‹ Cours de littérature à l'usage des divers examens (volume 2)Chapitre 58 sur 186 · C. Uousset, Histoire de Lourois. i · texte numérisé non relu

C. Uousset, Histoire de Lourois. i

G. de Litt. — Bossuet {Oraisons funèbres). 3

avec quelque complaisance et beaucoup de bonheur sur l'épisode de l'emprisonnemenl des princes, c'est qu'un des hommes qu'il admire et qu'il aime le plus, le grand Condé, est le plus illustre de ces prisonniers, dont on a fait des coupables en les traitant comme tels. « L'avoir entre ses mains, c'était y avoir la victoire même, qui le suit éterneliemenl dans les combats. » A voir avec quel empressement Bossuet saisit loule occasion qui s'ofTre à lui de gloritîer ou d'excuser son héros préféré, on dirait vraiment qu'il prévoit et qu'il attend l'oraison funèbre qui clora sa carrière d'orateur sacré à la cour. Il semble cependant qu'il aille un peu loin quand il dit: «Content de remarquer des actions de vertu dont les sages auditeurs puissent profiter, ma voix n'est pas destinée à satisfaire les politiques ni les curieux. » Elle les satisfait pourtant assez bien, et il est remarquable que cette protestation prenne place justement avant le portrait célèbre du cardinal de Hetz, c'est-à-dire avant le seul morceau qui ne se rattache peut-être pas très étroitement à l'oraison funèbre, malgré le rôle joué par le Tellier dans les négociations qui se poursuivirent entre Rome et la France au sujet de la vacance lie l'archevêché de Paris. Mais il est certain qu'avant tout il entend donner à ses auditeurs des leçons morales dont ils puissent profiter, et c'est peut-être pourquoi il n'a pas mis en lumière ce qui précisément, aux yeux des historiens modernes, est le meilleur de l'œuvre accomplie par le Tellier', l'administration militaire, qui organise les victoires de Louis XIV, en réorganisant l'armée française.

En revanche, il a donné aux affaires religieuses une importance qui paraîtrait exagérée, si l'on ne se rappelait qui parle et devant qui il paile : les prélats n'étaient guère moins nombreux que les magistrats dans l'auditoire, et au premier l'ang siégeait l'archevêque de Reims, Charles-Maurice le Tellier, « habile autant qu'agréable intercesseur auprès d'un père porté par lui-même à favoriser l'Église ». Comme son ami et confrère, l'évèque de Meaux « représente les droits de Dieu, sans blesser ceux de César ». C'est avec autant de mesure que de conviction (ju'il plaide cette cause des droits de l'Église : « Mère affligée, elle a souvent à se plaindre de ses enfants qui l'oppriment : on ne cesse d'entreprendre sur ses droits sacrés; sa puissance céleste est atlaiblie, pour ne pas dire tout à fait éteinte. On se venge sur elle de quelques-uns de ses ministres, trop hardis iisnr-

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