CHAPITRE XIV
Ce que !U Te preînnr^tït*
Pour vaincre, il faut avoir des forces supérieures £i l'ennemi qu’on combat.
Ces forces consistent à employer toujours une arme plus avantageuse que celle de F en nemi.
Les armes à employer sont le courage et la prudence. Il faut, pour être fort, posséder en même temps ces deux qua-
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lités différentes. On est vaincu, si on 11 e possède que du courage; on est vaincu, si on ne possède que de la
prudence.
Mais ce n’est rien encore que de posséder ces armes, il faut savoir s’en servir à propos, savoir en changer, selon
les circonstances, et ce qui indique c7ïïIF* w thwo^jl ^faut s e servir, c’est l'intelligence.
Aller se précipiter, en parure desoie, contre un homme bardé de fer, c’est de la folie et non du vrai courage. C’est la furie de la bête fauve, l’entêtement de l’enfant qui se frappe la têtë contre une pierre^ Pour que le courage soit digne d’admiration, pour qu’il produise de grandes choses, il faut qu’il soit dirigé par l'intelligence.
Hésiter à attaquer, quand il y a chances de victoire, c’est de la pu si lia-
TE LEGISLATION GOUVEENEMENTALE. 1 oS
nimilé et lion de la‘prudence. Pour que la pnulence détournèvles dangers, ne recule que devant l’impossibilité, il faut qu’elle soit dirigée par l’intelligence. • ...
Quand on possède ces armes et l’art de s’eu servir, à la faiblesse, on oppose le courage et ou en triomphe. A. la force invincible, on oppose la prudence, on 1 allaiblit, et, quand cette force est réduite à de telles proportions que pour la vaincre il ne faut plus que du courage, on a recours à ce courage et on en triomphe, .
Quelle était la position du prétendant à l’égard du gouvernement qu’il attaquait? La faiblesse évidemment. 11 était hors du pays, sans argent, sans sujets, sans armes, et le gouvernement, qu’il voulait détruire commandait à un peuple en révolution, en eflerves-
COURS
cence, et qui possédait par là une force incalculable.
Le prétendant devait donc opposer une sage lenteur à la fougue qu il avait à vaincre: à la forée, il devait opposer la prudence; à l’épée, il devait opposer le bouclier jusqu’à ce qu’à force de frapper l'épée se fût brisée dans les mains de son adversaire. Alors., seulement, il eut dû tirer la sienne, et il se trouvait assuré de la victoire. Cette marche était d’autant plus avantageuse pour lui, qu’il avait affaire à une nation en révolution qui possède toujours plus d’ardeur et d’emportement que de raison et de prudence. Eh bien! à l’épée, le prétendaut opposa l'épée, mais pas une épée aussi iorte , pas une épée de même longueur. Non ! il opposa une épée fragile et brillante, une épée de bal. A la France, enfin, il
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opposa la Vendée et les puissances étrangères.
Que pouvaient les puissances étrangères ? envahir la France ?
Non , car comme Fa prouvé un publiciste dont le génie est justement célèbre, et comme je ne puis que le redire après lui,* une nation en révolution est plus disposée k conquérir les autres qu’à se laisser conquérir elle-même. En appelant à son aide les armées étrangères, le prétendant avait done le tort de faire une démarche vaine qui exposait le lieu de sou reloge à être envahi; et en suscitant à la France une guerre désastreuse , il commettait une faute bien plus grave encore. Il s'attirait à juste titre la haine du peuple qu'il voulait venir gouverner.
| oS COURS DE DÉDISE. GOUVERN.
Que pouvait la Vendée? envahir la France?
Non, elle.ne pouvait pas plus que les puissances étrangères réunies. La partie ne peut pas plus que le tout.
Toutce qu’elle pouvait faire était delutter quelque temps ; or une pareille lutte aguerrit, fortifie toujours l’ennemi, en lui apprenant ù combattre, en l’habituant à la guerre, et par la victoire certaine qu’elle est toujours forcée de lui céder à la fiu, elle met le comble à ses forces en lui donnant la confiance.
En favorisant la guerre de la Vendée, le prétendant fortifiait donc ses ennemis, et sacrifiait inu t il em en t d ’liéroïques et dévoués serviteurs dont il se privait ainsi pour l’avenir.