‹ Cours de littérature à l'usage des divers examens (volume 2)Chapitre 70 sur 186 · LETTRES, DIALOGUES ET TABLEAUX · texte numérisé non relu

LETTRES, DIALOGUES ET TABLEAUX

Lettre de Bos^snet au prince de Condé en faveur de la ville et du pays de Metz. — Bossuet résidait à Me(z, en qualité d'archidiacre, dans l'année 1653, époque où celte ville, exposée, comme place frontière, aux incursions des Allemands, des Lorrains et des Espagnols, avait de plus à se défendre du parti des princes et de son chef, le piùnce de Condé, alors en rébellion ouverte contre la cour. Elle avait obtenu de Condé, moyennant une contribu tien annuelle, une sauvegarde contre les bandes espagnoles à la solde des princes et les troupes françaises à la solde de l'Es pagne. Les agents français voulaient aggraver les conditions de la sauvegarde et rançonner la ville. Bossuet s'en plaint dans une lettre au prince, alors à Rocroy, qu'il venait de prendre sur les troupes royales.

Condé, n'étant encore que duc d'Enghien, avait connu la famille de Bossuet à Dijon, où le jeune prince était venu à plusieurs reprises avec son père Henri de Bourbon, prince de Condé, gouverneur de Bourgogne.

On sait d'ailleurs qu'en 1647, quand Bossuet soutint sa thèse de docteur au collège de Navarre, le vainqueur de Rocroy y assista et fut tenté d'entrer en lice avec lui.

Bossuet s'autorisera de ces souvenirs pour justifier sa démarche auprès du prince.

Il peindra les souffrances de la ville et du pays de Metz et les dévastations qu'entraîne la guerre civile.

Il demandera qu'il ne soit du inoins rien ajouté à la contribution qui a été imposée au pays, et que lui rend plus insupportable le genre de guerre dont il a été forcé de se racheter à ce prix.

Il laissera percer l'espérance de voir cette charge entièrement cesser par une paix sincère et durable entre les princes et le jeune roi.

(Concours de l'école normale, 1855.)

COURS DE LITTEHATUUE

Gourville à Condé (l6o8). — Gourville, secrétaire de Condé, est chargé par Mazarin de ramener au parti du roi le prince qui était alors dans le corps espagnol en vue de Durikèrque (mai 1658).

Les victoires qu'il poursuit dans une guerre contre son pays n'augmenteront pas la gloire de ses premiers succès.

Déjà la fortune a tourné coiitre lui; son génie ne trouvera pas chez les Espagnols d'ulilcs auxiliaires contre Louis XIV.

Quoi qu'il fasse, Dunkerque est condamné.

Qu'il rentre en grâce auprès du roi, en remettant son épée au service de la France, il retrouvera le succès et l'honneur.

(Concours pour l'école de Saint-Gyr, 1888.)

Lettre du président Rose, secrétaire de Louis XIV, à Bossuet, pour lui demander, au nom du roi, de prononcer à Notre- Dame l'oraison funèbre du prince de Condé.

(Paris. — Baccalauréat, juillet 1892.)

Lettre de Bossuet à la Bruyère pour l'engager à accepter les fonctions de précepteur du petit-fils du grand Condé et lui montrer les avantages qu'il peut retirer de ce poste pour observer les mœurs de la cour.

(Paris. — Baccalauréat, novembre 1885.)

Lettre de l'abbé de Rancé à Bossuet pour le remercier de lui avoir envoyé l'oraison funèbre de Condé.

(Paris. — Bagcalaubéat, nov. 1882.)

Lettre d'un bourgeois de Paris, qui vient d'assister à l'orai^ son funèbre de Condé prononcée par Bossuet à Notre-JDame. (Paris. — Baccalauréat, août 1883.)

On supposera une lettre écrite à Bossuet par Henri-Jules de Bourbon, prince de Gondé, pour le remercier de l'oraison funèbre de son père.

