ch. it
Lavallke. — Histoire de la maison royale de Saint-Cyr; îS'iS.
— Une Supercherie lilléraire dévoilée : Revue des Deux Mondes, l.j janv.
— La Famille d'Aubigné et l'Enfance de M^nc de Maintenon; Pion,
1863, in-8o.
LiïTuÉ. — Littérature et Histoire; Didier, 1850, ia-8", p. l-.';o. Mariom. — Revue pédagogique, 15 déc. 1884, t. II, p. 481 et siiiv. Martin (Hkmhi). — Histoire de France; Fiirnc, in-S"; 1° partie, t. XI II
et XIV, ch. Lxxxv, lxxxvi.
MiCHELET. — Histoire de France; Chamerot, in-S»; t. XIII. NiSARD. — Mélanges et Portraits , t. II, 97.
— Histoire de la littérature française ; Didot, t. III.
NoAiLLES (De). — Histoire de M»"" de Maintenon; Comon, 18iS-i85.'],
4 iii-S".
RoussELOT. — Histoire de Véducalion des femntcs ; Perrin, in-12, 1885,
t. II.
Sainte-Beuve. — Premiers LAindis; 3 in-12, Michel Lévy, 1874; t. I^r^
— Causeries du lundi; Garnicr, in-12; III, 5C. ù 63 et 72 à 77; IV, 369
à 388; V, 416 à 440; VIll, 473 à 493; XI, 105 à 120.
— l'ort-Royal; Hachette, iu-12, passini. Cf. la table du t. VII. Saint-Marc Giuardin. — J.-J. Rousseau, sa Vie et ses OEuvres; Calmann-
Lévy, ia-12; t. II, p. 209 à 226.
Saint-Sijion. — Mémoires, édit. Chéruel ; Hachette. Voir la table du t. XHI.
— Parallèle des trois premiers Bourbons.
Schérer. — Études de littérature contemporaine ; Calmauu-Lévy, in- 12; t. IX, p. 107 à 175.
Sée (Camille). — L'Université et M'"'" de Maintenon; Cerf, 1894, iu-8".
Cf. Enseignement secondaire des jeunes filles; Cerf, mai, juin,
juillet 1893.
Sévicné. — Lettres des 13 janvier, 26 février 1672, 4 déc. 1673, etc.
Cf. la table de l'édition Monmerciué, Hachette. Taphanel. — La Reaumelle et Saint-Cyr; Pion, in-S», 1898. Trolliet. — La Littérature épistolaire au dix-septième siècle, t. VI,
ch. II, de l'Histoire de la littérature française dirigée par Petit
de Julleville; CoJin, in-8o.
Voltaire. — Siècle de Louis XIV, ch. xxvii, et supplément au Siècle
de Louis XIV, 3^ partie.
— Correspondance, lettres à d'Argeutal, 22 uov. et 18 déc. 1752; 15,
25 juin, 9 juillet 1756; à Formey, 17 jauv. 1753, etc. Cf. la table de l'édit. Beugnot.
JUGEMENTS
C'était une femme d'esprit et de beaucoup d'agréments, que le beau monde, la galanterie, les intrigues, tant pour soi que pour autrui, avaient fort polie; toujours clierchant à plaire, avec beaucoup de grâces en tout ce qu'elle disait et faisait, en un langage doux, juste, en bons termes, naturellement éloquent et court, d'un air d'aisance et toujours de retenue et de respect, que sa longue bassesse lui avait rendu naturel. Son beau temps avait été celui des belles conversations et ce qu'on appelait le temps des ruelles et de la belle galanterie. Celte sorte d'esprit lui demeura toujours, avec une forte teinte de précieux et de guindé qu'elle avait prise de son état de gouvernante. Le vernis de son importance l'augmenta, et celui de la dévotion qui la servit si bien fit semblant d'absorber tout le reste. Ce dernier lui était capital pour la maintenir où il l'avait portée et pour gouverner. Ce fut aussi à cet être de dévotion qu'elle immola tout le reste. La droiture et la franchise étaient trop difficiles à accorder avec sa situation et ses vues pour en retenir plus que la parure; elle n'était pas aussi tellement fausse que ce fût son caractère ni son goût, mais la nécessité de ses anciennes intrigues et sa légèreté naturelle l'y avaient formée : légèreté si grande qu'elle la faisait paraître fausse au double de ce qu'elle l'était, et souvent en bien des occasions et des choses où elle ne l'était pas : elle n'avait de suite en rien que par contrainte ou par force ; son goût était de voltiger en connaissances, en amis, en amusements; et comme il n'y eut plus d'amusements depuis qu'elle fut reine, son inégalité tomba toute sur les gens et sur les affaires. Ce qu'elle approuvait, même ce qu'elle conseillait hier, souvent elle le trouvait mauvais aujourd'hui, et il se fallait bien garder de lui faire sentir sa variation : elle s'engouait aisément des personnes dès la première fois qu'elle les voyait en particulier, et se répandait avec une ouverture surprenante et qui ouvrait les plus grandes espérances. Dés la seconde audience, elle s'importunait de cette même personne, fort ordinairement devenait sèche, cou-
