‹ Cours de littérature à l'usage des divers examens (volume 3)Chapitre 30 sur 106 · NARRATIONS, LETTRES ET DIALOGUES · texte numérisé non relu

NARRATIONS, LETTRES ET DIALOGUES

Un vieux conseiller des requêtes faisait prand bruit au Palais contre la comédie des Plaidmirs. Le président de Lanioignon prend la défense de Racine et montre qu on peut rire des ridicules de la chicane sans offenser la justice.

(Paris. — IJ.VCCALAUIiÉAT.)

Un mois après Técliec des Plaideurs, les comédiens de THôlel de Hourgogne, comme pour en appeler du premier jugement du public, représentèrent la comédie de Racine à Versailles, « Le roi, dit Louis Racine, ne crut pas déshonorer sa gravité ni son goût par de grands éclats de rire. » Il ajoute que dès lors, à l'exemple du roi, la cour ne se fit pas scrupule de se réjouir, et que même ceux qui avaient cru se déshonorer de rire à Paris furent obligés de rire à Versailles pour se faire honneur.

On suppose qu'un homme de la cour, ami de Racine, lui raconte cette scène et le brusque changement d'attitude des courtisans.

Racine écrit, à la fin de sa préface des Thndeurs : « Ce n'est pas que j'attende un grand honneur d'avoir assez longtemps réjoui le monde. Mais je me sais quelque gré de l'avoir fait sans qu'il m'en ait coûté une seule de ces sales équivoques et de ces malhonnêtes plaisanteries qui coûtent si peu à la plupart de nos écrivains, et qui font retomber le théâtre dans la turpitude d'où quelques auteurs plus modestes l'avaient tiré. »

Quelques personnes avaient cru voiren ces lignes une injuste allusion à Molière, avec qui Racine, on le sait, était brouillé depuis A /ed?anf??'e. On supposera que Boileau, dans une lettre, a doucement reproché à son ami celte attaque au moins inconsidérée, et que Racine lui répond en justifiant ses intentions.

Quelques traits des Plaideurs avaient semblé atteindre certains des avocats les plus illustres du temps. Racine s'en explique librement dans une lettre à Patru.

Il proteste de son estime pour les avocats vraiment dignes de ce nom, et parce qu'ils sont de bons avocats, et parce qu'ils sont des bommes de bien, uniquement soucieux de la vérité et de la justice.

Ce sont les mauvais avocats qui sont visés au troisième acte des Plaiclews. Il dira quels sont leurs ridicules.

De tous ses vœux il appelle une éloquence nouvelle, non plus pédantesque et vide, mais simple et ferme, telle que 1 éloquence de Patru peut en donner déjà l'idée.

M™<= de Graflgny fit au cbàteau de Girey, en Lorraine, un séjour que troublèrent quelques orages intérieurs. Voltaire y babitail alors. On causait souvent de littérature. Un jour Voltaire dit qu'il ne concevait pas comment on pouvait sourire aux Plaideurs. Est-ce, comme l'insinu? M"^" de Grafigny, parce qu'après Racine il avait essayé d^ peindre, lui aussi, une plaideuse enragée, la comtesse de Groupillac, dans son Enfant 'prodigue? Le jugement, en tout cas, semble sévère. On suppose que M^i^ de Grafigny, venue à Paris peu après, assiste à une représentation des Plaideurs, y prend un vif plaisir, et écrit à Voltaire quelles ont été ses impressions.

DISSERTATIONS ET LEÇONS

Comparer le Philocléon d'Aristophane et le Perrin Dandin de Racine.

(Paris. — Leçon d'agrégation, 18o6 et 1800.)

Apprécier cette phrase de la préface des Plaideurs : « Quand je lus les Gurpes d'Aristophane, je ne songeais guère que j'en dusse faire les Plaideurs. »

(Paris. — Leçon d'agrégation, 1874.)

Le comique de Racine et celui de Molière.

(Paris. — Leçon d'agrégation, 1881.)

Comparer le dessein d'Aristophane dans les Guêpes et celui de Racine dans les Plaideurs.

(Paris. — Leçon d'agrégation, 188o.)

Le juge d'Aristophane et celui de Racine. (Douai. — Devoir d'agrégation des lettres, février 1885.)