(Besançon. — Baccalauréat, juillet 1889.)

Lettre du duc de Bourbon, fils du grand Gondé, à Bossuet, pour le prier de composer l'oraison funèbre de son illustre père.

(Clermont. — Baccalauréat, nov. 1885.)

Lettre du prince de Gondé à Louis XIY lors du traité des Pyrénées, pour solliciter sa rentrée en grâce.

Il compte, pour l'obtenir, sur les glorieux débuts d'une carrière tout d'abord consacrée au service du roi et à la grandeur de la France.

Il exprime le regret sincère d'avoir ensuite oublié tous ses devoirs en cédant à un accès d'ambition et de dépit.

Il espère que l'humble aveu de sa faute et le désir de la réparer bientôt par de lidèles services lui obtiendront la clémence du roi.

• (On pourra s'inspirer, pour rédiger celte lettre, des idées émises par Bossuet dans l'oraison funèbre de Gondé.) •

'Clermont. — Baccalauréat de l'enseignement spécial, 1889.)

, Décrire la cérémonie où Bossuet a prononcé son oraison funè*^ bre du prince de Gondé; sentiments de l'auditoire, sentiments de Bossuet.

(Aibi. — GOLLÈGE DE FILLES.) . ,•

bossuet écrit au prince de Gondé et lui recommande la Bruyère comme précepteur de son petit-fils.

(Gastres. — Gollège de filles.) -

Bussy-Rahutin écrit à W^" de Sévigné (31 mars 4687) : K Comme j'ai ouï parler de l'Oraison funèbre qu'a fuite M. de Meaux, elle n'a fait honneur ni au mort ni à l'orateur. On m'a mandé que le comte de Gramont, revenant de Notre-Dame, dit au roi qu'il venait de l'oraison funèbre de M. de Turenne. En effet, on dit que M. de Meaux, comparant ces deux capitaines, sans nécessité, donna à M. le Prince la vivacité et la fortune, et à M. de Turenne la prudence et la bonne conduite. » M™" de Sévigné lui répond.

Corbinelli, le familier de M'"'^ de Sévigné, approuvait la critique de Bussy, dont l'avis, disait-il, était à Paris celui de tous les connaisseurs. Il avait même pris la liberté de dire à M. de Meaux qu'il aurait pu ne pas pousser son parallèle entre Tul'enne et Condé « jusques à la comparaison de leur mort ». On imaginera un dialogue entre Bossuet, Corbinelli et M""' de Sévigné.

On sait ce que Bussy et Corbinelli reprochaient au parallèle de Turenne et de Condé que nous admirons aujourd'hui dans la dernière oraison funèbre de Bossuet. Un jugement qui étonnera plus encore est celui de M'"° de Coligny, fille de Bussy. Elle écrit à son père (14 mai 1687) :

« Nous avons lu l'oraison funèbre de M. le Prince faite par M. de Meaux. Je crois qu'il a bien retouché au parallèle en le faisant imprimer. Cette pièce nous paraît inégale : il y a de beaux endroits, de fort médiocres et de fort languissants, souvent de mauvaises épithètes et de méchantes expressions. Ji; ne parle ainsi qu'à vous, Monsieur, parce que vous me l'avez ordonné, et que, si je dis mal, vous me le ferez connaître sans vous moquer de moi. »

Malgré son esprit critique et le ressentiment qu'il avait gardé longtemps à Condé, Bussy avait le goût trop fin pour êtreplei- Uenicnt de l'avis de sa fille. San» moquerie, — puisqu'elle le

demande, — mais avec enjouement, il lui fait sentir que l'éloquence d'un Bossuet mérite d'être jugée moins à la légère.

Bourtialoue assislait à l'oraison funèbre de Condé, dont il était l'ami. On composera la lettre qu'il écrit à Bossuet au sortir de la cérémonie, et l'on n'oubliera pas que lui-même Bourdaloue a composé une oraison funèbre de Condé assez difTérente de celle de Bossuet.

