‹ Cours de littérature à l'usage des divers examens (volume 2)Chapitre 84 sur 186 · Lettre à M"'« de Glapion, 0 novembre · texte numérisé non relu

Lettre à M"'« de Glapion, 0 novembre

2. Instruction à la classe bleue, 1710. Là aussi revient cette forte expression de l'ennui qui « dévore » les grands.

3. M. GeiTroy et d'autres éditeurs écrivent mal la phrase de la lettre à l'abbé Cobelin, octobre 1674 : « Il faut renoncer à ce pays ici, où il faut agir et parler contre sa conscience. » Il faut lire ou (ou bien), car M"" de Maintenon ajoute : « Vous savez lequel des deux partis m'est le plus aisé. >i

4. Lettres à Gobelin, août et 1"' septembre 1674 et 1" septembre; à M"= de Guignonville, 9 novembre 1679; au duc d'Orléans, 2o septembre 1706, etc.

0. Lettres à M""^ de Ventadour, janvier 1692; à l'archevêque de Paris, 13 mai 1690, 2S juillet lOOS; à M""" des Ursins, 29 avril 1713.

médiocres; elle sait « que ces admirables machines et ces. ])elles illuminalions ne sont que des cordages et de vilaines coulisses remplies de cire ou de suif* ». Quand on a celle lucidité de coup d'oeil, on pénètre trop avant dans les choses pour pouvoir s'y attacher ou même simplement s'en amuser.

En revanche, on est un témoin singulièrement perspicace, el, dans une certaine mesure, sans le vouloir, un historien des mœurs de son temps. Cette fin du xvii^ siècle annonce déjà, moralement, l'époque de la régence, et ce n'est pas seulement la « légèreté des Français « que M™« de Maintenon accuse. On se ruine à jouer, et l'on se tue à boire. Toutes les passions cèdent à la « malheureuse passion des cartes n, moins plaisir que tléau : « Les tables de lansquenet ont plus l'air d'un triste commerce que d'un divertissement-, » La goinfrerie et l'ivrognerie sont si répandues que M™" de Maintenon console M'"'' de Dangeau dont le fils, aimable par ailleurs, se distingue comme tant d'autres par « un peu de crapule... Un peu de crapule se pardonne dans ce temps-ci ». Dans les plus tiistes années, quand l'humiliation de la France et la misère du peuple sont à leur comble, les bals et les fêtes se multiplient, les femmes étalent un luxe indécent. « On ne voit plus d'argent, et on n'a pas une jupe de moins. » Elles décident sur tout, se mêlent de juger des livres, des sermons, du gouvernement de l'État spirituel et temporel, ne connaissent plus la modestie '^ « Je vous avoue, écrit-elle à M™^ des Ursins, que les femmes de ce temps-ci me sont insupportables : leur habillement insensé et immodeste, leur tabac, leur vin, leui" gourmandise, leur grossièreté, leur paresse, tout cela est si opposé à mon goût, et, ce me semble, à la raison, que je ne puis le souffrir K » Voilà un portrait qu'on voudrait croire chargé.

11 y a des exceptions, sans doute, mais il ne semble pas qu'elle les voie, et de plus en plus elle s'isole : « Je n'ai personne à qui parler, et je crois que j'en épargne beaucoup de fautes, car mes confidences ne seraient ni favorables ni hono-

1. Entretien avec IM™" de Glapion, -vers 1708. Voyez la même pensée exprimée par M""" cle Motteville, moins pessimiste : « Je ne songeais qu'à me divertir de ce que je voyais, comme d'une belle comédie qui se jouait sous mes yeux ».

2. I.ettres à M^e des Ursins, 23 juillet 1708, 30 janvier 1707; au comté d'Aven, 10 décembre 1700; à M»» des Ursins, 23 février Hll.

3. Lettres à M""" des Ursins, 22 janvier 1708 ; à M"'^ de Caylus, 12 juillet 1706 ; à fl'"^ de Kadouay, dame de Saint-Cyr, 15 cet. 1606,

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