‹ Cours de littérature à l'usage des divers examens (volume 3)Chapitre 12 sur 106 · C. de Litt. — RACiNK · texte numérisé non relu

C. de Litt. — RACiNK

fain, qui s'engageait à lui résigner tous ses bénéfices s'il embrassait l'état ecclésiastique. Déjà même il portait la tonsure et étudiait la théologie. Il était poussé de ce côté par les conseils de ses maîtres et les prières de sa tante, religieuse de Port-Royal. D'autre part, son goût l'entraînait vers la littérature. — Vous referez une de ses lettres à la Fontaine, dans laquelle il lui dépeint sa situation.

(Douai. — Baccalauréat.)

Après ses premiers succès. Racine avait été violemment attaqué par les envieux; troublé, découragé, il avait écrit à Boi- Icau pour lui demander des conseils. Réponse de Boileau.

(Haule-Loire. — Brevet sui'Érieur. — Aspirants, 1888.)

Le fils aîné de Racine, J.-B. Racine, à ]"âge de seize ans, pendant qu'il faisait ses études à Paris, sous la direction de RoUin, avait, dans une lettre à son père, manifesté un certain sentiment d'envie à l'égard d'un de ses camarades qui avait lu plus de comédies et de romans que lui.

"Vous supposerez la réponse de son père, qui lui conseille d'éviter les lectures frivoles qui dissipent l'esprit, gaspillent le temps, égarent l'imagination, dégoûtent des réalités de la vie quotidienne, détournent du simple devoir.

(Somme. — Brevet supérieur, oct. 1889. — Aspirants.)

On sait que Louis XIV, non sans arrière-pensée de vanité personnelle, désigna Racine et Boileau, deux poètes que ni la tournure de leur esprit ni la nature de leurs travaux antérieurs n'avaient préparés à cette tâche, pour être ses historiographes et l'accompagner à ce titre dans ces campagnes. On supposera que Chapelle, esprit aimable et sceptique, ami commun des deux poètes, les plaisante agréablement sur leurs fonctions nouvelles, et, tout en rappelant le mot de Quintilien ([ue « l'histoire est une sorte de poème en prose », les engage, dans l'intérêt de la vérité, à ne pas trop confondre les deux

içenres, et, dans l'intérêt de la poésie, à n'écrire l'histoire qu'à leurs moments perdus.

(Poitiers. — Baccalauréat, juillet 1885.)

Le 5 avril 1782, le roi Louis XVI écrivait au ministre Amelot la lettre suivante : « Je n'ai pas oublié que je suis le protecteur de l'Académie française, et j'ai lu avec un intérêt particulier son mémoire. Le grand poète Racine a fait rejaillir sa gloire sur elle, et il était du devoir de l'Académie de signaler à mon attention que la famille de ce grand homme n'est pas complètement éteinte et que sa petite-fille, la dame d'Harriaque, personne de mérite et peu fortunée, est chargée de famille. Je vais lui faire expédier sur-le-champ un brevet de 1,200 livres. J'ai regretté que les œuvres de ces beaux génies qui deviennent l'honneur et le patrimoine de la nation laissent sans aisance leurs descendants quand tant d'autres s'enrichissent. »

Composer le mémoire de l'Académie qui donne lieu à cette réponse.

(Dordogne. — Brevet supérieur. — Aspirantes, 1891.)

En 1096, un jésuite, régent de troisième du collège Louis-le- Grand, dans un discours public, traita cette double question : i' Racine est-il un chrétien? est-il un poète? » Il concluait que Racine n'était ni l'un ni l'autre. Ses supérieurs le réprimandèrent et transmirent leurs excuses à Racine par l'intermédiaire de Boileau. (Voir la lettre de Boileau à Racine du 4 avril 1696, où on lit : « Pour mes tragédies, je les abandonne volontiers à sa critique. Il y a longtemps que Dieu m'a fait la grâce d'être assez peu sensible au bien et au mal qu'on en peut dire, et de ne me mettre en peine que du compte que j'aurai à lui en rendre quelque jour. Ainsi, vous pouvez assurez le P. Bouhours et tous les jésuites de votre connaissance que, loin d'être fâché contre le régent qui a tant déclamé contre mes pièces de théâtre, peu s'en faut que je ne le remercie, et d'avoir prêché une si bonne morale dans leur collège, et d'avoir donné lieu à sa ■compagnie de marquer tant de chaleur pour mes intérêts. »)

On supposera que Racine écrit sur ce ton au P. Bouhours.

YIIl

En 1603, lîoiloau, qui écrivait ses premières satires, renconti-a à Crosne l'abbé le Vasseur, parent et ami d'enfance de Racine. Celui-ci n'avait encore rien publié; mais il venait de composer la pièce intitulée la Renommée aux Muscs. L'abbé montra ces premiers vers à Boileau, qui fit librement ses observations. Après en avoir eu connaissance, Racine désira de connaître ce censeur impartial et amical. Le Vasseur servit d'intermédiaire entre eux. Dès la première visite, ils furent amis.

On composera un diaIop;ue entre ces trois personnages.

Racine venait de renoncer à l'Église et se destinait au théâtre. Sa tante, religieuse de Port-Royal, la sœur Agnès de Sainte-Thècle, lui écrivit, dans ramertume de son cœur, ditelle, et en demandant à Dieu, avec des larmes abondantes, le salut de son neveu, compromis par la fréquentation de gens « dont le nom est abominable à toutes les personnes qui ont tant soit peu de piété, et avec raison, puisqu'on leur interdit l'entrée de l'église et la communion des fidèles. » Elle le suppliait de rompre ce commerce, qui le déshonorait devant Dieu et devant les hommes. Racine répond par une lettre affectueuse et ferme.

Dans une lettre à sa fille, du 16 mars 1672, M™<= de Sévign-' écrit : « Jamais Racine n'ira plus loin qu' Alexcmdre et ini'Andromaque. » Le rapprochement de ces deux pièces semblerait singulier par lui-même, alors qu'on ne saurait pas que Racine, avant 1672, avait écrit Brifannicus, Bérénice, Bajazet. On suppose que la lettre de M™"^ de Sévigné est lue dans un salon d'honnêtes gens, où les opinions contraires se font jour dans un dialogue.

Nous savons, par une lettre d'Arnauld de Pomponne à Arnauld d'Andilly (4 février IGGu), que Racine lui, chez U^" du

Plessis-Guénégaud, son Alexandre, nouvellement écrit, tragédie u d'une grande beauté », dit Pomponne. La Rochefoucauld, ]^jmes (jg i^ Fayette et de Sévigné étaient là. Tous ne durent pas être du même avis. On établira entre eux une discussion courtoise sur les mérites et les défauts de ce second essai dramatique du jeune Racine.

On sait que Racine avait un remarquable talent de lecteur. Pendant une maladie du roi, en d696, il veilla dans la chambre de Louis XIV, dont il adoucit les insomnies en lui lisant les Vies de Plutarque, particulièrement celle d'Alexandre. Au témoignage de Dangeau, ces lectures amusaient le roi. Un dialogue s'engage entre Louis XIV et Racine sur le caractère d'Alexandre et la manière dont Racine l'a peint dans la seconde de ses tragédies. Racine lui-même rectiliera les traits de la physionomie qu'il a prêtée dans son Alexandre au héros macédonien.

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