On sait que la Bruyère vécut à Chantilly aux côtés du grand Condé et qu'il devait celte faveur à Bossuet. Cinq ans après que Bossuet eut prononcé l'oraison funèbre de Condé, en 1692, il traçait lui-môme du prince, sous le nom d'Emile, un beau portrait (chapitre du Mérite personnel), où l'on remarque plus d'une réminiscence de ce discours. On supposera qu'en envoyant à Bossucl l'édiLioii des Caractères où ce portrait parut pour la première l'ois, il rappelle avec une respectueuse admiration riinprossion que l'oraison funèbre fit jadis sur lui.

Après le saiglant combat du faubourg Saint-Antoine, où il fut grièvement blessé, la Rochefoucauld ne chercha pas à rentrer en gràci3 près de la cour victorieuse, mais se détacha lentement du parti de Coudé, qui était devenu l'un des chefs de j'armée espagnole. On suppose qu'il lui écrit pour lui expliquer sa conduite.

Le sang qu'il a versé au service des princes le met à l'abri du repi'oclie de lâcheté. Il n'en tient pas moins à justiQer, près de celui qu'il a suivi à travers tant de belliqueuses aventures, une résolution que la nécessité lui impose.

Fait pour Tobservation, il le craint, plus que pour l'action, jassé de ces luttes stériles, il n'avouerait pas sa lassitude s'il ne s'agissait, à cette heure, de combattre, non plus seulement le ministre étranger, mais la France, et dans les rangs d'une armée étrangère.

Il imagine pour Condé un autre rôle, et il fait briller à ses jeux un autre avenir, plus digne du vainqueur de Rocroy,

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Pour lui, pendant que Condé rendu à la France mettra sa gloire à être l'émule de Turenne, il se recueillera, se souviendra et, historien, racontera ce qu'il a vu, le jugera aussi en philosophe revenu des illusions chevaleresques d'autrefois.

Mais plus il pénètre les calculs intéressés de l'hypocrisie humaine, plus grandit son admiration pour l'héroïsme désintéressé des hommes qui, comme Condé, font honneur à l'homme,

DISSERTATIONS ET LEÇONS

Comparer les oraisons funèbres de Turenne dans Fléchier et dans Mascaron. Les rapprocher de celle de Gondé,

(Paris. — Leçon d'agrégation, 1862.)

Comparer Bossuet et Bourdaloue dans l'oraison du prince de Condé.

(Paris. — Leçon d'agrégation, 1864.)

Comparer la langue et le style de Bossuet dans le Panégyri-, que de saint Bernard et dans YOraisun de Condé.

(Paris. — Agrégation des lettres, 1892. — Leçon.)

Montrer que, dans la première partie de l'oraison funèbre de Condé, Bossuet a embouché la trompette épique, et qu'on peut comparer celle partie à un chant d'Homère.

(Aix. — Baccalauréat.)

Mcllie en parallèle Condé et Turenne; apprécier leur rôle politique, leur génie militaire, leur caractère. ,

(Grenoble. — Baccalauréat de l'enseignement SPÉCIAL, 1889.)

Développer celte pensée de Bossuet : « La bonté est le premier attrait. que nous avons en nous-mêmes pour gagner les

autres hommes. La grandeur qui vient par- dessus, loin d'af faiblir la bonté, n'est faite que pour l'aider à se communiquer davantage, comme une fontaine publique qu'on élève pour la répandre. »

(Moulins. — Lycée de filles. — Diplôme

DE FIN d'études SECONDAIRES.)

Vous ferez une leçon sur l'oraison funèbre du prince de Condé, en analysant avec soin l'exorde et la division, et choisissant ensuite les parties qui vous sembleront les plus belles.

(Professorat des écoles normales. — Aspirantes. Leçon, 1890.)

