‹ Cours de littérature à l'usage des divers examens (volume 3)Chapitre 70 sur 106 · AGAMEMNON · texte numérisé non relu

AGAMEMNON

J'avais sans ce discours assez de connaissance De l'adresse d'Ulysse et de son éloquence ; Mais il éprouverait, en un pareil ennui, Que le sang est encor plus éloquent que lui.

C'est Ulysse encore qui, au dernier acte de Rotrou, s'indigne de voir Iphigénie seule montrer des sentiments virils:

O Grèce, peuple lâche entre tous les humains, Laisse tomber le fer de tes indignes mains, Ou contre l'insolence et l'orgueil des Pergames Épargne notre sexe et n'arme que les femmes, Puisque — ô sujet de honte et de confusioa ! — Ce sexe seul est mâle en cette occasion.

Une querelle violente s'engage à ce sujet entre Achille et lui.

Tout désarmé qu'il est, Achille sans défense Vaut pour le moins Ulysse avec son éloquence

Il en ébranle assez, mais n'en mot f;uère à bas,

Et l'on sait que la langue en vaut mieux que le bras.

Où la voix n'a rien pu j'ai payé du courage. J'ai mis assez de fois l'un et l'autre en usage ; Mais mon style n'est pas d'en faire vanité, Et chacun vous défère en cette qualité...

Acliille est toujours vain et toujours violent.

ACHILLlî.

S'agi^sant de se battre, Ulysse est toujours lent.

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