL. GOTTVERH.

divinité. Posséder un plus grand nombre dé ees rayons divins, c'est être Dieu sur la terre. Si un gouvernement tîéêhu possède plus d’intelligence, soit par lui-mémo, soit par ses conseillers, qUe le gouvernement établi, c’est le gouvernement déchu qui règne.

Gar que fait k un athlète d’une force supérieure de lutter debout ou à terre.

À terre, il ne cesse pas d être le plus fort, et, quand la foule le croit vaincu, il peut* du plus léger mouvement, sê relever et renverser son adversaire.

Le prétendant mettait donc la Convention dans un péril immense, et je vâts établir l'évidence de ce péril en prouvant que, s'il ne la renversa pas, c’est qu’il n'eüt pas pour lui l intelligence, et ne fit rien de ce qu’il devait luire.

Page 1