C. de Litt. — RACINE {Esther
26 COURS DE LITTKRATLRE
TOUT Lie cu(]:i:r.
Itieu fait triompher l'innocence.
Chanlous, célébrons sa puissance.
tJNK ISRAÉLITE.
Il a vu contre nous les méchants s'assjmbler,
Et notre san;? prêt à couler.
Comme l'eau sur la terre ils allaient le répandre : Du haut du ciel sa voix, s'est fait entendre.
L'homme superbe est renversé.
Ses propres flèches l'ont percé...
TOCT LE CHŒOR.
L'aimable Esthera fait ce grand ouvrage.
UNE ISRAÉLITE, seilll'.
De l'amour dn son Dieu son cœur s'est embrase ; Au péril d'une mort funeste Son zèle ardent s'est ex|)osé ; Elle a parlé : le Ciel a l'ait le reste .
Aucune conclusion n'est d'une plus saisissante évidence : tout le drame en est éclairé. Ce qui est remai'quabie, c'est que ce même chœur, chargé de dégager du drame ces grandes leçons religieuses, n'est nullement un être abstrait. Schiller voulait' que, dans la tragédie moderne, le chœur aidât et fécondât la poésie, lui communiquât un caractère plus hautement poétique et plus profondément naïf, planât au-dessus du cercle étroit de l'action pour embrasser l'ensemble de la vie humaine et proclamer les leçons de la sagesse universelle. Le chœur, dans Esther, ne se borne pas à exprimer, comme Schiller le veut, une idée générale et à retirer la réflexion de l'action; il garde une physionomie personnelle qui nous permet de nous intéresser , non seulement aux enseignements qu'il donne, mais aux sentiments qu'il éprouve. Ce ne sont pas des jeunes filles quelconques, ce sont de jeunes Israélites qui, au premier acte , invoquent leUieu jaloux, le Dieu qui fait retomber sur les enfants les fautes des pères.