XVI II
Expliquez ce que doit être l'exposition dans une pièce de Ihéùtre, ei éludiez à ce point de vue la première scène du Misanthrope.
(Professorat des Écoles normales d'institutburs. — Leçon, 1890.)
Nature, usage et abus du style figuré.
(Professorat des Écoles normales d'instituteurs. — Certificat d'aptitude, juillet 1886.)
Pour traiter ce sujet, il suffit de comprendre et de développer les vers connus de la scène du sonnet :
Ce style ti;.'uré, doat on fait vanité. Sort du bon caractère et de la vcrité.
Il est vrai qu'avant de signaler les abus du style figuré, on
en doit montrer les avantages.
Apprécier, en se souvenant du Misanthrope, ces lignes de Nicole dans le traité des Moyens de conserver la paix avec les hommes : « Il faut quitter absolument le dessein chimérique de corriger tout ce qui déplaît dans les autres, et tâcher d'établir notre paix et notre repos sur notre propre réformalion et sur la modération de nos passions. »
(Fontenay-aux-Roses. — Devoir de premier» ahnéb.)
LB MISANTHROPE ft&
I^es caractères de femmes dans la comédie du Misanthrope : Céliniène, Éiiante, Arsinoé.
(Kontenay-au.x-Roses. — CoNCOuas d'admission, juillet 1888.)
Alcesle et Pliilinte ont tous deux leurs qualités et tous deux leurs défauts. S'il vous fallait absolument vivre auprès de l'un d'iux, qui des deux choisiriez-vous?
((■"ontenay-aux-Roses. — Devoir de littérature.)
Alceste est-il Molièi'e? « Ce sont les époques de recul, a dit GœLlie, où l'on ne peut peindre que soi-même. » Commenter ce mot en montrant que Molière et les grands poètes du xvii« siècle ont peint r:;omme universel.
(Fontenay-aus-Roses. -- Devoir de seconde année.)
Philinle, dans le Misanthrope, dit :
Je prends tout doucement les hommes comme ils simt, J'accoutume mon àme à souffrir ce qu'ils font.
D'autre part, l'empereur Marc-Aurèle disait : « Nous ne pouvons pas faire les hommes tels que nous les voudrions; il faut donc les supporter tels qu'ils sont. » Jusqu'où pensez-vous que doive porter cette tolérance, et la trouveriez-vous applicable à l'école?
(Oran. — Brevet suféribur. — Aspirantes, 1888.)
Montrer que Molière a su saisir, en même temps que les travers de l'humanité, les ridicules de son temps. Prendre pour exemple de cette dém:ui3tralion le Misanthrope.
! Landes et Haute-Savoie. — Brkvkt supérieur, 1887 et 4888.) G. de Litt. — Molièrb {le Misanthrope). 3
Que pensez-vous de la façon dont Célimène reçoit les charitables avis que lui apporte Arsinoé? Quel est, en général, votre sentiment à l'égard des personnes qui ne nous permettent pas d'ignorer le mal que l'on peut dire de nous? Méritent-elles toujours l'accueil fait à Arsinoé?
(Vosges. — BnEVET supérieur. — Aspirantes, 1888.)
Quel est l'objet du débat entre Alcesle et Philinte? Sur quoi sont-ils d'accord et sur quels points se séparent-ils? En quoi et dans quelle mesure Pbilinte peut-il être dit le sage de la pièce? Expliquez la double inclination d'Éliante pour deux hommes aussi différents.
(Mayenne. — Brevet supérieur. — Aspirants, 1888.;
L'action, dans la comédie du Misanthrope, est fort peu de
•bose. Où donc est l'intérêt dans cette comédie ?
(Deux-Sèvres. — Brevet supérieur. — Aspirants, 1887.)
Philinte dit à Alceste :
Et mon esprit cnûn n'est pas plus offensé De Toir un homme fourbe, injuste, intéressé, Que de voir des yautours affamés de carnage. Des singes malfaisants et des loups pleins de ra^.
Que pensez- vous de cette doctrine au point de vue moralf (Seine. — Brevet supérieur. — Aspirantes, 1887.)
Développer cette pensée <ie Sainte-Beuve : « 1^ morale du
Misanthrope, c'est que la vertu et l'honneur doivent se tenir à distanco du monde sans le fuir. »
('Janche. — Brevet supÉRiEim. — Aspirants, 1887.)
Apprécier le proverbe espagnol : « Ami de tous, ami de per« soane, » traduit par Molière :
Et c'ist n'eatl er rien qu'estimer tout le monde, (Ccrràze — Brevet supérieur. — Aspirantes, 1888.)
