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CHAPITRE XI

Base des gûuverdemens*

Faire des lois et les faire exécuter, c’est gouverner.

Un gouvernement est la partie de toute nation à laquelle on a confié le pouvoir législatif et le pouvoir exécutif.

Mais comme la partie d’une nation maîtresse de ce double pouvoir pour-

se remuer

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rait en abuser, Dieu lui a imposé pour ! le bonheur du peuple <4ne.

tence.

Pour cela»

malade le désir

Pespoir d’en trouver u moins souO’rir.

Lorsqu’une nation csi lieu reuse, eue ne cherche pas à changer delà' - -*■ comme rien n’est absol u dansée momie, îelqucs uns de ses membres sont ils ont be-*" oiiver une autre tous, leurs efforts sont vains, et ils cessent bientôt des efforts superilus.

Lorsqu’une nation est malheureuse contraire, et que quelques uns de ses membres seulement sont heureux alors la nation entière se plaint, s’a

BE LEGISLATION GOUVERNEMENTALE. 3i

gîte, se tourne, retourne, se soulève à demi, tout-à-jfait» et, pesant de tout sou poids contre le petit nombre, elle I' écrase.

On voit d’après cela qu’une révolution n’arrive jamais que quand une nation est malheureuse > et qu’alors rien ne peut l’empêcher d'arriver.

L’art de gouverner est doue l’art de rendre les peuples heureux.

La base fondamentale et conservatrice des gouvernement est donc de préférer toujours l’intérêt des niasses à l’intérêt des corporations et des particuliers, afin d’avoir toujours pour soi le plus grand nombre.

Le seul moyen de rendre les masses

heureuses, c’est de retirer toutes les anciennes lois à mesure qu’elles les blessent, d’en créer de nouvelles qui .

les favorisent, et de veiller attentive-

3a COURS DE JLILGISL. GOUVERNEMENTALE.

ment à l’exécution de ces dernières; car une bonne loi étant la spécification la plus juste des intérêts du public, assurer ces intérêts c’est assurer la félicité publique, et assurer la félicité publique, c’est avoir pour soi Je plus grand nombre.

Maintenant que j'ai posé le principe générateur d’où découle toute loi gouvernementale, je vais dans l’histoire des gouvernemens delà France rechercher toutes les loi particulières, et indiquer comment ce principe en est le père.

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RECHERCHE DES LOIS PARTICULIÈRES QtTI BIR; LES ÜÛÜTElNEaïKNS.

Monarchie absolue un France.

Après avoir vécu quelque temps sous Je gouvernement aristocratique clés chefs qui l’avaient vaincue, lors de l’invasion des barbares, la France vit le

CODES

pouvoir quitter successivement ces chefs pour aller se réunir dans les mains d’un roi; et d’une aristocratie qu’il était , le gouvernement devint une monarchie absolue ou monarchie pure.

Le pouvoir législatif et le pouvoir exécutif se trouvèrent réunis dans les mains d’un seul, et celui qui avait eu le génie de les concentrer de la sorte n’eut pas de peine à conserver ce qu’il avait su acquérir; mais ses descendans ignorant comment le pouvoir s’acquiert, comment il se conserve, crurent ce pouvoir éternel ; et au lieu de s’occuper à affermir leur trône, ils se livrèrent entièrement à la dissipation et aux plaisirs. Ayant la toute-puissance, et ne rencontrant aucun freiu qui pût les arrêter, ils s’abandonnèrent à leurs passions, donnèrent à ceux qui

favorisaient ces passions, toutes les richesses, tous les honneurs, et formèrent ainsi une classe privilégiée qui devait bientôt réunir tous lesbiens du pays aux dépens de la nation entière.

De la sorte ils violèrent ia loi fondamentale des go u vcrne me ns , et croyant augmenter leur pouvoir, ils le laissèrent déborder sans penser que ce débordement allait bientôt amener sa ruine. Comme on ne trouvait plus d’or pour en donner au corps favorisé, ils en demandèrent au peuple et le chargèrent d impôts extraordinaires.

Alors arriva Louis XVI.

Le peuple se plaignit.

Et les courtisans dirent au roi : « Sire, ne craignes rien, ou fait taire ces clameurs avec de l’énergie; imitez Louisle-Grand et soyez fort I »

En parlant ainsi, ils ignoraient que

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Louis** le-Grand arrivait après la sage et admirable administration du cardinal de Richelieu, qui, sans s inquiéter si le peuple le maudirait plus tard, avait fait le bonheur du peuple, avait su exiler une reine, s'opposer seul à toute la cour, et faire tomber la tête de hauts et puiss ans seigneurs en faveur de la nation;

Tandis que Louis XVI succédait à Louis-le-Grand, au régent, à Louis XV, tous idoles du peuple, il est vrai, mais qui avaient ébranle le trône jusque dans ses fondemens, en épuisant la nation en faveur du petit nombre.

En administration les fruits sont lents à venir. 11 faut que la semence germe dans toute une population avant de pouvoir apparaître au dehors, et si cette population n'ést pas éclairée, le temps qu'il faut pour quelle germe

dans ce terrain inculte est immense ; aussi dès que l'action est faite, ses conséquences, imperceptibles d’abord, échappent à toutes- les vues, grossissent en traversant des siècles, sans que la foule puisse suivre leurs développeruens divers. Puis ces conséquences surgissent enfin tôüt-à-côup fortes, puissantes, telles qu’il faut leur obéir.

Ce n’est donc pas au moment où l’on fait une loi mauvaise que cette loi est dangereuse. A l’exception de quelques sages qui savent lire dans l’avenir, nul ne la désapprouve, mais jetée à travers la société, et lui barrant pour ainsi dire le passage, cette loi rencontre bientôt un homme et le blesse; elle en rencontre deux, trois, elle en rencontre mille qui viennent se heurter contre elle; et c'est quand cette loi a meurtri successivement toute la po-

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pulation , que cette population sesoulève.

Louis XIY avait recueilli les riches moissons semées par le cardinal, premier ministre.

Louis X.VI ayait à supporter le poids immense amassé par les fautes de ses prédécesseurs.

Ce n’est donc pas la faiblesse de Louis XYIqu’il faut accuser. LouisXIY, avec un fouet , avait fait taire quelques méeontcns; mais s’il se fût trouvé à la place de Louis XVI, il n’eût pu avec des échafauds permanens comprimer la voix de la nation entière ; car la force ne peut empêcher trente millions d’hommes de souffrir et de sentir leurs souffrances.

Et, comme j’aurai besoin de le faire remarquer plus tard , je ne puis trop tôt faire observer combien en admi-

DF. LÉGISLATION GOUVERNEMENTALE, 3g

nistration est importante la situation des choses qui vous entourent, combien,, est grande et impérieuse Finfluence des circonstances.

II ne fallait donc pas dire au roi :

« Sire, soye.z for!. » mais, s Sire, soyez ® sage! Dans quelque mauvais état que b soient des alfaires, elles ne sont jamais désespérées, et il est toujours » temps de remédier aux maux causés ■ par l’imprévoyance et la folie, en y » appliquant les remèdes qu’indiquent * Fliabileté et la prudence, b

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