FÉNELON
DÉMOSTHÉNE. — Celui à qui on ne peut retrancher n'a rien dit que d^ parfait.
CicÉRON. — Celui à qui on ne peut rien ajouter n a rien omis de tout ce qui pouvait embellir son ouvrage.
C'est Démosthène ici que Fénelon charge d'exprimer sa propre doctrine.
Vous avez eu delà force, je l'avoue, mais vous y ajoutiez trop d'ornements. La véritable éloquence va à cacher son art : et il ne faut point parler, ou il faut étudier la vraie et solide éloquence...
Tu occupais l'assemblée de toi-même; et moi je ne l'occupais que des affaires dont je parlais. On t'admirait; et moi, j'étais oublié par mes auditeurs, qui ne voyaient que le parti que je voulais leur faire prendre. Tu réjouissais par les traits de ton esprit, et moi je frappais, j'abattais, j'atterrais par des c .!ip=: de foudre. Tu faisais dire : « Ah ! qu'il parle bien ! » et moi je fai- - - : « Allons, marchons contre Philippe 1 » On te louait; on était
: - de soi pour me louer quand je haranguais. Tu paraissais orné, on ji- u.t navrait eu moi aucun ornement; il n'y avait dans mes pièces que c r.-aisons précises, fortes, claires, ensuite des mouvements semblables à des foudres auxquels on ne pouvait résister. Tu as été un orateur parfait quand tu as été, comme moi, simple, grave, austère, sans art apparent, en un mot quand tu as été démosthénique ; et lorsqu'on a senti en tes discours l'esprit, 1 ■ tour et l'art, alors tu n'étais que Cicéron, l'éloignant de la perfection autant [ue tu t'éloignais de mon caractère *.
Fénelon va plus loin; il oppose de même Homère à Virgile, et ne craint pas de faire dire au poète latin, qu'il aimait tant : (' J'avoue que j'ai dérobé quelque chose à la simple nature pour m'accommoder au goût d'un peuple magnifique et Hélicatsur toutes les choses qui ont rapport à la politesse. Homère semble avoir oublié le lecteur pour ne songer à peindre en tout que la vraie nature. En cela je lui cède. » Dans la Lettre à l'Académie, Fénelon ne reproduira pas ces réserves un peu sévères; pensant peut-être que la différence entre Homère et Virgile n'est que la différence même entre les temps où ils ont vécu, il ne voudra voir que la profondeur du sentiment chez le poète où « tout pense m. Mais l'esprit de ce nouveau parallèle n'est pas autre que celui du parallèle entre Démosthène et Cicéron. Que reproche-t-on à Virgile? D'avoir parfois abandonné « la sim-
t. Démosthène pourtant fait lui-même cet aveu : « Le désir de la gloire m'a fourhé. J'ai cru qu'il était beau de gouverner un peuple par mon éloquence, et de I '"'-ister à la puissance de Philippe, n'étant qu'un simple citoyen, fils d'un artisan. J'aimais le bien public et la liberté de la Grèce ; mais, je l'avoue à présent, je m aimais encore plus moi-même, et j'étais fort sensible au plaisir de recevoir une couronne en plein théâtre, et de laisser ma statue dans la place publique avec une belle inscription. »
pie nature ». De quoi loue-t-on surtout Homère? D'avoir toujours peint « la vraie nature ». Naturel, simplicité, vérité, ce; mots si familiers -à Fénelon suffisent à caractériser sa doctrine Si l'on jette les yeux sur les autres dialogues, on y observe deux préoccupations très remarquables, qui seront plus visibles encore dans la Lettre à l'Académie. Fénelon aimé les arts el leur emprunte volontiers ses exemples ; à Parrbasius, à Léonard de Vinci, il donne Poussin pour interlocuteurs. Mais s'il aime les arts, c'est qu'il aime la nature, et c'est dans la mesure où ils comprennent et peignent la nature qu'il admire les artistes. Puis, quelques-uns des personnages qu'il fait parler son étrangers, et l'on voit même Confucius s'entretenir avec Socrate*. Cette préoccupation de l'étranger ne sera pas une de: moindres nouveautés de la Lettre, surtout dans sa première partie, et nous fera sentir que le xvni'' siècle est proche. La littérature française tient moins de place dans les Dialogues les deux derniers cependant nous présentent Descartes , don; Aristote critique la philosophie, « en particulier sur le système des bêtes machines )>, et deux interlocuteurs assez inattendus, empruntés à la comédie du xvii^ siècle. Harpagon et Doranle. ■
La i)oliti(|nc de Fëiicluii dans les a Dialogues » : les bon*^ et les mauvais princes; les bons et les mauvais uiiiiis'très.