Faites-aous connaître le caractère d'Éliante dans le Misajf thrope. Montrez comment ce caractère, tout en ayant des traits communs avec elui de Philinte, lui est cependant supérieur.
(Lozère. — Brevet supérieur. — Aspirantes, juillet 1889.)
On a dit de Molière qu'il représente Vesprit bourgeois dans la littérature du xvii" siècle, que cet esprit est le fond même de son génie : ferme bon sens, instinct de sagesse pratique et de mesure, goût de la raillerie avec de la justice et de la bonté jusque dans l'extrême satire, haine du faux et de l'outré, du prétentieux et du romanesque, etc. Examinez si la scène du sonnet ne justifie pas cette appréciation.
(Haute-Marne. — Brevet supérieur. — Aspirants, 1888.)
Comparez les portraits tracés par Gélimène dans l'acte II aux portraits analogues tracés par la Bruyère.
S'il est vrai, comme le prétend Diderot, que les principaux caractères mis sur la scène par la comédie de mœurs se peuvent renouveler et transformer tous les cinquante ans, de quels
itails un Molière contemporain, s'il en existait un, peindrait-il le misanthrope?
La Rochefoucauld a dit: « Les hommes ne vivraient pas longtem})sensoci('lé s'ils n'élaient pas dupes les unsdesaulies. » Rapprociier cette maxime des théories émises dans le Misanthrope.
A propos du Misanthrope, de Visé vante le comique discret de ces pièces qui « font continuellement rire dans l'âme ». Expliquer ce mot en l'appliquant.
Dire ce qu'il y a de vrai ou de faux dans la condamnation portée pai jn critique contemporain, M. Scherer, contre le ,tre même du Misanthrope :
« Le titre déjà est faux et sert à fausser le point de vue auquel le lecteur est tout d'abord placé. C'est le Bourru qu'il aurait fallu appeler la pièce, « le Bourru chagrin », comme il est dit dans la lettre de Célimène, à la dernière scène, ou bien encore l'Atrabilaire amoureux, conformément à un sous-titre que Molière lui-même avait, dans l'origine, mis à son ouvrage. Un misanthrope n'est pas un homme qui s'offense des ridicules et des bassesses dont il est témoin, mais celui qui fuit ses semblables par une aversion dans laquelle il les enveloppe tous, par un éloignement pour la société tout entière, pour ses ■usages, ses contacts, ses servitudes. Le misanthrope n'est point, comme Alceste, un être d'une moralité supérieure; le mot «implique rien de semblable. »
L'action dans le Misanthrope, où est-elle? A quoi se réduit-
Dlle?
IMPRIMERIE DBLAORAVl A VI LLBF R A N CH B-D B- B O 0 1R«D B
(9 septembre 1668)
L' « Aalularia » de Plaute et 1' « Avare ». — Quelles différences séparent Harpaj^on d'Euclion. — L'avarice d'EucUon est-elle absolument accidentelle?
Un pauvre homme, Euclion, trouve un trésor. On le lui vole ; il se désespère. On le lui rend : il est heureux.
C'est à ces termes fort simples que pourrait se réduire l'analyse de la comédie de Plaute. On voit, du premier coup, qu'il s'est attaché à peindre moins un caractère qu'une situation. Ce qui est au premier plan, ce n'est pas l'avarice d'EucUon, c'est le Irésor qu'il a découvert, ou plutôt la marmite où est enfermé le trésor, cette Marmite qui donne son nom à la pièce (Aulularia, pièce de la marmite) et dont M. Naudet a pu dire qu'elle était le principal personnage de VAululaire. D'autre part, nous l'apprenons par le prologue, c'est le dieu lare protecteur du foyer d'EucUon qui conduit l'action entière; c'est même lui qui, par sympathie, non pour EucHon, mais pour sa fille, a fait à la fois la fortune et le malheur de cette famille, puisqu'il a fait Euclion avare en le faisant riche. Entre ce trésor qui est tout fit ce dieu lare qui dirige tout, Euclion ne saurait jouer qu'un rôle effacé. On a donc raison, ce semble, de dire : Euclion est avare par accident. Harpagon est avare par nature ; le premier est « un avare », et d'une avarice passagère qui doit disparaître avec les causes qui l'ont fait naître; le second est l'avare même, le type de l'avarice innée et immuable.
Quand on y regarde de plus près, on s'aperçoit que l'avarice d'Euclion est surtout, sans doute, mais non exclusivement, accidentelle, et que le personnage, sans être fort compliqué, est moins simple qu'il ne paraissait d'abord. Le dieu lare