CHAPITRE I
Orîgïnç des goûter nemens.
L'homme ne pouvant réunir en lui seul les diverses connaissances nécessaires aux besoins delà vie, ne peut exister isolé.
COORS
Lorsque plusieurs hommes s’assemblent afin de se donner réciproquement les secours dont ils ont besoin et qu’ils ne pourraient se procurer en vivant dans la solitude , ils forment un corps.
Ce corps, c’est la société.
Si chaque membre de ce corps n’écoutait que son intérêt du moment, le plus fort s’approprierait tout, les plus faibles n’auraient d’autre moyen de salut que la fuite, il y aurait dispersion des membres. Le corps alors n’existerait plus , et le plus fort luimême retrou/crait la solitude dans laquelle l'homme ne peut vivre.
L’intérêt de tous veut donc que chaque personne qui fait partie de la société agisse non d’après son intérêt absolu, mais d’après son intérêt mis en harmonie ayec l’intérêt général.
Pour que tous les membres de la so-
eicté connaissent cet intérêt général et p(lissent régler leurs actions, d’après lui, il faut qu’on le spécifie.
La spécification de cet intérêt, c’est la loi-
La loi est donc l’intérêt général rendu sensible et mis en écrit; mais pour que chacun obéisse à cet intérêt général il nesuffit pas qu’il soit spécifié, il faut qu’il soit soutenu par une force capable de le faire respecter; la loi enfin n'est qu’un instrument inutile s’il n’y a pas une main qui le dirige.
En outre , T intérêt de la société changeant h mesure que la société change, à mesure qu’elle augmente ou diminue, ce qui représente cet intérêt do i tv a rie r co ra m e 1 a société el I e-m êm e, et imiter en cela l’ombre d’un corps qui varie selon que ce corps augmente ou diminue. Une loi bonne pour cent
COU BS
individus n’est plus bonne pour cent mille ; une loi bonne pour des hommes ignorons n'est plus bonne pour des hommes éclairés. 11 faut donc que ia loi se modifie selon tes modilieaüons que le temps apporte à la société, il faut doue que l’on retouche sans cesse aux lois existantes et que Ton en fasse sans cesse de nouvelles.
Ce pouvoir de faire des lois et de les faire exécuter demandant une étude de toute la vie, formant une occupation de tous les momens, ne peut être confié à la société entière qui a d’autres occupations auxquelles elle est obligée de sc livrer pour vivre. 11 faut donc que ce pouvoir soit confié à une partie seulement de la société.
La partie de la, société revêtue de ce pouvoir, c’est le gouvernement.
On yoit d’après cela que le gouver-
»IÎ LEGISLATION GODVF.BHEMENTALE. 2 ~)
nement est l’organe de la loi, qu’il l'anime et qu’aucune société ne pourrait subsister sans gouvernement ; car sans gouvernement la loi deviendrait un corps inanimé, la société sans loi verrait bientôt l’intérêt particulier dominer 1 intérêt .général, on cesserait de respecter la propriété, chacun fuirait, il y aurait dispersion des membres, désorganisation du corps entier.
La loi pour tout homme qui pense doit donc être un objet de culte, et il doit être prêt à tout sacrifier pour la défendre, puisque sans la loi il est impossible de rien conserver, il est impossible de rien acquérir, il est impossible même de vivre,
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