‹ Cours de littérature à l'usage des divers examens (volume 2)Chapitre 69 sur 186 · C. de Litt. — Bossuet {Oraisons funèbres · texte numérisé non relu

C. de Litt. — Bossuet {Oraisons funèbres

raison de ce discours est le sommet de l'éloquence moderne. Les anciens n'ont pas de tels accents.

Lamartine, Cours de littérature; Entretien 8.

Enfin voici venir le héros violent à la tête d'aigle, le grand Condé. Avez-vous vu son buste au petit musée de la Renafssance? Un nez prodigieux, des yeux saillants, des joues creuses, une bouche tourmentée, vilaine, soulevée par les longues dents obliques; point de menton; en somme, un nez enlrc deux yeux élincelants. Le superbe chef de bande, en dépit de la littérature, même de la théologie dont on l'avait frotté! Grand capitaine à vingt ans, fou d'orgueil après ses quatre victoires, fou de colère après seize jours de prison, ivre do haine jusqu'au crime et à la trahison, il revient, lion maté par le renard Mazarin, s'effondrer aux pieds du roi le plus roi qu'on ait jamais vu. Et puis c'est fini, sauf l'éclair de Senef. On ne songe pas assez à ce qu'il y a eu de particulier et de douloureux dans cette destinée. Toute la gloire au commencement, puis une vie ennuyée d'homme de proie dans une société décidément organisée et réglée; une mélancolie de fauve renfermé dans une cage invisible, de vieil aigle attaché sur sa mangeoire, déplumé par places, la tèle entre ses deux ailes remontées... à ce point que le maître des cérémonies funèbres du grand siècle pourra louer la pitié, la bonté et les vertus chrétiennes de ce dernier des baions féodaux.

Jules LeuaItre, les Contemporains, f* série; Lecène.

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