‹ Cours de littérature à l'usage des divers examens (volume 3)Chapitre 32 sur 106 · Apocolokyritfisp, VIII · texte numérisé non relu

Apocolokyritfisp, VIII

8 COUnS DE LITTÉRATURE

donc: 1° choisir un trait dominant et caractéristique qu'il met en relief; 2" opposer le caractère ainsi conçu à d'autres caractères transformés dans le même sens. IJe là l'opposition de >'arcisse et do Hiirrlius dans la tragédie de llacine.

Rien d'aljsolument nouveau n'est ajouté par Racine aux données historiques, car, dans l'histoire, Narcisse est déjà un scélérat, et Riirrhus un honnête homme, mais ils le sont autrement. Le Narcisse de Tacite est le favori, le ministre toutpuissant de Claude ; son intervention dans l'allaire qui aboutit au meurtre de Messaline est décisive : il ne quitte pas un moment l'empereur, l'empêche de voir sa femme et ses enfants; puis, redoutant l'entrevue que Claude a promise à Messaline, il prend sur lui de la faire égorger, et d'annoncer sa mort à Claude, qui, d'ailleurs, ne s'en montre pas fort ému. Sa faveur ne baisse que lorsque, grâce à l'appui de son rival Pallas, Agrippine succède à Messaline : l'ambition de la nouvelle impératrice et la sienne se heurtent, et la guerre ne tarde pas à éclater entre eux.

On sait que Narcisse, en opposition avec Pallas, qui soutenait Agrippine, avait proposé au choix de l'empereur Min Petina, ancienne épouse de Claude, dont elle avait une fille : les enfants de Messaliue, disait-il, n'auraient point en elle une marâtre. L'altière Agrippine ne savait pas pardonner de telles offenses. D'autre part, Narcisse, créature de Claude, se croyait tenu à le sauver, même malgré lui. L'une accusait son ennemi de cupidité et de vol; l'autre attaque près du prince le caractère inipérieu.\ de cette femme et son ambition démesurée, impotcnllam muliehrem nimiasque spcs ejus argucns. 11 embrasse lîritannicus, prie les dieux de hâter pour lui l'âge de la force, lui souhaite de chasser les ennemis de son père, dùl-il punir aussi les ennemis de sa mère, c'est-à-dire dût Narcisse lui-même être frappé. Ces menées de plus en plus ouvertes inquiètent Agrippine et la déterminent à presser l'accomplissement de ses projets criminels: elle profite d'une maladie de Narcisse pour empoisonner Claude.

Si peu intéressant que soit Claude, ce dévouement relatif doit être compté à Narcisse. Il ne tarda pas à en être victime, et fut réduit à se donner la mort, au grand déplaisir du jeune Néron, « dont les vices, encore cachés, s'accordaient merveilleusement avec l'avarice et la prodigalité de cet affranchi * )>.

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