Mais le duc de Bourgogne est un prince, et un prince destiné à régner; jamais Fénelon ne l'oublie. Il y a, certes, dans les Dialogues des lieux communs de morale et de politique qui n'ont rien de particulier à une éducation princière. Par exemple, l'idée de patrie est éloquemment définie et glorifiée dansles dialogues entre Camille et Coriolan, entre Bayard et le connétable de Bourbon. La belle chimère de la fraternité humaine, tant amplifiée dans le Télémaque, est déjà ici un des thèmes familiers de Fénelon. Mais presque partout la leçon prend un caractère plus personnel, et, dès le premier dialogue, le but précis est marqué.
1. Ch. VII, de la Prééminence tant vantée des Chinois. Au reste, Soprate si> montre fort sceptique sur les mœurs, la civilisation, les livres de la Chine, et critique l'architecture chinoise, où tout est « confus et chargé de petits ornemçiits qui ne sont ni nobles ni naturels. »
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Mercurk. — J'espère que s'il peut se défaire du badinage et de la mollesse, fera grand fracas un jour. Il a la colère et les pleurs d'Achille ; il pourrait 3n en avoir le courage ; il est assez mutin pour lui ressembler. On dit qu'il ne les Muse.^, qu'il a un Chiron, un Pliœiii.r... Je crois qu'il aimera la paix, et l'il saura faire la guerre. On voit en lui les commencements d'un grand ince, comme on remarque dans un bouton de rose naissante ce que promet le belle tleur.
Pour que ces espérances n'avortent pas, qu'enseignera surut à ce roi futur le précepteur choisi par Louis XIV? A être issi différent que possible de Louis XIV, Le despotisme, « souint plus funeste aux souverains qu'aux peuples )>, est attaqué, itri presque à chaque page. «Ah! s'écrie Xerxès, les rois qui îuvent tout (je le vois bien, mais, hélas! je le vois trop tard) int livrés à toutes leurs passions. » Alcibiade condamne avec ne netteté vigoureuse la monarchie absolue chez les Perses.
Leurs rois, encensés comme des idoles, ne sauraient être honnêtes gens connaître la vérité; l'humanité ne peut soutenir avec modération une puisnce aussi désordonnée que la leur. Ils s'imaginent que tout est fait pour X ; ils se jouent du bien, de l'honneur et de la vie des autres hommes. Rieu marque tant de barbarie dans une nation que celte forme de gouvernement ; r il n'y a plus de lois, et la volonté d'un seul homme dont on flatte toutes ; passions est la loi unique.
Cette préoccupation constante ne va pas sans quelque naïveté, 1 moins dans la conduite des dialogues. Éclairé par Platon, enys le Tyran déclare que, s'il revenait au monde, il se ferait mer par son peuple. Philippe II reconnaît et déplore son -mbécillilé ». Parmi les rois de France, il en est un dont Fénelon mble s'être appliqué à faire le type même du tyran : c'est Duis XI : son histoire et sa politique fournissent le sujet de X dialogues : il est successivement mis en face des cardinaux essarion et de la Balue, de Philippe de Comrnines, de Charles 3 Bourgogne, de Louis XII, de l'empereur Maximilien. La (in a dialogue entre Louis XI et Comrnines ne manque ni de vivante ni de grandeur.