58 COURS DE LITTEIUTURE
pait court. On se tourmentait à chercher la cause de ce changement sans la pouvoir trouver. C'était uniquement sa légèreté et son inégalité naturelle. C'était ce qui rendait sa petite cour si pénible et si difficile au très petit nombre de personnes qui l'approchaient et aux ministres, dans l'exacte clôture où son goCit et celui du roi la tenait sans cesse enfermée et inaccessible; qui rendait ses audiences à obtenir si rares et si difficiles, outre le temps infini qu'elle perdait en écritures à faire et à lire des délations et des directions de couvents, même de diocèses; c'était son goût favori. Elle se croyait une mère de l'Eglise et la directrice de la cour. L'abjection et la détresse de sa première vie lui avait rétréci l'esprit et avili les sentiments tellement qu'elle pensa toute sa vie si fort en petit qu'elle fut toujours au-dessous même de la Scarron. Rien n'était si rebutant que cette bassesse jointe à un état si radieux, et rien aussi n'était si destructif de tout bien, comme rien de plus embarrassant et de plus dangereux que cette vacillité perpétuelle d'esprit en gens et en affaires. Elle eut encore la faiblesse d'être gouvernée par la confiance, mieux encore par les confessions qu'elle s'attirait, mais que sa mutabilité ne laissait pas durer longtemps. Sa clôture la tint dans une ignorance profonde, croyant être informée de tout par les délations qu'elle entretenait et qui la conduisirent sans cesse et très grossièrement de duperies en duperies. Il y aurait bien des choses à ajouter à ce singulier caractère, mais ce qui vient d'en être dit suffira pour entendre les artifices de son gouvernement actif et passif.
Saint-Simon, Parallèle des trois premiers Bourbons; Hachette.
Ily a des lettres d'elle où l'art embellit le naturel et dont le style est très élégant... Elle est auteur comme M™° de Sévigné, parce qu'on a imprimé ses lettres après sa mort. Les unes et les autres sont écrites avec beaucoup d'esprit, mais avec un esprit différent. Le cœur et l'imagination ont dicté celles de M"<= de Sévigné; elles ont plus de gaieté, plus de liberté : celles de M™° de Maintenon sont plus contraintes; il semble qu'elle ait toujours prévu qu'elles seraient un jour publiques. M"'' de Sévigné, en écrivant à sa fille, n'écrivait que pour sa fille. Voltaire, Siècle de Louis XIV, ch. xxvi, et Catalogue des écrivains.
Je persiste à trouver que cette femme n'était point fausse; mais elle était sèche, austère, insensible, sans passion ; elle raconte tous les événements de ce temps-là, qui étaient aiî'reux •pour la France et pour l'Espagne, comme si elle n'y avait pas un intérêt particulier; elle a plus l'air de l'ennui que de l'intérêt; ses lettres sont réfléchies; il y a beaucoup d'esprit, d'un style fort simple; mais elles ne sont point animées, et il s'en faut qu'elles soient aussi agréables que celles de M™" de Sévigné. Tout est passion, tout est en action dans celles de cette dernière; elle prend part à tout, tout l'affecte, tout l'intéresse. M™^ de Maintenon, tout au contraire, raconte les plus grands événements, où elle jouait un rôle, avec le plus parfait sangfroid : on voit qu'elle n'aimait ni le roi, ni ses amis, ni ses parents, ni même sa place. Sans sentiment, sans imagination, elle ne se fait point d'illusions; elle connaît la valeur intrinsèque de toutes choses, elle s'ennuie de la vie, et elle dit : « Il n'y a que la mort qui termine nettement les chagrins et les malheurs. » Un autre trait d'elle qui m'a fait plaisir : « Il y a dans la droiture autant d'habileté que de vertu. » Il me reste de cette lecture beaucoup d'opinion de son esprit, peu d^estime de son cœur, et nul goût pour sa personne; mais, je le dis, je persiste à ne la pas croire fausse... Elle n'était point aimable, parce qu'elle était triste et inditlérente; sa dévotion avait nui à son esprit et gâté son discernement; elle s'était laissé conduire par les circonstances. Elle n'était point hypocrite; sa dévotion était petite et minutieuse. Elle avait le malheur d'être sujette à l'ennui; mais, à tout prendre, c'était une femme qui avait naturellement l'esprit très philosophique et très éloigné, à ce qu'il me semble, de fausseté et de manège.