Faire sentir la différence de l'éloquence et de l'histoire en comparant le récit de la bataille de Rocroy dans l'oraison funèbre de Condé et dans le Siècle de Louis XIV de Voltaire. (Professorat des écoles normales. — Leçon.)

Condé d'après l'histoire, Condé d'après l'oraison funèbre de Bossuet. Les jugements ne sont pas les mêmes; pourquoi? (Poitiers, Baccalauréat. — Haute-Loire. Brevet SUPÉRIEUR. Aspirantes, 1887.)

Montrer comment Bossuet concilie l'histoire, l'éloge de la personne et le sermon, dans l'oraison funèbre du prince de Condé.

(Charente-Inférieure. — Brevet supérieur.

Aspirantes, 1887.)

Bossuet a dit, dans son oraison funèbre de Condé • « Lorsque Dieu forma le cœur et les entrailles de l'homme, il y mit

premièrement la bonté comme le propre caractère de la nature divine, et comme pour élre la marque de celle main bienfaisante dont nous sortons. » Justifier cette opinion de Bossuet, qui considère la bonté comme la preraièi'e des vertus.

(Nord. — Brevet supérieur. — Aspirantes, 1888.)

M. Gandar remarque que, dans l'allocution improvisée à Condé qui termine le sermon sur VHonneur du monde, Bossuet trace d'avance, sans le savoir, le cadre de l'éloge funèbre qu'il prononcera vingt-sept ans plus lard. Examinez la valeur de cette assertion.

IMPRIMERIE DBLAORAVB A VI LLKFR AN CHB-DE-R 0 U E RQ U B

Bossuet précepteur <In «laiipiiiu; pourquoi et comment il compose le « Discours ».

Nous avons étudié l'œuvre « pédagogique » de Bossuet, en réservant le Discours sur l'histoire universelle, qui en est la parlie vraiment classique. Mais on comprendrait mal le Discours si l'on ne rattachait pas la partie au tout, si l'on étudiait l'historien, l'orateur, l'écrivain, sans se souvenir qu'il est avant tout ici le précepteur du dauphin de France. Vers la fin de sa lettre au pape Innocent XI, datée ilu 8 mars 1679, il écrit :

Maintenant que le cours de ses études est presque achevé, nous avons cru devoir travailler principalement à trois choses ' :

Premièrement à une Hisloirc unirersclle qui eût deux parties ,'»dont la première comprit depuis l'origine du monde jusqu'à la chute de l'ancien empire iiimain et au couronnement de Charlemagne; et la seconde depuis ce nouvel empire établi par les Français. Il y avait déjà longtemps que nous l'avions composée, et même que nous l'avions fait lire au jirince; mais nous la repassons maintenant, et nous y avons ajouté de nouvelles réflexions, qui font entendre toute la suite de la religion et les changements des empires, avec leurs causes profondes que nous reprenons dès leur origine. Dans cet ouvrage on voit paraître la religion toujours ferme et inébranlable, depuis le commencement du monde; le rapport des deux Testaments lui donne cette force; et l'Évangile qu'on voit s'élever sur les fondements de la loi, montre une solidité qu'on reconnaît aisément être à toute épreuve. On voit la vérité toujours victorieuse, les hérésies renversées, l'Église fondée sur la pierre les abattre par le seul poids d'une autorité si bien établie, et s'affermir avec le temps; pendant qu'on voit au contraire les empires les plus florissants, non seulement s'affaiblir par la suite des années , mais encore se défaire mutuellement et tumber les uns sur les autres. Nous montrons d'où vient, d'uïi côté, une si ferme consistance; et, de l'autre, un état toujours changeant et des ruines inévitables. Cette dernière recherche nous a engagé à expliquer en jjcu de

1. Les deux autres choses sont la Politique tirée de l'Ecriture sainte et un ouvrage, que nous n'avons pas, sur les Lois et Coutumes de France,

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