GoMMiN-ES. — Tout cela n'est-il pas vrai? pouvais-je le taire ?
Locis. — Vous pouviez n'en rien dire.
Commises. — Vous pouviez n'en rien faire.
Lonis. — Mais cela était fait, et il ne fallait pas le dire.
CoMMiNES. — Mais cela était fait, et je ne pouvais le cacher à la postérité.
LoDis. — Quoi I ne peut-on pas cacher certaines choses?
GoMMiNEs. — Hé! croyez-vous qu'un roi puisse être caché après sa mort imme vous cachiez certaines intrigues pendant votre vie ? Je n'aurais rien luvé pour vous par mon silence, et je me serais déshonoré. Contentez-vous •-e je pouvais dire bien pis et être cru ; mais je ne l'ai pas voulu faire.
Louis. — Quoi ! l'histoire ne doit-elle pas respecter les rois?
CoMMiNES. — Les rois ne doivent-ils pas respecter l'histoire et lapostérité, à la censure de laquelle ils ne peuvent échapper? Ceux qui veulent qu'on ne parle i)as mal d'eux n'ont qu'une seule ressource, qui est de bien faire.
Pourquoi Louis XII est opposé et préféré à Louis XI, il nous serait aisé de le deviner s'il ne nous l'apprenait lui-même : a Je me suis fait aimer; j'ai vécu en paix sans manquer de parole, sans répandre de sang, sans ruiner mon peuple. » Un bon roi est donc, aux yeux de Fénelon, non seulement un roi juste et modéré dans sa puissance, mais un roi pacifique. Lisez les titres des dialogues où Numa converse avec Romulus, Louis XIÎ avec François I" : Combien la gloire d'un roi sage et pacifique est préférable à celle d'un conquérant. — Il vaut mieux être père de la ixitrie en gouvernant paisiblement un royaume, que de l'agrandir par des conquêtes. Fénelon ne s'est-il pas aperçu que ces seuls titres, écrits à ce moment, étaient des épigrammes'' Ne lui prêtons pas une candeur si invraisemblable; mais reconnaissons que les modèles proposés au duc de Bourgogne n'étaient pas toujours des Numa ni des Louis XII. Le vaillant Henri IV a tous les honneurs de la comparaison avec Henri 111 et même avec le pape Sixte-Quint. Mais il n'est pas un conquérant, et on le loue surtout d'avoir mis toute sa gloire à soulager ses peuples. Non que toutes les guerres soient également condamnées, bien qu'elles soient toutes des guerres «civiles»; mais « il n'est permis de faire la guerre que malgré soi, à la dernière extrémité, pour repousser la violence de l'ennemi ». La paix doit donc être l'état normal d'une nation; la souveraineté pacifique de la loi y doit être seule loate-puissante r « Il faut tâcher de mener justement les peuples par l'autorité des lois. » Le dialogue XXII, Dion et Gélon, porte ce titre significatif : Bans un souverain, ce n'est pa^^ l'homme qui doit régner, ce sont les lois. « Il ne faut pas que l'homme règne, dit Gélon; il faut qu'il se contente de faire régner les lois. S'il prend la royauté pour lui, il la gâte et se perdjui-même; il ne doit l'exercer que pour le maintien des lois et le bien des peuples. » On se demande de quel air Louis XIV aurait lu ces dialogues, faits pour préparer au trône son pelit-fils. Et, sans être Louis XIV, on peut juger qu'il y a une part de chimère dans ces vues si largement, parfois si naïvement humaines. Dans le dialogue XIII, intitulé : Idée juste des lois propres à rendre luc peuple bon et heureux, Selon dit à Justinien :
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Je ne voudrais ni dispositions par testament, ni adoptions, ni exhêrédations, ni substitutions, ni emprunts, ni ventes, ni échanges. Je ne voudi-ais qu'um? étendue très bornée de terre dans chaque famille; que ce bien fût inaliénable, et que le magistrat le partageât également aux enfants selon la loi, après la mort du père. Quand les familles se multiplieraient trop à proportion de l'étendue des terres, j'enverrais une partie du peuple faire une colonie dans quelque île déserte. Moyennant cette règle courte et simple, je me passerais de tout votre fatras de lois, et je ne songerais qu'à régler les mœurs, qu'à élever la jeunesse à la sobriété, au travail, à la patience, au mépris delà mollesse, au courage contre les douleurs et contre la mort. Cela vaudrait mieux que de subsister sur les contrats ou sur les tutelles.
