CHAPITRE III
Î^ÉÜtft fjuJ achevèrent de rutnii la monarchie absolue en France.
Toute violation d’une loi est un délit. La violation des lois desgouyernemeus est un délit gouvernemental.
La peine de cc délit est, selon sa gravité, i’affaiblissement ou la ruine du gouvernement coupable. Le tribunal
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chargé par Dieu de cette juridiction, c’est le pays.
Au lieu de suivre lés lois qui devaient consolider sa puissance, Louis X\I augmenta le crédit du petit nombre, laissa s’accroître la misère du plus grand, et, taisant ainsi exactement le contraire de ce que la méthode lui conseillait de faire, il donna de nouvelles forces au mal qui attaquait son existence et devait amener sa ruine dans le cas où"il ne s’opposerait pas à ses progrès.
Non content de violer les lois générales des gouvernemens, il ne tarda pas à enfreindre une loi particulière à la nature de son gouvernement.
Cette loi est que tout gouvernement doit protéger les autres gouvernemens homogènes. Ainsi les monarchies doivent se souteuir entre elles, les répu-
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bliqucs entre elles; et, au contraire, une république ne doit pas plus prêter main-forte au despotisme qu’ûîi État despotique ne doit soutenir un État républicain.
Une guerre éclata. Les États-Unis d’Amérique, secouant le joug des Anglais, se déclarèrent république indépendante, et Louis X\ 1 favorisa cette république nouvelle. Opprimant son peuple, il devait tout faire pour lui ôter des idées de liberté, et il l’envoya combattre pour la liberté du Aouveau- Mpnde.
U {"pendant le feu qu’il alimentait lui-même se répandait de toutes parts.
Le plus grand nombre voyait augmenter scs souffrances; le petit nombre faisait disparaître, avec une rapidité effrayante, les sommes immenses qu’on lui jetait, et plus on lui en donnait,
COURS
plus il en demandait, parce' que la nature des désirs effrénés est de croître à mesure qu'on les salislait. Alors le roi commit la plus grave violation des lois gouvernement:des. Après avoir mécontenté le grand nombre, en ne satisfaisant pas à ses besoins réels, après avoir mécontenté le petit nombre, eu ne trouvant plus de quoi satisfaire à ses besoins supposés, ne sachant comment se conduire entre ces deux ennemis, il crut se sauver en les mettant tous les deux eu présence* 11 convoqua les Etals-Généraux. Dès lors tout fut perdu. Le peuple, en se voyant rassemblé, comprit sa force et la cour sa faiblesse. Le peuple s avança; la cour recula eu palissant. On avait laissé les deux ennemis en venir aux mains, et leurs forces étaient trop disproportionnées pour que 1 on pût
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désormais empêcher la lutte, pour que fbn ne prévît pas le résultat de eette lutte inégale qu’avait laissée s’engager 1 inexpérience du souverain.