L'éloquence judiciaire au xvii" siècle et sa critique dans les Plaideurs.

(Lyon. — Devoir de licence.)

Corneille et Racine poètes comiques. '

(Pains. — Baccalauréat, août 1883.)

Étudier la scène m de l'acte Itl des Plaideurs et dire si l'on ne peut pas en faire sortir une leçon de fçoût oratoire.

(Tontenay-aux-Roses. — Devoir de littérature.)

Du Menteur de Corneille, ou des Plaideurs de Racine, que préférez-vous? et pourquoi ?

(Professorat des écoles normales. — Hommes, 1890.)

Que pensez-vous de celte conjecture de Schlegel : « Racine serait devenu un rival redoutable pour Molière, s'il avait continué à exercer le rare talent dont il a fait preuve dans les Plaideurs » ?

Examiner et discuter dans la préface des Plaideurs les divers jugements portés sur Aristophane, en particulier celui-ci : « Pour moi, je trouve qu'Aristophane a eu raison de pousser les choses au delà du vraisemblable. Les juges de l'Aréopage n'auraient pas peut-être trouvé bon qu'il eût marqué au naturel leur avidité de gagner, les bons tours de leurs secrétaires et les forfanteries de leurs avocats. Il était à propos d'outrer un peu les personnages, pour les empêcher de se reconnaître. »

Comparer la comtesse de Pimbesche des Plaideurs h la comtesse de Croupillac dont Voltaire a esquissé le caractère dans son Enfant prodigue, et dire dans quelle mesure il s'y souvient

de Racine, en jugeant Voltaire auteur comique, et en monlranl la supériorité de Racine.

Les Plaideurs sont-ils une comédie à la manière italienn<' ou à la manière franc-aise? une comédie de caractère, ou di mœurs, ou d'inlri^'uo, ou bien une comédie mixte? Quelle pla^ originale tiennent-ils dans le théâtre comique français?

MV

Comparer Léandre et Isabelle aux jeunes gens peints par Molière.

Caractériser les emprunts faits par Racine, dans'les Plaideurs, aux écrivains du xvi'' et du xvii* siècle, et la façon originale dont il imite en renouveJant.

Villefranete-de-Rouergue. — J. Bardoui, impr.

BUITANNICUS

(13 décembre 1G69.)

La « première » de << Britaniiieus » racoutée par Boarsault.

La postérité aura plus de détails qu'elle n'en voudra peutêtre sur la façon dont le public contemporain a accueilli nos pièces les plus médiocres. Mous en avons trop peu, au contraire, sur l'accueil fait aux chefs-d'œuvre d'autrefois. Par exception, nous en savons davanta^^e sur la « première » de Diitannicus, et c'est Boursault qui nous Ta racontée au début d'une nouvelle, Artémise et PoUante (1670). Ce Boursault, qui eut la malechance, on l'a vu, d'avoir pour adversaire Molière', Boileau et Racine, fort honnête homme, d'ailleurs, et non sans talent au théâtre, est un témoin assez suspect, car il s'est déclaré ouvertement pour le vieux Corneille contre le jeune Racine; son témoignage n'en est que plus curieux, et plus décisif lorsqu'il est contraint de louer celui qu'il dénigrerait plus volontiers.

11 était sept heures sonnées par tout Paris, quand je sortis de l'hôtel de Bourgogne, où l'on venait de représenter pour la première fois le Brilanniciis de M. Racine, qui ne menaçait pas moins que de mort violente tous ceux qui se mêlent d'écrire pour le théâtre. Pour moi, qui m'en suis autrefois mêlé, mais si peu que par bonheur il n'y a personne qui s'en souvienne, je ne laissais pas d'appréhender comme les autres, et dans le dessein de mourir d'une plus honnête mort que ceux qui seraient obligés de s'aller ])endre, je m'étais mis dans le parterre pour avoir l'hunneur de me faire étouffer par la fouie. Mais le marquis de Gourboyer, qui ce jour-là justifia publiquement qu'il était noble-, ayant attiré à son spectacle tout ce que la rue Saint-Denis a de marchands qui se rendent régulièrement à l'hôtel de Bourgogne pour avoir la première vue de tous les ouvrages qu'on y représente, je me trouvai si à mon aise que j'étais résolu de prier M. de Corneille,

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