Lettre du 20 nov
2. « Pau ordre du roi : Sa Majesté étant informée que les mnnuscrils trouvés chez M. le Juc de Saint-Simon, lors de son décès, lu plupart desquels concernent
Ces papiers étaient de deux sortes: les Mémoires, les autres manuscrits. Tous avaient été légués par testament à un Saint- Simon, cousin du duc, évéque de Metz. Mais Saint-Simon recommandait en même temps à son exécuteur testamentaire, d'Aguesseau, de payer ses dettes aussitôt que faire se pourrait. Or ces dettes étaient considérables, et les créanciers avides. A leurs yeux, sans doute, ces écritures ne représentaient pas une fortune, mais seulement un gage. Il ne faudrait pas croire toutefois que l'importance des Mémoires de Saint-Simon ait été alors absolument méconnue. Chargé par Choiseul de l'examen général des papiers de Saint-Simoii, l'abbé de Voisenon publia, en 1762, des Extraits des Mémoires. Choiseul lui-même en fit prendre une copie, ce qui n'était ni une mince besogne ni un mince témoignage d'estime. Exilé à Chanleloup, il en laissa prendre connaissance à M"'= du Deffand. Celle-ci écrivait à Walpole : « Nous faisons une lecture, l'après-dinée, des Mémoires de M. de Saint-Simon, où il m'est impossible de ne pas vous regretter : vous y auriez des plaisirs indicibles... Je suis désespérée de ne pouvoir vous faire lire les Mémoires de Saint- Simon; le dernier volume, que je ne fais qu'achever, m'a causé des plaisirs infinis; il vous mettrait hors de vous'. » Il est vrai que l'attrait de la médisance et peut-être du scandale était pour quelque chose dans le plaisir de cette épicurienne délicate, que l'enthousiasme faisait rarement sortir des bornes de la froide raison. Elle déclare, en eifet, que les portraits sont mal faits, que le style est abominable et que le livre n'est pas d'un homme d'esprit, ce qui prouve qu'il y a un autre esprit que celui de Voltaire. Il est donc probable que les Mémoires de Saint-Simon, publiés alors dans leur entier, eussent soulevé moins d'admiration que de surprise. Mais on ne les publia qu'avec précaution et par fragments. Duclos, historiographe de France, les connut aussi et en (It des Extraits, comme Voisenon. Marmontel s'en servit largement pour son Histoire (le la réijence. Ce sont encore des Extraits que Soulavie éditera en trois volumes-, à la veille de la Uévolution (1788). 11 faudra
le sorvico ilu roi ot do l'Etat, ont clé ronfi^rnul-s (l:ins plusieurs caisses, ordonne ([ue sur la simple représentation du présent ordre, et nonobstant toutes o|)positions laites ou à faire. lesdUes caisses et manuscrits, en l'état où ils sont, ensemble les clefs desdites caisses, seront remis au sieur Le Dran, premier commis du dépôt des Affaires étrangères... Fait à Versailles, le 21 décembre 1700. — Siync : Louis. — Choiskui.. »