‹ Cours de littérature à l'usage des divers examens (volume 3)Chapitre 61 sur 106 · C. Litt. — wxcisiùi^Dajazclj · texte numérisé non relu

C. Litt. — wxcisiùi^Dajazclj

Les confidents chez Racine; étiulier surloul le lùle d'Osmin.

Distinguer ce qu'il y a de faux et ce qu'il y a de vrai dans ce passage d'une lettre de Vauvenargues à Voltaire (4 avril 1743) : (( Les héros de Corneille disent de grandes choses sans les inspirer; ceux de Racine les inspirent sans les dire : les uns parlent, et longuement, afin de se faire connaître; les autres se font connaître parce qu'ils parlent. Surtout, Corneille paraît ignorer que les hommes se caractérisent souvent davantage par les choses qu'ils ne disent pas que par celles qu'ils disent. Lorsque Racine veut peindre Acomat, il lui fait dire ces vers :

Quoi! tu crois, cher Osmin, que ma gloire passée Flatte encor leur valeur, cl vit dans leur pensée ! Crois-tu qu'ils me suivraient encore avec plaisir. Et qu'ils reconnaîtraient la voix de leur vizir?

L'on voit dans les deux premiers vers un général disgracié, qui s'attendrit par le souvenir de sa gloire et sur rattachement des troupes; dans les deux derniers, un rebelle qui médite quelque dessein. Voilà comme il échappe aux hommes de se caractériser, sans aucune intention marquée. On en trouverait un million d'exemples dans Racine, plus sensibles que celui-ci; c'est là sa manière de peindre. Il est vrai qu'il le quitte un peu, lorsqu'il met dans la Louche du même Acomat :

Et, s'il faut que je meure, Mourons; moi, cher Osmin, comme un vizir, et toî Gomme le favori d'un homme tel que moi.

Ces paroles ne sont peut-être pas d'un grand liomme, mais je les cite parce qu'elles semblent imitées du style de Corneille, et c'est là ce que j'appelle en quelque sorte parler pour se faire connaître, et dire de grandes choses sans les inspirer. «

Boileau trouvait, dit-on, la versification deBajazct négligée; la Harpe renouvelle et précise ce reproche. Jugez-vous qu'ils aient raison'?

ViUérriuicbe-do-Uouei'gue. — J. BarJoux impr

(Janvier 1G73.)

Mitliridate dans l'histoire»

u 11 n'y a guère, dit Racine dans sa préface, de nom plus connu que celui de Mitlnidale. Sa vie et sa mort font une partie considérable de l'histoire romaine. Et, sans compter les victoires qu"il a remportées, on peut dire que ses seules défaites ont fait presque toute la gloire de trois des plus grands capitaines de la république, c'est à savoir de Sylla, de Lucullus et de Pompée. Ainsi, je ne pense pas qu'il soit besoin de citer mes auteurs.,» Ces auteurs pourtant n'ont écrit qu'à une grande distance des événements qu'ils racontent : SyJla, qui combattit victorieusement Mithridate, et Rutilius Rufus, qui échappa au grand massacre des Romains en Asie, ordonné par le roi barbare, avaient laissé des Mémoires, mais nous ne les avons plus. Nous avons perdu aussi les histoires de Sisenna et de Salluste, et ceux des livres de Tite-Live qui avaient trait à cette époque.

Il faut descendre jusqu'à l'époque impériale pour trouver sur les guerres mithridatiques quelques témoignages indirects et parfois contradictoires. Cicéron, il est vrai, en éclaire quelques détails, et ne dissimule pas son admiration pour ce roi, le plus puissant des rois après Alexandre, rex post Alexandrum maximus^. Mais Plutarque et Appien nous font mieux connaître Mithridate et sa famille. Ils ont puisé, sans doute, à des sources anciennes et sûres ; mais ne les ont-ils altérées par aucun mélange? Dans la Vie de Lucullus, Plutarque nous trace un

1. Aead., II, i, 3; cf. Pro .Vitrena, XV, 32; De Proi\ consul., II. Pour les autres historiens latins, cf. Velleius Patevculus, II, 18; Florus, III, 5; Pline l'Ancien, Bisf. nat., XXV, ii, b. Pour les Grecs, cf. avec Plutarque, Appien, XV: Dion Cassius, XXXVII, 13 ; Elien, fr. 14.

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