‹ Cours de littérature à l'usage des divers examens (volume 2)Chapitre 89 sur 186 · Lettre à d'Aubigné, 27 septembre 16S · texte numérisé non relu

Lettre à d'Aubigné, 27 septembre 16S

êlre véritablement catholiques est infâme^. A-t-elIe été assez naïve pour croire que, du jour au lendemain, cent mille âmes en Guyenne ont été frappées par la grâce? Et, si elle croyait à la toute-puissance des moyens de persuasion, pourquoi approuvait-elle qu'on enlevât de force les enfants à leurs parents? pourquoi elle-même a-t-elle usé de la force, unie à la ruse, pour arracher leurs filles à ses plus chers parents, aux Villette, comme si elle ne se souvenait plus « de ses propres angoisses et des sacrifices qui lui avaient été imposés^ »? Pourquoi? elle l'explique à M. de Villette lui-même, qui avait l'ingratitude de se plaindre (o avril 1681) :

c'est l'amitié que j'ai toute ma vie eue pour vous qui m'a fait désirer avec ardeur de pouvoir faire quelque chose pour ce qui vous est le plus cher. Je me suis servie de votre absence comme du seul temps où j'en pouvais venir à bout; j'ai fait enlever votre fille par l'impatience de l'avoir et de l'élever à mon gré, et j'ai trompé et affligé M'"" votre femme pour qu'elle ne fût jamais soupçonnée par vous, comme elle l'aurait été si je m'étais servie do tout autre moyen pour lui demander ma nirce... Jugez vous-même si je dois vous la rendre, et si, ayant fait une violence pour l'avoir, je ferais la sottise de la rendre. Donnez-moi plutôt les autres^ par amitié pour eux, puisque aussi bien, si Dieu conserve le roi, il n'y aura pas un huguenot dans vingt ans.

« Il n'y a plus d'autre moyen que la violence ; » elle l'écrit avec sérénité à son frère, en l'invitant à l'aider dans l'accomplissement d'une autre « bonne œuvre », à savoir l'enlèvement d'une autre nièce. M"'' de Sainte-Hermine. L'étonnement que nous cause cette façon de sentir et d'agir ne doit pas nous faire méconnaître ce qu'elle suppose de sincérité, on n'ose dire de naïveté. Mais expliquer les choses ne mène pas nécessairement à les excuser.

La vraie vocation de M'»" de Mainteiiou. — L'inslitiitriee» — Origines et eoimucncenicnts de Saîut-Cjr. — Fcnelon et H|me Je Maîntenoii.

Les circonstances firent de M™« de Maintenon une femme politique, mais la nature avait fait d'elle une institutrice. <( Je suis persuadée, disait-elle à M'"'= des Ursins, que j'en saisbeau-

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