Les sociétés modernes sont peut-être plus compliquées que Solon et Fénelon ne l'imaginent. Et, de même que la législation, la politique moderne a peut-être ses secrets et ses complications nécessaires. Fénelon réprouve, avec raison, les maximes machiavéliques que l'intluence italienne a introduites en France à l'époque d'un Henri III; il n'a pas tort de mettre en doute que l'art de dissimuler soit l'art de régner; mais, dans son goût ingénu pour la simplicité, la loyauté, l'équité, il ne rend pas suffisamment justice au gouvernement ferme et fier d'un Richelieu. Car il ne.se contente pas de tracer le portrait idéal du roi; il trace aussi celui du ministre selon son cœur, et ce ministre parait lui ressembler singulièrement à lui-même. Dans quatre dialogues successifs, la politique de Richelieu est discutée, le plus souvent condamnée. L'exemple même des grands ministres étrangers est invoqué contre lui : Ximénès, désintéressé, modeste, n'a regardé que le bien public; Oxenstiern cf pratiqué la politique des honnêtes gens et s'est rendu populaire, tandis que Richelieu, en pratiquant la politique sans scrupule, s'est rendu odieux. On va jusqu'à faire remarquer que Richelieu, mauvais prêtre, a relevé les protestants à l'étranger. Ailleurs nous devinons que l'aristocratie humiliée et frappée lui garde rancune, et que cette rancune trouve en Fénelon comme un dernier et dangereux interprète. Mais Fénelon est trop fin et, au fond, trop juste pour méconnaître entièrement les hautes qualités d'un Richelieu. Aussi le relève-il par une comparaison avec Mazarin, et nous fait-il admirer alors le grand homme eu face du "rand comédien.
L,e discours de réception «le Fénelon à l'Académie i'rauçaisc»
Fénelon futreçu àrAcadémie le 31 mars 1693. Reçu le 13 juin de la même année, la Bruyère s'écrie dans son discours : « Toucherai-je votre dernier choix, si digne de vous? Quelles choses vous furent dites dans la place où je me trouve! Je m'en souviens; et, après ce que vous avez entendu, comment osé-je parler? comment daignez-vous m'enlendre? » C'était établir une sorte de lien entre son discours et celui de Fénelon ; tous deux, en elTet, ont plus d'un trait commun.
