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CHAPITRE XXIV

FoaUkru de l'Empire"

Poyr alïermir et conserver l’empire.

Napoléon n’avait besoin que d’employer le vingtième d’habileté qu’il avait mise à ruiner le gouvernement consulaire j mais il est dans la nature humaine de travailler plus à acquérir qu’à conserver, quoiqu’il soit mil[c fois plus difficile de conserve^ que

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d’acquérir. Une fois que l’on est devenu possesseur d’une chose, on ne se figure plus qu’on peut la perdre; pour l’acquérir on se fie à son travail; pour la retenir on se fie à la fortune et l’on ne tarde pas à perdre, à force de négligence, ce quel’on a gagné à force de peines, de fatigues et de soins.

La position de l’Empire était tout-àfait opposée à celle du Consulat. Sous le Consulat le gouvernement avait sans cesse tendu à sa ruine. Le gouvernement devait faire exactement le contraire sous l'Empire. 11 fallait donc changer du tout en tout la marche des affaires, et autant le gouvernement passé avait cherché à fortifier le pouvoir militaire, autant le gouvernement nouveau avait d’intérêt à l’affaiblir.

Car affaiblir le pouvoir militaire.

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c’était le ramener aux proportions des autres corps de l’État, et créer cette harmonie des parties qui fait seule la solidité de l’ensemble, et assure la durée des empires.

Fortifier le pouvoir militaire, c’était favoriser le plus petit nombre de la nation aux dépens du plus grand nombre , et violer la loi fondamentale et conservatrice des gouvernemeus.

La violation de celte loi avait été utile sous le Consulat parce qu’il fallait détruire. Elle devenait alors nuisible parce qu’il fallait conserver.

Le Directoire avait péri par un vice de côhstruction,

L’Ehdpirê devait périr de meme.

Lé vicé dé cbilstruetion dePÊmpire se trouvait dans la réunion de tous les pouvoirs dans la main d*un homme.

Pour (ju*ün gouvernement

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Lie se soutînt, il faudrait que l’homme ' chargé de le diriger possédât au même degré, les connaissances administratives et les connaissances législatives, qu’il fût aussi fort en législation qu’en administration, enfin qu’il fût carré, ainsi que le désignait sous une forme mathématique l’empereur lui-même.

Mais un pareil homme n’existe pas, n’a jamais existé, n’existera jamais.

L’essence du législateur est le calme, Fimpassibililé, la lenteur.

L’essence de l’administrateur est la chaleur, l’activité.

Un homme peut posséder en même temps ces qualités différentes, et c’est alors un homme supérieur, mais jamais un homme ne peut posséder ces qualités au même degré.

Et s’il était possible, je pose une hypothèse inadmissible, s’il était pos-

tir: LKGISTATION GOUVERNEMENTALE, iWj

si! >Ie de rencontrer un homme qui possédai à un degré égal ces qualités si opposées, je dis qu’elles seraient chez lui si faibles, si délayées, si peu intenses, qu’elles ne pourraient lui être utiles pour l'administration d’un Etat, car le génie n’est autre chose que l'agglomération , la concentration de toutes nos facultés sur un même point, et celui dont toutes les facultés seraient divisées exactement sur tous les points et affaiblies nécessairement par ce partage, posséderait le contraire du génie.

Je regarde donc comme prouvé qu’un homme d’État ne peut posséder qu’à des degrés dilïérens les qualités législatives et les qualités administratives.

D’après cela s’il est seul pour gouverner l’État, l’État penchera du côté

1^8 COURS DE liÈGISL. GOIIVEBN.

014 il sera trop faible pour le soutenir, et c’est ce qui amènera sa perte , car la mort naît de l'intempérance e’est-àdire d’un excès qui détruit l'équilibre et l’économie du corps; aussi allonsnous Toir le talent adruinislratii de l’Empereur l’emporter sur son talent législatif et l’entraîner rapidement vers sa ruiné.

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