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CHAPITRE XVIII

Suite de la marche de la dictature.

La Convention décréta la formation des écoles primaires, des écoles centrales, m l’école normale, des écoles spéciales de médecine, de droit et d'art vétérinaire.

Dans les écoles primaires , on enseigoait la langue parlée et écrite, les réglés du calcul, les principes de l’ar-

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pentage et quelques notions fie physique.

Daus les écoles centrales, ou enseignait les mathématiques, la physique, la chimie, l’histoire naturelle, l'hygiène, les arts et métiers , l’économie politique et les élémcns de la législation.

Dans les écoles normales, on formait les professeurs qui devaient enseigner et répandre partout ces sciences.

Ainsi une instruction solide et utile allait être donnée à toute la France.

La culture des belies-letü’es allait, comme cela doit être, devenir une étude spéciale et particulière ; le commerçant après vingt ans d étude allait savoir le commerce et toutes.les sciences qui s’y rattachent. L’oÜicier allait apprendre l’art militaire, l'agriculteur

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allait apprendre fagriculture. Tousles hrauçais enfin, en prenant des notions de législation et d’économie politique, allaient apprendre à devenir bons citoyens et capables de savoir ce qui devait être pour eux , pour leur patrie, utile ou nécessaire.

Ainsi la Convention fondait le'bonheuir du pays; mais tout en pensant à son bonheur, eile ne négligeait ni ses plaisirs ni sa gloire.

Apres avoir voté des encourageméns pour les travaux de toute espèce, après avoir décrété Rétablissement de diverses manufactures, elle ordonna la formation d’un musée et pensa à faire fleurir les beaux-arts.

Ne favorisant du reste aucune indus trié particulière, un homme de talent paraît-il'; dans quelque partie qu il soit, de suite la Convention s’en

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empare, le protège, favorise sa marche et Félève pour l’illustration de la

France.

Enfin plus libre d’agir , ayant vaincu lç& ennemis du pays au dedans et au dehors, elle termine la formation du gouvernement qu’elle a promis de donner à la nation.

Elle remet ;

Le pouvoir législatif entre les mains de deux conseils éleetils, dont l nu aufa la proposition des lois, et 1 autre

leur sanction ;

Le pouvqir exécutif entre les mains d’ un Directoire composé de cinq membres électifs ayant des ministres responsables.

. Les clubs sont fermés, les sociétés populaires sont interdites. L anarchie veut encore troubler le bonheur de la nation i alors la Convention saisissant

DE LEGISLATION GOUVERNEMENTALE. l3l

le pouvoir terrible que lui donne sa dictature, mitraille et foudroie les rebelles qui veulent violer les lois à force ouverte.

Puis montrant que sa conduite est dictée par l’énergie,et non par la violence , elle rend un décret plein de modération et de sagesse qui permet à tous ceux qui veulent vivre sous d autres lois que celles du pays, de quitter la b rance et d’emporter librement leurs richesses- ^ oila, voila de quelle manière elle se contentait de répondre aux voix passionnées et cruelles, qui, sans pitié pour des hommes morts et sans défense, devaient plus tard venir souiller leur mémoire en les flétrissant du nom de sanguinaires.

Mais ses travaux sont terminés. La Convention abdique un pouvoir qui

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ne peut plus être utile à son pays.

Elle avait trouvé la France sur le point d’être envahie, elle la quitte triomphante.

Elle l’avait trouvée pauvre et végétant dans l’ignorance : elle la quitte industrieuse et riche cl une prospérité que lui assure l’étude favorisée des

arts et des sciences.

Enfin, et cela seul suffit, 1 anarchie régnait ; la Convention rétablit le règne des lois: s’est-elle bien servi de sa dictature ?

Répondons oui sans hésiter, car si la Convention a usé de rigueur, elle possédait la dictature, et la dictature ne peut être jugée d’après les règles desgouvernemens ordinaires, l u gouvernement ordinaire est plus coupable en faisant une loi cruelle, que la dictature en faisant les lois les plus bar-

bares, car Iâwlietature ne vient qu’au moment du danger, et le danger passé, elle et ses lois se retirent; enfin la Convention a versé du sang, mais elle a sauvé la France, et si maintenant, grâce aux progrès immenses de la civilisation, les désordres qui ont régné alors ne peuvent se reproduire, si par conséquent nous ne comprenons plus les moyens de répression qu’il fallut employer alors, rendons-en grâce au ciel; mais pour juger le passé reportons-nous et au temps, et aux circonstances. Comme les générations ignorantes qui nous ont précédés, ti’appelons pas grand, l’homme nul que les circonstances favorise ut , n’appelons pas infâme celui qui use tout son génie à combattre les circonstances, car si nous agissons ainsi, qu’arrivera-t-il ?

C’est que quand le pays se trouvera

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dans quelques circonstances difficiles, et cela peut arriver, personne ne voudra se charger des affaires de peur que l’on a’attribue h son peu de mérite ce qui aura été la faute des circonstances, de peur que l’on ne lui fasse un erime de ce dont sa position lui aura fait un devoir. Alors tous les hommes de laiens qui pourraient le sauver l'abandonneront: et, livré & lui-même, il périra sans exciter, de pitié, il périra comme périssent les ingrats. Mais la France sera plus sage, la France n’ahaudonuerapas ses anciens défenseurs, et en agissant ainsi elle en trouvera toujours à l’avenir.

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