Sans vouloir rabaisser le méiite original de la Bruyère, il est permis de constater que le véritable novateur, dans le genre académique, est Fénelon. Avant lui, l'on ne voit guère que Bossuet qui ait tenté de rendre plus précis et plus vivant le discours de réception; le sien avait pour sujet l'institution de l'Académie, mais, en somme, ne sortait pas des généralités. Félelon, le premier, osa en sortir. Ce sont là sans doute les « zélés académiciens » dont parle la Bruyère dans la Préface de son discours, et qui lui avaient, dit-il, frayé le chemin. Il est vrai qu'au contraire de la Bruyère, Fénelon insiste longuement sur l'éloge de son prédécesseur; mais ce prédécesseur était Pellisson, et louer l'historien de l'Académie, c'était s'offrir l'occasion naturelle de retracer à grands traits cette histoire après lui. Si l'on met à part l'éloge obligé de liichelieu' et du roi, on s'aperçoit que la biographie de Pellisson fait le fond du discours, mais aussi qu'elle n'est qu'un cadre commode aux portraits, trop rapidement esquissés, des écrivains de la première moitié du siècle. Racan est l'héritier de l'harmonie de Malherbe; Vaugelas, « dont l'oreille fut si délicate pour la pureté de la langue », est cité non loin de 'Voiture, « toujours accompagné des grâces les plus légères ». (On voit combien fut vivace cette renommée de Voiture, mort depuis si longtemps déjà.) Corneille, « grand et hardi dans ses caractè-
1. L'élog'e fie Richelieu est ici plus franc que dans les Dialogues des morts, dont Fénelon paraît se souvenir, par exemple lorsqu'il dit, à peu près comme dans le Dialogue LXXIV, que le temps, qui oll'ace les autres noms, fait croître le nom de liichelieu.
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res où est marquée une main de maître », y est traité moins sévèrement que dans la Lettre à l'Académie. Seulement Fénelon ne parle et ne veut parler que des morts; moins audacieux que la Bruyère, il s'arrête à temps : « Mais je m'engage insensiblement au delà de mes bornes; en parlant des morts, je m'approche trop des vivants, dont je blesserais la modestie par mes louanges. »
En dépit de ces précautions prudentes, la véritable pensée de Fénelon n'est pas diflîcile à saisir, et l'esprit de son discours n'est pas autre que celui dont est pénétré le discours de la Bruyère : tous deux, en glorifiant les auteurs du xvn^ siècle, glorifient surtout les écrivains polis, naturels, vrais, qui ont su se plier au joug de la règle et de la raison. C'est ce que Fénelon montre clairement dans le passage le plus remarquable de son discours, d'ailleurs plus bref que celui de la Bruyère.
Depuis que des hommes savants et judicieux ont remonté aux véritables règles, on n'abuse plus, comme on le faisait autrefois, de l'esprit et de la parole; on a pris un genre d'écrire plus simple, plus naturel, plus court, plus nerveux, plus précis. On ne s'attache plus aux paroles que pour exprimer toute la force des pensées, et l'on n'admet que les pensées vraies, solides, concluantes pour le sujet où l'on se renferme. L'érudition , autrefois si fastueuse, ne se montre plus que pour le besoin ; l'esprit même se cache, parce que toute la perfection de l'art consiste à imiter si naïvement la simple nature, qu'on le prenne pour elle. Ainsi on ne donne plus le nom d'esprit à une imagination éblouissante ; on le réserve pour un génie réglé et correct, qui tourne . tout en sentiments, qui suit pas à pas la nature toujours simple et gracieuse, qui ramène toutes les pensées aux principes de la raison et qui ne trouve beau que ce qui est véritable. On a senti même en nos jours que le style fleuri, quelque doux et quelque agréable qu'il soit, ne peut jamais s'élever au-dessus du genre médiocre, et que le vrai genre sublime, dédaignant tous les ornements empruntés, ne se trouve que dans la simplicité.
En définissant ce génie réglé, correct, raisonnable, du xviiosiè- • cle, en y faisant entrer tant de « sentiment », Fénelon, sans le vouloir, définit surtout son propre génie. Le simple, le vrai, ' le naturel, voilà les mots qui reviennent sans cesse sous sa plume, voilà l'idéal qu'il proposera aux écrivains dans sa Lettre à l'Académie, douze ans après. « On retranche du discours tous les ornements affectés,» voilà pour lui le grand mérite des contemporains. Déjà il ne conçoit la parole que comme le vêtement de la pensée; déjà il a l'horreur du style fleuri, des traits éblouissants ; déjà il n'imagine pas un sublime en dehors de la simplicité. Telle est la ressemblance essentielle qui rapproche le Discours de la Lettre. Il serait facile de signaler aussi quel-