XL VI
Que pensez-vous des poètes dramatiques contemporains de Racine et de ses successeurs immédiats au théâtre? Eul-il une école? Quelle fut la portée et la durée de son influence?
XL Vil
Définissez les qualités du style de Racine et opposez-les à celles qui caractérisent le style de Corneille. Montrez qu'il n'y a pas là seulement en présence deux écrivains, mais deux époques et presque deux langues différentes.
L'auteur de Gil Blas, Lesage, met dans la bouche d'un de ses personnages l'éloge du (( moelleux Calderon, dont la douceur élégante et purgée d'épique est inimitable ». Expliquer ce jugement, qui, dans la pensée de Lesage, s'applique à Racine.
Expliquer et discuter le jugement que Boileau met dans la bouche d'un des convives de son Repus ridicule :
Je ne sais pas pourquoi l'on vante l'Alexandre : Ce n'est qu'un glorieux qui ne dit rien de tendre. Les héros, chez Quinault, parlent bien autrement. Et jusqu'à Je vous hais, tout s'y dit tendrement.
Villofi-anclie-ile-Roucrsue. — J. Banloux, impr.
(18 nov, 1637)
Double inspiration 9 antique et moderne, d'où procèdecat les tragédies de ilacliae et « Andronetaqrae » en particulier.
« Ce sont Sophocle et Euripide, écint Boileau à Perrault (1700), qui ont formé M. Racine. » Boileau ne voit qu'un côté de la vérité, que l'auteur du Siècle de Louis XIV embrasse mieux dans son ensemble. « Corneille s'étaitformé tout seul; maisLouisXlV, Colhert, Sophocle et Euripide contribuèrent tous à former Racine. )) Il faut faire la part de ce double élément, antique et moderne, dans tout le théâtre profane de Racine, mais surtout dans celte tragédie d'Andromrtgwe, qui est entre toutes celle où il a mis le plus de lui-même. Ce Boileau, qui saluait en Racine un disciple des anciens, digne de ses illustres devanciers, regrettait, dans sa vieillesse, au témoignage de Louis Racine, qu'en telle scp»?? d' Andi'omaque (la scène v de l'acte II) la tragédie s'abaissât jusqu'à la naïveté du comique de Térence. Où il voyait une imitation indirecte du comique latin, nous voyons un souvenir direct des conversations d'un temps où la passion elle-même s'exprimait avec une délicatesse raffinée.
Mais de ce que certains traits modernes se laissent reconnaître çà et là dans Andromaque, en conclurons-nous que tout y soit moderne? Il nous semble, au contraire, que l'originalité principale des tragédies de Racine réside dans cette combinaison curieuse et qui, à force d'art, parait naturelle, des traits les plus divers, empi'untés, les uns à l'époque d'Homère ou de Sophocle, les autres à celle de Louis XIV. Et c'est aussi dans le départ à faire entre les traits antiques et les traits modernes qu'est le principal intérêt, comme la difficulté principale, d'une élude du théâtre racinien. S'il en est ainsi, la question est égale-