M™= DU Ueffand, Lettres à Walpole, 21 mars 1768 et 17 février 1773.
Si quelqu'un pouvaifêtre mis en parallèle avec M'"^ de Sévigué pour le genre épistolaire, ce serait M""* de Maintenon. Ses lettres sont plus pensées, elles ont plus de suite, plus d'exactitude et une élégance plus soutenue; elles portent partout l'ex-
pression louchanle du sentiment et le caractère d'une âme tendre ' ; mais elles n'ont ni la gaieté, ni le feu, ni la variété, ni le brillant de celles de M""" de Sévigiié. .
GuiMM, Correspondance, 19 juin 1754.
M""' de Maintenon est une des femmes à qui les femmes, en général, rendent le moins de justice. C'est en vain que, dans ces derniers temps, deux femmes célèbres ont voulu la réhabiliter; M™° de Genlis et M""^ Suard ont perdu les frais de leur imagination et de leurs recherches; et le roman et l'histoire ont échoué contre des préventions aussi obstinées. M™" de Maintenon n'eut-elle pas cependant les qualités que les femmes envient le plus, et dont elles sont le plus tîères? Ne fut-elle pas très belle et très spirituelle? Ne fut-elle pas aussi vertueuse que les plus difficiles d'entre elles Fexigent?... Mais, disent-elles, M^-^ de Maintenon fut ambitieuse. Cela est possible, mais je n'aurais pas cru les femmes si implacables là-dessus; j'aurais même soupçonné qu'une ambition couronnée d'un si brillant succès, dont l'éclat rejailliL, pour ainsi dire, sur elles, et prouve jusqu'où peut aller leur ascendant et leur empire, les disposel'ait à en être plutôt flattées que révoltées. Mais, ajoutent-elles, et c'est ici la terrible accusation, elle ne fut pas sensible! En sont-elles bien siàres? Tout ce que je puis dire, c'est que c'est un point toujours fort difficile à éclaircir, et il me semble que de belles et incontestables qualités et un mérite vraiment supérieur devraient protéger la mémoire de M™« de Maintenon contre une accusation toujours incertaine et douteuse... Je ne prétends pas que M™<^ de Maintenon n'ait jamais eu ni erreurs ni préventions; et si c'est parce qu'elle ne fut pas parfaite que les femmes ne l'aiment pas, ne l'estiment pas, je n'ai rien à dire.
De Féletz, Mélanges, t. V.
Je suis persuadé que Duclos a très bien jugé M™'^ de Maintenon : il avoue qu'elle a été calomniée; il lui reconnaît quelques vertus vraies; mais il convient aussi qu'elle en avait beaucoup
1. Co jugement est au moins oricfinal : il faut être .illemand pour trouver ou pour mettre tant de teuiiresse dans les lettres de M"» de Maintenon.
MADAME DE MAlNTENON Gl
de fausses cl d'affectées; qu'elle avait une ambition insatiable, un orgueil excessif, un fonds d'ingratitude, et fort peu d'attachement pour le roi.
Hoffmann, Œuvres, t. V.
Elle est de celles que de loin on traite assez mal, mais qu'on n'aborde pas de près impunément. Elle impose par un ton de simplicité noble et de dignité discrète ; elle plaît par le tour parfait et piquant qu'elle sait donner à la justesse. Il y a des moments même où l'on dirait qu'elle charme ; mais, dès qu'on la quitte, ce charme ne tient pas, et l'on reprend de la prévention contre sa personne.
Sainte-Beuve, Lundis, t. IV ; Garnier.
Nous tâcherions de la peindre fidèlement, sans ressentir aucune sympathie pour celle qui jamais ne consulta ni le devoir ni son cœur, mais l'opinion ; ne poursuivit qu'un seul et bien misérable objet, la considération; feignant de prendre le plaisir d'un roi pour la volonté de Dieu; sans vertu à la fois et sans amour, victime volontaire, et par conséquent peu intéressante, de ce tyran vulgaire qu'on appelle les convenances du monde.